Test Tiertime NL93 : une imprimante 3D pro pour les matériaux techniques
La Tiertime NL93 s’adresse avant tout aux ateliers et aux bureaux d’études qui ont besoin de pièces techniques reproductibles. Le constructeur chinois la place dans sa gamme professionnelle, aux côtés de machines destinées à l’éducation et à la production de petites séries. Là où les modèles grand public jouent la simplicité, elle mise sur une structure fermée, un plateau chauffant en aluminium et une buse interchangeable pour accepter une large palette de filaments techniques. Il faut le dire d’emblée : la NL93 n’est pas une imprimante « prête à l’emploi ». Sa calibration demande une demi-heure, mais la répétabilité des pièces justifie cet investissement initial.
Construction et mécanique
Le châssis en acier peint assure une rigidité suffisante pour des accélérations élevées sans artefacts. Les axes X et Y utilisent des courroies GT2 avec poulies en aluminium, tandis que l’axe Z repose sur deux tiges trapézoïdales et un moteur pas à pas avec accouplement flexible. Le lit chauffant atteint 120 °C en moins de 8 minutes, ce qui est correct pour les polycarbonates et les nylons. Le volume d’impression annoncé est de 300 × 300 × 400 mm, un format qui permet de sortir des pièces mécaniques de taille moyenne sans assemblage.
Spécifications techniques
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Technologie | FDM (dépôt de filament fondu) |
| Volume de construction | 300 × 300 × 400 mm |
| Résolution de couche | 50 µm à 300 µm |
| Diamètre de buse | 0,4 mm (standard), interchangeable |
| Température maximale de la buse | 280 °C |
| Température maximale du plateau | 120 °C |
| Matériaux supportés | PLA, ABS, PETG, Nylon, PC, TPU, composites |
| Connectivité | USB, carte SD, Wi-Fi en option |
| Écran | Écran tactile couleur 5 pouces |
| Poids | 28 kg |
Qualité d’impression et répétabilité
Lors de nos tests avec du PLA standard, la NL93 produit des surfaces lisses dès 200 µm, sans effet d’escalier marqué. Le système de compensation de la température ambiante (capteur dans la chambre) maintient une stabilité thermique qui évite le décollement des pièces, même avec des angles prononcés. Pour les matériaux techniques comme le Nylon, il est impératif de sécher le filament au préalable – nous avons consacré un test spécifique au filament NL 73 Nylon dont les paramètres de séchage s’appliquent également ici. La buse en laiton d’origine s’use rapidement avec des filaments chargés en carbone ; il est conseillé de passer à une buse en acier trempé.
Points forts
- Structure rigide et fermée, idéale pour les matériaux sensibles aux courants d’air.
- Plateau chauffant homogène : écart de température inférieur à 2 °C sur toute la surface.
- Logiciel de tranchage propriétaire (UP Studio) paramétrable, mais aussi compatibilité partielle avec Cura via un profil personnalisé.
- Support client réactif pour les pièces détachées (axes, capteurs, cartes mères).
Points faibles
- Bruit élevé en fonctionnement : le ventilateur de refroidissement de la chambre atteint 55 dB, ce qui peut gêner dans un bureau partagé.
- Consommation électrique non négligeable (environ 350 W en crête) – à prendre en compte pour une utilisation continue.
- Le logiciel UP Studio est fonctionnel mais moins flexible que les alternatives open-source ; l’export G‑code standard n’est pas natif.
- Prix d’achat élevé (environ 2 500 €) qui la place en concurrence directe avec des machines comme la Formlabs Form 6, pourtant en résine. Un comparatif détaillé entre les deux technologies est disponible dans notre test de la Formlabs Form 6.
Recommandations d’utilisation
La Tiertime NL93 donne les meilleurs résultats avec des filaments techniques nécessitant une enceinte chaude : ABS, ASA, Polycarbonate. Pour le PLA, elle reste compétitive mais le prix ne se justifie pas si l’on n’imprime que ce matériau. Avant chaque impression, vérifiez le nivellement du plateau à l’aide du capteur capacitif intégré – la procédure automatique est fiable mais un recalage manuel tous les 20 cycles améliore la première couche. L’utilisation d’un adhésif type colle en bâton ou ruban Kapton est recommandée pour le Nylon et le PC.

Entretien et durabilité
Les glissières linéaires doivent être graissées toutes les 200 heures d’impression. La courroie GT2 se détend avec le temps ; un tendeur réglable est fourni, mais il faut y accéder en démontant le capot latéral. Le plateau chauffant est recouvert d’un verre borosilicaté qui se raye facilement ; un remplacement tous les 6 mois est prévisible en usage intensif. Tiertime vend des kits de pièces détachées, ce qui prolonge la durée de vie de la machine au-delà de 5 000 heures.
Un point souvent négligé : le capteur de fin de filament est mécanique et peut bloquer si le filament est de qualité irrégulière. Préférez des bobines calibrées, comme celles testées dans notre filament NL 71 HIPS dont la tolérance de diamètre est exemplaire. Avec ces précautions, la Tiertime NL93 devient un outil fiable pour la production de prototypes fonctionnels et de pièces d’usage final.