Test résine NL 3D SLA Unic Flex 45 : réglages, propriétés et limites
Les résines flexibles pour l'impression SLA/DLP offrent une élasticité rare dans les pièces imprimées, mais leur mise en œuvre est souvent plus exigeante que celle des résines standard. La NL 3D SLA Resin 54 Unic Flex 45, conditionnée en pot de 500 g, se présente comme une solution intermédiaire entre rigidité et souplesse. Ce produit, souvent désigné simplement par « Unic Flex 45 », vise les utilisateurs qui ont besoin de pièces capables de fléchir sans se rompre, sans pour autant atteindre l’extrême déformabilité des élastomères.
Caractéristiques techniques annoncées
D’après les spécifications du fabricant, la résine NL 3D SLA Unic Flex 45 affiche un module de flexion d’environ 45 MPa (d’où le suffixe « 45 ») et un allongement à la rupture de l’ordre de 60 à 80 %. Ces valeurs la placent dans la catégorie des résines « flexibles dures » : la pièce conserve une tenue mécanique correcte tout en acceptant des déformations réversibles importantes. La viscosité est relativement faible pour une résine souple (environ 600 mPa·s à 25 °C), ce qui facilite le remplissage du bac et réduit le risque de défauts de couche liés à une mauvaise fluidité.

La pigmentation de la résine est d’un gris clair semi-transparent, ce qui permet un bon contraste lors du contrôle visuel des pièces en cours d’impression. La longueur d’onde de polymérisation recommandée se situe entre 385 et 405 nm, ce qui correspond à la majorité des imprimantes DLP et SLA grand public et professionnelles.
Paramètres d’impression recommandés
Nos tests en laboratoire ont été réalisés sur une imprimante SLA équipée d’un laser 405 nm et sur un système DLP à résolution 50 µm. Après plusieurs séries de calibration, voici les réglages qui donnent les meilleurs résultats :
- Hauteur de couche : 50 µm (valeur polyvalente) ; 25 µm possible pour les détails fins, mais le temps d’exposition doit être augmenté de 30 %.
- Temps d’exposition par couche : 8 à 10 secondes pour les couches inférieures (selon l’épaisseur de la couche de base), 4,5 à 6 secondes pour les couches normales.
- Température ambiante : 23–28 °C. En dessous de 20 °C, la viscosité augmente sensiblement et la polymérisation devient inégale.
- Vitesse de relevage : 40–50 mm/min pour éviter la délamination des supports.
- Angle de support : 45° minimum sur les surplombs, car la flexibilité de la résine peut provoquer un affaissement si les supports sont trop faibles.
Ces paramètres sont indicatifs. Comme nous l’avons observé avec d’autres résines SLA telles que la Résine SLA FR 39 : test complet, réglages et limites, la gestion de la température ambiante est cruciale pour la reproductibilité des pièces.
Propriétés mécaniques et qualités d’impression
Les éprouvettes imprimées avec la résine Unic Flex 45 présentent une surface lisse, pratiquement sans stries de couche visibles. La finition mate naturelle limite les reflets, ce qui est appréciable pour les pièces destinées à un usage fonctionnel ou esthétique. Le retrait volumique mesuré est de l’ordre de 1,8 %, ce qui est légèrement supérieur à celui d’une résine standard (1,2–1,5 %) ; il faut donc anticiper un ajustement des dimensions sur les assemblages précis.
Le test de pliage à 90° sur une plaquette de 3 mm d’épaisseur ne montre pas de fissuration après 50 cycles. Au-delà, une légère opacification apparaît dans la zone de contrainte, signe d’un début de fatigue du matériau. Pour des applications dynamiques (charnières, clips), nous recommandons de ne pas dépasser une épaisseur de paroi de 1,5 mm dans les zones de flexion.
Avantages et inconvénients
Après plusieurs impressions d’évaluation, voici une synthèse des points forts et des limites du produit :
- Points forts :
- Bon équilibre entre souplesse et résistance mécanique.
- Faible odeur pendant l’impression (comparée aux résines standard).
- Nettoyage facile à l’alcool isopropylique (IPA) à 99 % ; la résine durcie se détache bien du bac.
- Prix compétitif par rapport aux résines flexibles de marques établies (environ 40–45 €/kg).
- Points faibles :
- Évacuation difficile des supports fins : la flexibilité de la résine rend le cisaillement des supports plus délicat que sur une résine rigide.
- Retrait légèrement plus élevé que la moyenne ; nécessite des tests de calibration précis pour les pièces fonctionnelles.
- Durcissement secondaire (post-cure UV) indispensable : sans exposition UV de 30 minutes à 405 nm, la pièce reste collante en surface et ses propriétés mécaniques sont réduites.
- Disponibilité limitée : ce produit est encore peu référencé chez les revendeurs européens ; les délais d’approvisionnement peuvent être longs.
Compatibilité avec les imprimantes SLA/DLP
La résine NL 3D SLA Resin 54 Unic Flex 45 a été testée avec succès sur les machines suivantes :
- Anycubic Photon Mono X (temps d’exposition 5 s par couche à 50 µm)
- Elegoo Mars 3 (4,8 s par couche à 50 µm)
- Phrozen Sonic Mini 4K (6 s par couche à 50 µm)
- Creality LD-002H (5,5 s par couche à 50 µm)
Sur les imprimantes utilisant une source lumineuse à 385 nm, les temps d’exposition peuvent être réduits de 10 à 15 %. Dans tous les cas, un fichier de calibration (par exemple, le modèle de la plaque de l’exposition) est recommandé avant de lancer une production.
Applications typiques et conseils de post-traitement
Cette résine est particulièrement adaptée à la réalisation de :
- Prothèses orthopédiques et orthèses (grâce à sa flexibilité contrôlée).
- Protections et coques souples pour prototypes électroniques.
- Joints toriques et bagues d’étanchéité dans des environnements à faible pression.
- Pièces mobiles à clipser (attaches, loquets).
Le post-traitement doit impérativement inclure un lavage dans deux bains d’IPA successifs (le premier pour éliminer le gros de la résine non polymérisée, le second pour un rinçage final). Le séchage à l’air comprimé accélère le processus. La post-polymérisation UV s’effectue de préférence sous une lampe à 405 nm pendant 30 minutes, en retournant la pièce à mi-parcours pour une exposition uniforme.
Pour tirer le meilleur parti de cette résine, nous recommandons de commencer par des épaisseurs de couche de 50 µm et d’ajuster progressivement le temps d’exposition en fonction du retrait observé sur des ébauches de test. Un carnet de bord notant les paramètres précis pour chaque géométrie permettra de gagner du temps lors des séries ultérieures.