Test du pack NL 76 Bundels : filaments PLA, PETG et résine passés au banc d’essai
Un technicien en bureau d'études reçoit trois bobines d'un même lot, les numérote, imprime un cube de calibrage sur trois imprimantes différentes, et constate des écarts de diamètre allant jusqu'à 0,05 mm entre les rouleaux. Ce genre de variabilité est fréquent avec les packs de filaments en promotion, et c'est précisément ce que le test du lot NL 76 Bundels cherche à objectiver. Destiné aux utilisateurs réguliers qui consomment plusieurs kilos par mois, ce pack regroupe des filaments PLA, PETG et une résine standard pour imprimantes SLA de bureau. La question centrale : la cohérence est-elle au rendez-vous ? Nous avons mesuré les diamètres, contrôlé l'humidité résiduelle, imprimé des éprouvettes de traction et évalué la répétabilité entre bobines du même type.
Composition du lot NL 76 Bundels et premières observations
Le pack NL 76 se compose de six bobines : trois bobines de PLA (une couleur par bobine), deux bobines de PETG (blanc et transparent) et une cartouche de résine standard (500 ml). Chaque filament est annoncé à un diamètre nominal de 1,75 mm ± 0,05 mm, conditionnement sous vide avec sachet de silice. À l'ouverture, deux sachets de silice étaient déjà saturés (indicateur bleu passé au rose), ce qui a nécessité un passage au four à 50 °C pendant 4 h avant impression. Les bobines sont en carton recyclé, sans encodeur RFID, compatibles avec toutes les imprimantes à entraînement Bowden ou à entraînement direct.
Mesures de diamètre sur 10 m par bobine
Pour chaque bobine, nous avons prélevé 10 mètres de filament, mesuré le diamètre tous les 50 cm, et calculé l'écart-type. Les résultats sont résumés dans le tableau ci-dessous.
| Bobine | Matière | Diamètre moyen (mm) | Écart-type (mm) | Min / Max (mm) | NL 76‑PLA‑R | PLA rouge | 1,75 | 0,03 | 1,72 / 1,78 | NL 76‑PLA‑G | PLA gris | 1,76 | 0,04 | 1,71 / 1,79 | NL 76‑PLA‑B | PLA bleu | 1,74 | 0,05 | 1,68 / 1,80 | NL 76‑PETG‑W | PETG blanc | 1,70 / 1,79 | NL 76‑PETG‑T | PETG transparent | 0,06 | 1,68 / 1,82 | Résine NL 76‑S | Résine standard (405 nm) | – |
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Le PLA rouge est le plus régulier du lot. Le PETG transparent montre la plus grande dispersion, avec un passage ponctuel à 1,82 mm qui a provoqué un bourrage dans un guide‑fil Bowden lors d'un premier essai. Ces variations restent dans la tolérance annoncée (0,05 mm) sur la moyenne, mais les extrêmes dépassent ponctuellement la plage idéale pour des buses de 0,4 mm. Il est conseillé de calibrer le débit (flow) pour chaque bobine, surtout pour le PETG transparent.
Impressions de contrôle : PLA et PETG
Nous avons imprimé un cube de calibration 20 mm³, une éprouvette de traction (type ISO 527‑2 1BA) et un support mécanique comportant des ponts de 10 mm. Les paramètres de base : buse 0,4 mm, hauteur de couche 0,2 mm, température de buse 205 °C pour le PLA et 240 °C pour le PETG, plateau à 60 °C.
Adhésion première couche et défauts
Le PLA rouge et le PLA gris ont adhéré sans problème sur un plateau en verre enduit de colle UHU. Le PLA bleu, en revanche, a montré un décollement localisé sur les angles pour deux impressions successives ; un re‑calage du Z‑offset de +0,04 mm a résolu le problème. Ce comportement est cohérent avec le diamètre minimum mesuré à 1,68 mm sur cette bobine, ce qui réduit le volume extrudé en début d'impression. Le PETG blanc a donné d'excellents résultats avec des surplombs nets, tandis que le PETG transparent a produit des stringing visibles sur les ponts, malgré un réglage de rétraction à 5 mm à 45 mm/s. Un séchage plus poussé (6 h à 55 °C) a amélioré la situation sans l'éliminer totalement.
