Test du filament NL 47 Hout de NL 3D : composite bois PLA
Le NL 47 Hout de NL 3D est un filament composite à base de PLA et de poudre de bois véritable, dont la proportion atteint environ 40 % en masse. Contrairement à beaucoup de filaments « bois » qui n’utilisent qu’un colorant marron, ce matériau contient de la sciure fine de hêtre, ce qui lui confère un toucher légèrement rugueux et une odeur caractéristique de bois brûlé pendant l’impression. La densité mesurée du filament est de 1,28 g/cm³, légèrement supérieure à celle du PLA standard (1,24 g/cm³), ce qui se traduit par des pièces un peu plus lourdes à volume égal.
En pratique, le NL 47 Hout se comporte comme un PLA classique sur le plan du retrait (faible) et de l’adhésion sur plateau. Il ne nécessite pas de plateau chauffant si le lit est convenablement préparé (ruban de peintre bleu ou colle PVA diluée). Toutefois, la présence de particules ligneuses rend le filament plus hygroscopique que le PLA pur : après quelques jours à l’air libre, on observe des craquements en extrusion et des bulles sur la surface. Un séchage en four à 40–45 °C pendant 4 heures avant l’impression est vivement recommandé.

Paramètres d’impression recommandés
| Paramètre | Valeur préconisée |
|---|---|
| Température de buse | 190–220 °C (démarrer à 205 °C) |
| Température du plateau | 50–60 °C (ou sans chauffage avec adhésif) |
| Vitesse d’impression | 30–50 mm/s (lent pour meilleur détail) |
| Rétraction | 3–5 mm à 30 mm/s (éviter le filage) |
| Refroidissement | Ventilateur partiel (30–50 %) après les premières couches |
La plage de température étroite s’explique par la sensibilité de la poudre de bois. Trop froid, le flux est irrégulier et le sous‑extrude ; trop chaud, les particules carbonisent et obstruent progressivement la buse. Il est conseillé d’utiliser une buse en laiton de 0,5 mm minimum pour réduire le risque de bouchage. Les buses plus fines (0,3 mm) sont déconseillées car la sciure peut bloquer l’orifice.
- Avantages : aspect et toucher naturels, possibilité de poncer et de teindre, faible gauchissement, bon compromis entre rigidité et légèreté.
- Inconvénients : filament plus cassant que le PLA standard, nécessité de séchage avant usage, tendance à la carbonisation si la température est trop élevée, odeur de bois brûlé persistante.
Post‑traitement et finition
Un des atouts majeurs du NL 47 Hout est sa capacité à être retravaillé mécaniquement. Le ponçage à grain fin (240 puis 400) donne une surface lisse qui révèle les nuances de la poudre de bois. On peut ensuite appliquer une teinture à bois diluée (à l’alcool de préférence) pour foncer la couleur ou créer des dégradés. Le matériau accepte également la cire et le vernis polyuréthane, ce qui le rend compatible avec des objets décoratifs fonctionnels, à condition de ne pas dépasser 60 °C de température d’utilisation continue (température de transition vitreuse du PLA).
Il faut noter que le ponçage réduit l’épaisseur des parois extérieures ; prévoyez au moins 3 périmètres et une épaisseur de couche de 0,15 mm pour conserver la rigidité après finition.

Applications types
Ce filament trouve naturellement sa place dans le prototypage de mobiliers miniatures, les maquettes architecturales, les accessoires de cosplay ou les objets du quotidien comme des boîtiers et des poignées. Sa faible résistance à la flexion (élongation à rupture inférieure à 5 %) limite son usage pour des contraintes mécaniques répétées. En revanche, il offre une excellente rigidité pour des pièces statiques.
Comparaison avec d’autres filaments composites
Dans la famille des filaments chargés, le NL 47 Hout se distingue par son post‑traitement proche du travail du bois. À l’opposé, les filaments renforcés de fibres de carbone, comme le FR 46 Carbone, offrent une rigidité bien supérieure mais ne peuvent être poncés finement sans abîmer la fibre. Le NL 47 Hout reste cependant moins résistant aux chocs et à l’abrasion. Son principal concurrent indirect est le PLA coloré imitant le bois, qui ne bénéficie pas de la texture réelle et de la capacité de teinture.
La gestion de l’humidité est cruciale : un séchage insuffisant provoque non seulement des défauts esthétiques, mais aussi une perte d’adhésion entre couches. Les utilisateurs ayant déjà expérimenté des filaments hygroscopiques comme le PVA ou le polycarbonate retrouveront les mêmes gestes (stockage en boîte étanche avec dessiccant, sachet de silice régénéré).
Considérations pratiques avant achat
Le NL 47 Hout est vendu sur bobine de 500 g ou 1 kg, avec une tolérance de diamètre annoncée de ±0,05 mm (mesurée à 1,74 mm dans notre échantillon). Le prix au gramme est légèrement supérieur à celui du PLA standard (environ 25–30 % de plus), ce qui est courant pour les filaments composites. Pour les premières impressions, nous recommandons de lancer un cube de calibration de 20 mm avec les réglages ci‑dessus, puis de vérifier l’absence de sous‑extrusion en inspectant les parois à la loupe. Si des résidus noirs apparaissent sur la surface, abaissez la température par paliers de 3 °C jusqu’à disparition. Avant une impression longue, vérifiez que votre buse n’est pas partiellement obstruée par des résidus carbonisés en effectuant une purge au filament nettoyant.