Test du filament NL 15 : rigidité et précision pour grandes pièces
Le filament NL 15 se distingue par sa formulation à base de PLA renforcé de fibres courtes de cellulose, ce qui lui confère une rigidité sensiblement supérieure à celle d'un PLA standard tout en conservant une facilité d'impression proche de ce dernier. Destiné aux pièces de grande dimension et aux maquettes architecturales nécessitant une bonne tenue mécanique sans recourir à des matériaux techniques exigeants, ce filament se positionne comme une alternative économique aux PLA renforcés de carbone ou de kevlar.
Caractéristiques techniques et composition
Le NL 15 est commercialisé en bobines de 1 kg avec un diamètre nominal de 1,75 mm (±0,05 mm). Sa densité annoncée est de 1,28 g/cm³, légèrement supérieure à celle d'un PLA classique (1,24 g/cm³) en raison du renfort fibreux. La température d'impression recommandée par le fabricant s'étend de 195 °C à 215 °C, avec une température de plateau de 50 °C à 70 °C. Aucune enceinte chauffée n'est requise, ce qui le rend compatible avec la majorité des imprimantes FDM grand public et professionnelles.
| Paramètre | Valeur recommandée |
|---|---|
| Diamètre | 1,75 mm ±0,05 mm |
| Densité | 1,28 g/cm³ |
| Température buse | 195–215 °C |
| Température plateau | 50–70 °C |
| Vitesse d'impression | 40–80 mm/s |
| Refroidissement | 100 % après les premières couches |
Réglages d'impression et comportement
Lors de nos tests, le NL 15 a montré une bonne adhérence sur du verre enduit de colle PVA et sur du PEI. La première couche s'étale facilement à 205 °C avec un plateau à 60 °C. Les ponts et surplombs restent corrects jusqu'à 50 ° d'inclinaison sans support, grâce à la rigidité du matériau qui réduit l'affaissement. Le retrait (retraction) doit être réglé autour de 5 mm à 40 mm/s pour les extrudeurs Bowden, et 2 mm à 30 mm/s pour les direct drive, au risque d'observer du filandrage sur les déplacements longs.
Un point notable est la sensibilité à l'humidité : les fibres de cellulose absorbent l'eau plus rapidement que le PLA pur. Une bobine laissée à l'air libre pendant 48 h présente des craquements en extrusion et une baisse de la qualité de surface. Il est conseillé de stocker le NL 15 dans un caisson sec avec des sachets de gel de silice, et de le sécher à 50 °C pendant 6 h si l'impression devient irrégulière.
Applications et limites
Grâce à sa rigidité et à son faible retrait, le NL 15 convient particulièrement aux pièces structurelles de grande taille : maquettes d'architecture, gabarits d'assemblage, prototypes fonctionnels soumis à des contraintes modérées. La finition de surface est mate et légèrement texturée, ce qui masque bien les stries de couche mais peut nécessiter un ponçage si un aspect lisse est recherché. La peinture adhère bien après une sous-couche acrylique.
En revanche, le NL 15 n'est pas adapté aux pièces exposées à des températures supérieures à 55 °C, car il se ramollit comme un PLA standard. Sa résistance aux chocs est inférieure à celle d'un PETG ou d'un ABS. Enfin, le retrait linéaire étant très faible (0,3 %), le risque de warping est minime, ce qui facilite l'impression de grandes surfaces.
Comparaison avec d'autres filaments
Face au filament FR 8 Shining 3D qui mise sur un rendu brillant sans post-traitement, le NL 15 privilégie la rigidité et la stabilité dimensionnelle. Le FR 8 convient mieux aux pièces décoratives, tandis que le NL 15 est plus indiqué pour les éléments fonctionnels et les maquettes techniques. Pour des applications nécessitant une résistance thermique élevée, comme des pièces sous capot moteur, il faudra se tourner vers des filaments techniques type Intamsys FR 98, dont les propriétés ignifugées dépassent largement le cadre du NL 15.
Conseil pratique pour l'impression de grandes pièces
Pour une pièce occupant la quasi-totalité du plateau (par exemple une maquette de hall de 200 × 200 mm), nous recommandons de réduire la vitesse de première couche à 20 mm/s, d'activer un bord (brim) de 10 mm, et de régler le flux de refroidissement à 30 % pendant les dix premières couches, puis de le passer à 100 % pour le reste de l'impression. Cette séquence permet d'éviter le décollement des angles tout en maintenant une bonne définition des détails fins.