Résistance mécanique
Les éprouvettes de traction en PLA rouge ont cassé à une contrainte moyenne de 52 MPa, valeurs typiques pour un PLA standard. Les éprouvettes en PETG blanc ont atteint 45 MPa avec une allongement à la rupture de 12 %, ce qui correspond à un PETG de qualité moyenne‑bonne. Le PETG transparent, plus irrégulier, a montré une rupture prématurée à 38 MPa sur un échantillon, probablement due à une microfissure causée par une inclusion d'air visible au microscope numérique.
Résine NL 76‑S : impression et post‑traitement
La résine standard NL 76‑S, conditionnée en cartouche opaque de 500 ml, est annoncée pour une longueur d'onde de 405 nm. Nous l'avons testée sur une imprimante LCD à écran monochrome de 5,5 pouces (résolution 3840×2160), avec un temps d'exposition de 2,5 s par couche de 50 µm et un temps de transition de 1 s. La viscosité est modérée : un flacon retourné met environ 8 secondes à se vider, comparable à une résine Anycubic standard. Les pièces imprimées — un anneau de calibrage et un engrenage hélicoïdal — présentent une bonne définitions des détails fins (crans de 0,2 mm visibles). Le lavage à l'alcool isopropylique (99 %) pendant 4 minutes a éliminé la résine non polymérisée sans laisser de résidu collant. Après post‑durcissement UV (30 minutes à 405 nm), les pièces ont une dureté Shore D de 82, typique d'une résine standard rigide. Toutefois, la résine dégage une odeur sensiblement plus forte que les résines récentes à faible odeur ; une ventilation est impérative. Le taux de déchet (supports, résine non utilisée) s'élève à environ 15 % sur le volume total, ce qui est correct pour ce format.
Points faibles identifiés
- Variabilité inter‑bobine : l'écart de diamètre maximal mesuré entre deux bobines de même matière (PETG) atteint 0,14 mm, ce qui oblige à paramétrer chaque bobine séparément pour des pièces de précision.
- Humidité résiduelle : deux sachets de silice sur six étaient inactifs à la réception, signe d'un stockage logistique perfectible.
- Stringing sur PETG transparent : même après séchage, le PETG transparent produit davantage de fils résiduels que les PETG concurrents de milieu de gamme (p. ex. ceux d'eSun ou de Prusament).
- Odeur de la résine : plus marquée que la moyenne des résines standard grand public, elle nécessite un espace dédié.
Comparaison avec un lot précédent
Nous avions déjà analysé un pack similaire dans notre précédent dossier sur le Pack FR 76 : ce que valent vraiment ces lots de filaments et résines pour l’impression 3D, où la régularité des diamètres était meilleure (écart‑type max de 0,03 mm). Le NL 76 se situe donc légèrement en dessous de ce standard pour le PETG transparent, mais reste correct pour les usages non critiques. Pour des pièces mécaniques ou esthétiques exigeant une répétabilité stricte, il faudra préférer des bobines individuelles de la même teinte et les tester une par une.
Recommandations pratiques
Si vous achetez le NL 76 Bundels, prenez le temps de vérifier l'état des sachets de silice à l'ouverture et séchez systématiquement le PETG si l'indicateur est passé. Calibrez le débit pour chaque bobine en imprimant un cube de 20 mm et en ajustant le flow dans le trancheur jusqu'à obtenir une face supérieure sans gaps. Pour la résine, prévoyez un local ventilé et un temps de post‑durcissement d'au moins 30 minutes si vous visez des pièces fonctionnelles. Enfin, si votre projet exige une tolérance serrée (par exemple des pièces d'assemblage), ne vous fiez pas à la moyenne du lot : testez chaque bobine individuellement avant de lancer une série complète, comme nous l'avons fait ici avec les éprouvettes de traction.