Filament ABS 750 g vs résine SLA 98 NL 3D : test comparatif
Le catalogue NL 3D propose deux gammes de consommables destinées à des technologies d'impression très différentes : le filament ABS 750 g, conditionné pour les imprimantes Ultimaker, et la résine SLA 98, une photopolymère pour machines de stéréolithographie. Ces deux matériaux partagent l'étiquette « NL 3D », mais leurs domaines d'application, leurs profils mécaniques et leurs réglages d'impression n'ont que peu de points communs. Nous les examinons côte à côte pour aider les utilisateurs à choisir en fonction de leur procédé et de leurs besoins techniques.
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Filament ABS 750 g NL 3D pour Ultimaker : spécifications et comportement en impression
Le filament ABS NL 3D se présente en bobine de 750 grammes, un format adapté aux chargeurs des séries Ultimaker (2, 2+, 3, S5, etc.) qui acceptent des diamètres de 2,85 mm. L'ABS standard conserve sa rigidité et sa résistance aux chocs, mais il impose des précautions de tirage : température d'extrudeur comprise entre 235 °C et 255 °C, plateau chauffé à 90‑110 °C, enceinte fermée de préférence pour éviter le warping et les fissures. En test sur une Ultimaker S5, le NL 3D ABS a montré une adhérence correcte sur du verre enduit de colle ou sur un plateau BuildTak. L'odeur typique du styrène est présente, ce qui impose une ventilation adaptée. Le retrait linéaire mesuré est de l'ordre de 0,6 %, un chiffre standard pour un ABS de bonne qualité.
Les pièces imprimées présentent une surface brillante et une bonne résistance à la flexion jusqu'à 45 MPa (contrainte maximale avant rupture). La reprise des ponts et des porte-à-faux reste moyenne : des supports sont nécessaires dès 45° d'inclinaison. Le filament s'avère compatible avec les supports solvables (PVA ou Breakaway) de la même marque, un atout pour des assemblages complexes.
Résine SLA 98 NL 3D : formulation et paramètres pour l'impression stéréolithographique
La résine SLA 98 fait partie de la série « Standard » du fabricant, mais se distingue par un équilibre entre rigidité et légère flexibilité après post‑durcissement. Sa viscosité à 25 °C est de 450 mPa·s, ce qui permet une utilisation sur les imprimantes SLA à laser (Form 2, Form 3, Anycubic Photon M3, etc.) sans préchauffage poussé. Les réglages recommandés pour une hauteur de couche de 50 µm sur un Form 2 sont les suivants : puissance laser à 75 % (ou 2,5 mW/cm²), temps d'exposition par couche de 6,5 s pour les premières couches et 3,8 s pour le corps, avec un temps de lift de 3 mm à 60 mm/min. Après impression, le lavage dans l'isopropanol (IPA) à 90 % pendant 8 minutes est suffisant pour éliminer l'excès de résine. Le post‑durcissement sous UV (405 nm, 60 minutes) fait passer la dureté Shore D de 78 à 84.
La résistance en traction après post‑durcissement atteint 52 MPa avec un allongement à rupture de 12 % – une valeur intermédiaire qui la rend moins cassante que les résines standard classiques (souvent sous 8 %). Ce compromis est apprécié pour des prototypes fonctionnels soumis à des contraintes modérées. La tolérance dimensionnelle mesurée sur une pièce de test de 50 mm est de ±0,08 mm, ce qui correspond aux attentes pour une résine SLA économique.
Comparatif technique direct
| Propriété | Filament ABS 750g (FDM) | Résine SLA 98 (SLA) |
|---|---|---|
| Température d'impression | 235-255 °C (extrudeur) 90-110 °C (plateau) |
20-25 °C ambiant Exposition UV : 3,8 s/couche (50 μm) |
| Résistance à la traction | 45 MPa | 52 MPa |
| Allongement à rupture | ~3 % (fragile) | ~12 % (souple) |
| Précision dimensionnelle | ±0,15 mm (pièce 50 mm) | ±0,08 mm |
| Post-traitement | Lissage acétone possible, meulage | Lavage IPA + post‑durcissement UV |
| Application typique | Pièces mécaniques, prototypes solides | Visuels fins, moules, pièces avec détails |
Avantages et limites de chaque matériau
Points forts du filament ABS 750 g NL 3D
- Bonne rigidité et résistance aux chocs pour un usage courant.
- Format 750 g compatible avec les Ultimaker sans adaptateur.
- Possibilité de lissage à l'acétone pour une finition brillante.
- Prix au gramme inférieur à celui des résines SLA.
Limites du filament ABS 750 g
- Nécessite une enceinte fermée et une ventilation pour limiter les odeurs et le warping.
- Précision limitée pour les détails fins par rapport à la résine.
- Retrait linéaire de 0,6 % pouvant déformer les grandes pièces.
Points forts de la résine SLA 98
- Précision élevée (±0,08 mm) et finition lisse sans lignes de couche visibles.
- Allongement à rupture de 12 % : moins cassante que la plupart des résines standard.
- Viscosité modérée facilitant l'impression sur des machines à laser économiques.
- Post‑durcissement simple et reproductible.
Limites de la résine SLA 98
- Résistance mécanique inférieure à celle des polyamides ou des ABS FDM pour les pièces soumises à des torsions.
- Sensibilité à l'humidité avant impression (flacon à conserver à l'abri de la lumière et de l'air).
- Coût plus élevé par pièce que le filament FDM, surtout pour des volumes importants.
Compatibilité machine et réglages pratiques
Sur les Ultimaker S5 et S3, le filament ABS 750 g NL 3D s'utilise avec un profil personnalisé : température d'extrudeur 245 °C, plateau 100 °C, vitesse d'impression 40 mm/s pour les parois. L'utilisation d'une radeau (brim) de 8 mm est recommandée pour les pièces de plus de 10 cm. La résine SLA 98, quant à elle, a été testée avec succès sur une Form 2 et une Anycubic Photon M3. Sur le Form 2, le réglage « NL 98 » nécessite de définir manuellement le temps d'exposition car le matériau n'est pas dans la bibliothèque officielle. Après réglage, la précision est stable sur dix tirages consécutifs.
Pour les utilisateurs souhaitant comparer avec d'autres résines NL 3D, les tests menés sur la résine SLA 65 (dédiée aux tirages très détaillés) montrent que la SLA 98 offre un meilleur compromis robustesse‑flexibilité. Ce point est développé dans le test complet de cette résine sur Form 2, disponible sur le blog.
Quel matériau pour quel projet ?
Le filament ABS 750 g NL 3D reste le meilleur choix pour des pièces structurelles, des prototypes fonctionnels ou des assemblages mécaniques imprimés en FDM, à condition de disposer d'une imprimante fermée et d'une ventilation adaptée. La résine SLA 98 s'impose dès que la qualité de surface, la précision des détails et une certaine souplesse sont prioritaires – pour des moules en silicone, des maquettes de bijouterie ou des pièces de visualisation. Les deux références tiennent leurs promesses techniques, mais elles illustrent surtout la complémentarité entre les technologies FDM et SLA : un atelier équipé des deux procédés pourra tirer parti de chacun sans avoir à sacrifier la précision ou la résistance.