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Test du filament NL 94 pour Raise3D : adhérence, précision et résistance thermique

By robert_walker0460
September 14, 2026 5 Min Read
Comments Off on Test du filament NL 94 pour Raise3D : adhérence, précision et résistance thermique

Le filament NL 94 pour Raise3D est souvent présenté comme une alternative directe au PLA renforcé ou au PETG basse température. Sur le papier, il combine une facilité d'impression proche du PLA avec une meilleure tenue en température. Mais qu'en est-il réellement sur une Raise3D Pro2 ou E2 ? Nous l'avons testé sur plusieurs épaisseurs de couche et avec différentes configurations de plateau pour vérifier les points qui comptent : adhérence, ponts, surplombs et stabilité dimensionnelle.

Caractéristiques techniques annoncées

Le NL 94 est un filament à base de copolyester modifié, souvent comparé au PETG mais avec une température de transition vitreuse légèrement plus élevée. Le fabricant annonce une température d'impression comprise entre 230 et 250 °C, un plateau recommandé entre 70 et 80 °C, et une densité d'environ 1,27 g/cm³. La bobine est disponible en diamètre 1,75 mm avec une tolérance de ± 0,03 mm, ce qui est correct pour les imprimantes Raise3D équipées de buses standard de 0,4 mm.

Conditions du test

Nous avons utilisé une Raise3D Pro2 Plus avec une buse en laiton de 0,4 mm et un plateau magnétique recouvert de PEI. Les paramètres de base : température d'extrusion 240 °C, plateau à 75 °C, vitesse 50 mm/s pour les périmètres et 80 mm/s pour les remplissages. Le flux a été calibré à 100 % après une première passe, et la rétraction réglée à 1,2 mm à 40 mm/s. Ces valeurs sont proches de celles recommandées par le fabricant, mais nous avons aussi testé des variations pour observer la sensibilité du matériau.

Adhérence et première couche

L'adhérence sur PEI est bonne dès 70 °C, mais le NL 94 montre un comportement intéressant sur plaque perforée en aluminium. Si vous utilisez ce type de plateau, nous avons constaté que le filament adhère très bien sans laque ni colle, à condition que la première couche soit légèrement écrasée (hauteur de couche 0,2 mm avec un débit de 105 %). Sur verre nu, en revanche, l'adhérence est moyenne : il faut monter le plateau à 80 °C et appliquer une fine couche de bâton de colle. Ce point est important car beaucoup d'utilisateurs de Raise3D passent directement d'un PLA à ce filament sans ajuster la préparation du plateau.

Précision dimensionnelle et stabilité

Nous avons imprimé un cube de calibration de 20 mm et une pièce de test avec des trous de diamètres variables. Les résultats sont satisfaisants : le cube mesure 20,05 mm sur l'axe X et 20,02 mm sur Y, avec un écart de 0,03 mm sur la hauteur. Les trous de 5 mm ressortent à 4,95 mm, ce qui est dans la tolérance habituelle pour un filament technique. La stabilité dimensionnelle est meilleure que celle d'un PETG standard, probablement grâce à une meilleure maîtrise du retrait pendant le refroidissement. Sur des pièces de plus grande taille (200 mm de long), nous avons observé un léger gauchissement aux angles, mais il reste inférieur à celui d'un ABS ou d'un PC non modifié.

Ponts et surplombs

Les ponts sont corrects sans ventilation active. À 240 °C, un pont de 15 mm s'affaisse d'environ 1,2 mm, ce qui est acceptable pour des pièces fonctionnelles mais pas pour des pièces esthétiques. L'utilisation d'un ventilateur de refroidissement à 40 % améliore nettement les résultats : l'affaissement passe à 0,6 mm. Attention toutefois : un refroidissement trop fort (supérieur à 70 %) peut provoquer un délaminage entre les couches, surtout sur les parois minces. Pour les surplombs de 45°, aucune dégradation majeure n'a été constatée, mais à 60° il faut réduire la vitesse à 30 mm/s pour éviter les stries.

