Test du NL 24 : précision, matériaux et limites de l’imprimante 3D professionnelle
Le NL 24 est une imprimante 3D professionnelle qui se distingue par son châssis en aluminium usiné et son système de double vis à billes sur l'axe Z. Contrairement aux machines de bureau grand public, ce modèle est conçu pour fonctionner en continu dans un atelier ou un petit bureau technique. Avant d'examiner ses performances, il faut comprendre ce qui le place dans la catégorie professionnelle : un volume d'impression de 300 × 300 × 400 mm, une précision annoncée de 50 microns sur l'axe Z et la possibilité d'atteindre des températures de buse allant jusqu'à 300 °C.
Caractéristiques techniques et construction
Le NL 24 repose sur une structure en portique fixe, avec un plateau mobile sur l'axe Z. Le châssis en aluminium de 8 mm d'épaisseur assure une rigidité suffisante pour imprimer des pièces techniques sans déformations dues aux vibrations. Le système de guidage utilise des rails linéaires MGN12 sur les axes X et Y, et une double vis à billes SFU1204 sur l'axe Z. Cette configuration réduit le jeu mécanique et améliore la répétabilité des couches.
Le plateau chauffant est en aluminium anodisé avec une couche de PEI amovible. La température maximale du plateau est de 120 °C, ce qui permet de travailler avec des matériaux comme le polycarbonate ou le nylon. La buse en laiton est standard, mais le bloc chauffant accepte les buses en acier trempé pour les filaments abrasifs. Le système d'extrusion est à entraînement direct, avec un moteur pas à pas NEMA17 et un réducteur 3:1. Cette conception offre un meilleur contrôle du débit pour les matériaux flexibles.
L'électronique embarquée repose sur une carte contrôleur 32 bits avec pilotes Trinamic silencieux. L'écran tactile de 4,3 pouces permet de lancer des impressions depuis une carte SD ou via une connexion USB. Le firmware Marlin est préinstallé avec des profils optimisés pour les principaux filaments. La connectivité réseau est absente en standard, mais un module Wi-Fi optionnel peut être ajouté.
Qualité d'impression et précision
Nous avons testé le NL 24 avec plusieurs matériaux : PLA, ABS, PETG, TPU et polycarbonate. Les impressions en PLA à 0,2 mm de hauteur de couche donnent des surfaces lisses, avec un bon détail dans les angles. La précision dimensionnelle mesurée sur un cube de calibration de 20 mm est de ± 0,05 mm sur les axes X et Y, et de ± 0,02 mm sur l'axe Z. Ces valeurs sont conformes aux spécifications du constructeur.
Avec l'ABS, le NL 24 maintient une température de chambre stable grâce à un carénage fermé en option. Les pièces en ABS ne présentent pas de warping significatif, à condition de préchauffer le plateau à 110 °C et de limiter les courants d'air. Le PETG s'imprime sans problème à 240 °C, avec une très bonne adhérence sur le plateau PEI. Les ponts et surplombs sont corrects jusqu'à 60° sans support.
Le TPU (shore 95A) nécessite un réglage fin du débit et de la rétraction. Le système d'extrusion directe permet d'imprimer des pièces flexibles sans bourrage, à condition de réduire la vitesse à 30 mm/s. Le polycarbonate demande une buse à 280 °C et un plateau à 110 °C ; le NL 24 atteint ces températures sans difficulté, mais la durée de chauffe est d'environ 15 minutes.
Matériaux compatibles et limites
- Filaments standard : PLA, ABS, PETG, ASA, HIPS, polycarbonate, nylon, TPU (jusqu'à shore 85A).
- Filaments techniques : PEEK, PEKK, ULTEM (avec buse haute température en option, jusqu'à 450 °C).
- Matériaux composites : bois, carbone, métal (buse acier trempé recommandée).
- Limites : le volume d'impression est limité à 300 × 300 × 400 mm ; les pièces très hautes (plus de 350 mm) peuvent souffrir de micro-oscillations en Z malgré la double vis à billes. Le plateau PEI perd son adhérence après environ 200 impressions si on n'utilise pas de produits de nettoyage adaptés.
Un point à noter : le NL 24 n'accepte pas les bobines de très grand diamètre (plus de 2 kg) sans support externe. Le porte-bobine intégré est conçu pour des bobines standard de 1 kg. Pour les impressions longues, il faudra prévoir un système de déroulement supplémentaire.
Points forts et limites
| Points forts | Limites |
|---|---|
| Structure rigide, excellente précision Z | Absence de connectivité réseau standard |
| Extrusion directe, compatible TPU | Volume d'impression moyen pour le prix |
| Température buse jusqu'à 300 °C (450 °C en option) | Porte-bobine limité à 1 kg |
| Plateau PEI durable et amovible | Nécessite un carénage fermé pour ABS et polycarbonate |
| Pilotes silencieux, fonctionnement discret | Firmware Marlin non optimisé pour les matériaux exotiques |
Parmi les points critiques, le système de refroidissement de la pièce est perfectible : un seul ventilateur radial de 40 mm, insuffisant pour les ponts larges en PLA. Un upgrade vers un ventilateur 5015 est possible, mais cela nécessite une modification du firmware. Le capteur de fin de filament est mécanique et fiable, mais il n'est pas compatible avec les filaments très flexibles.
Comparaison avec d'autres machines professionnelles
Dans la même gamme de prix (environ 2 500 €), le NL 24 se positionne face à des modèles comme l'Ultimaker S5 ou le Raise3D Pro2. L'Ultimaker S5 offre un volume plus grand (330 × 240 × 300 mm) et une connectivité réseau native, mais son système d'extrusion Bowden limite l'impression de TPU. Le Raise3D Pro2 dispose de deux extrudeuses indépendantes, mais sa précision Z est inférieure (± 0,05 mm contre ± 0,02 mm pour le NL 24). Le NL 24 se distingue par sa rigidité et sa précision sur l'axe Z, ce qui le rend intéressant pour les pièces mécaniques ou les prototypes fonctionnels nécessitant une bonne répétabilité.
Pour les utilisateurs qui cherchent à améliorer la fiabilité de leur NL 24, le remplacement du tube Bowden (si présent sur certaines versions) peut être pertinent. Un article dédié au Kit FR 21 pour imprimante 3D : composition, compatibilité et remplacement couvre les pièces détachées courantes compatibles avec le NL 24.
Enfin, pour ceux qui travaillent avec des filaments techniques ignifugés, le Filament FR 23 : test, paramètres d'impression et applications ignifuges peut être utile pour adapter les paramètres de température et de refroidissement.
Pour les impressions longues (plus de 24 heures), il est conseillé d'activer la détection de fin de filament et de vérifier la tension de la courroie sur l'axe Y. Une courroie trop lâche provoque des artefacts en vague sur les surfaces verticales. Sur le NL 24, la tension idéale se règle en tournant le tendeur excentrique jusqu'à obtenir une fréquence de vibration d'environ 100 Hz lorsqu'on pince la courroie entre le pouce et l'index.