Résistance mécanique et thermique

Le NL 94 se distingue par une bonne résistance à la flexion et une dureté surface correcte. Nous avons réalisé un test de flexion trois points sur une éprouvette de 4 mm d'épaisseur : la rupture intervient à environ 68 MPa, ce qui est dans la gamme des PETG renforcés. La résistance à la chaleur est un point fort : une pièce exposée à 70 °C pendant une heure ne montre aucune déformation visible, alors qu'un PLA standard se ramollit dès 55 °C. Cependant, au-delà de 85 °C, le matériau commence à se déformer sous charge. Pour des pièces soumises à des températures plus élevées, un filament polycarbonate ou un nylon renforcé serait plus adapté.

Finition de surface et post-traitement

La surface des pièces imprimées en NL 94 est lisse et légèrement brillante, sans stries visibles à 0,2 mm de couche. Le matériau se ponce bien, mais il a tendance à former des copeaux plutôt que de la poussière, ce qui facilite le travail. Il accepte également l'usinage : nous avons percé et taraudé des pièces sans fissuration, à condition d'utiliser des vitesses lentes et une lubrification légère. Pour l'assemblage, la colle cyanoacrylate fonctionne bien, mais les surfaces doivent être dégraissées à l'alcool isopropylique avant collage. Le soudage chimique avec du dichlorométhane est possible, mais moins efficace que sur un ABS.

Comparaison avec d'autres filaments de la gamme

Le NL 94 se positionne entre le PETG classique et les polycarbonates modifiés. Par rapport au NL 68 déjà testé sur Raise3D, il offre une meilleure facilité d'impression et moins de risque de warping, mais une résistance thermique légèrement inférieure. Si vous cherchez un filament pour des pièces mécaniques soumises à des contraintes modérées, le NL 94 est un bon compromis. Pour des pièces exposées à des températures supérieures à 90 °C ou à des solvants agressifs, il vaut mieux se tourner vers des matériaux plus spécialisés comme le polycarbonate ou le nylon. Dans notre test du filament NL 73 Nylon, nous avons constaté une meilleure résistance à l'abrasion et à la fatigue, mais avec des contraintes de séchage plus importantes.

Limites et points de vigilance

  • Séchage obligatoire : le NL 94 est hygroscopique, mais moins que le nylon. Une bobine laissée à l'air libre pendant 48 heures peut présenter des micro-bulles en sortie de buse. Un séchage à 65 °C pendant 4 heures est recommandé avant impression.
  • Rétraction : le filament est sensible aux files d'araignée si la rétraction est trop faible. Sur notre Raise3D, 1,2 mm à 40 mm/s a donné de bons résultats, mais des valeurs plus élevées peuvent provoquer des bouchages.
  • Refroidissement : un ventilateur trop puissant dégrade l'adhérence entre les couches. Il faut trouver un équilibre, surtout pour les pièces avec de grandes surfaces planes.
  • Prix : le NL 94 est légèrement plus cher que les PETG génériques, mais le gain en stabilité thermique justifie l'écart pour des pièces techniques.

Réglages conseillés pour Raise3D

Paramètre Valeur recommandée Remarques
Température d'extrusion 235–245 °C 240 °C est un bon point de départ
Température du plateau 70–80 °C 75 °C sur PEI, 80 °C sur verre
Hauteur de couche 0,1–0,3 mm 0,2 mm donne le meilleur compromis
Vitesse d'impression 40–60 mm/s Réduire à 30 mm/s pour les surplombs > 50°
Rétraction 1,0–1,5 mm À 40 mm/s, éviter les valeurs trop élevées
Ventilateur 30–50 % Désactivé pour les 3 premières couches
Flux 100–105 % Ajuster après une première couche d'essai

Pour les utilisateurs qui souhaitent optimiser l'adhérence sur des plateaux perforés, notre test de la plaque perforée en aluminium montre que le NL 94 s'y comporte particulièrement bien, avec un retrait facile après refroidissement. Enfin, si vous débutez avec ce filament, commencez par des pièces simples avec des angles droits et évitez les grandes surfaces planes sans bordure. Une fois ces réglages maîtrisés, le NL 94 devient un filament fiable pour la production de pièces prototypes ou de petites séries fonctionnelles.

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robert_walker0460

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