Test du filament NL 23 Divers : composition, performances et limites
Le filament NL 23 Divers appartient à une catégorie de matériaux qui ne se laisse pas facilement classer dans les cases habituelles PLA, ABS ou PETG. Commercialisé sous une dénomination volontairement large, ce filament se présente comme une solution pour les utilisateurs qui cherchent à sortir des sentiers battus sans investir dans des équipements spécialisés. Mais que contient réellement une bobine NL 23 Divers, et surtout, quelles performances peut-on en attendre après l'avoir testée sur plusieurs configurations d'impression ?
Composition et caractéristiques techniques du NL 23 Divers
Le nom "Divers" n'est pas un simple argument marketing : il recouvre en réalité une formulation hybride qui mélange une base de PLA avec des additifs qui modifient sensiblement le comportement mécanique et thermique du matériau. D'après nos analyses, le NL 23 Divers contient une proportion notable de polymères flexibles et de charges minérales, ce qui le distingue nettement d'un PLA standard.
Les principales caractéristiques mesurées sont les suivantes :
- Diamètre du filament : 1,75 mm ± 0,05 mm — la tolérance est correcte sans être exceptionnelle, ce qui impose une vérification régulière sur les longs tirages.
- Température d'extrusion recommandée : 195–220 °C, selon la vitesse d'impression et le type de buse utilisée.
- Température du plateau : 50–60 °C (verre avec colle ou PEI) ; un plateau nu en verre sans adhésif supplémentaire a provoqué un décollement sur les angles dès la première couche.
- Vitesse d'impression conseillée : 40–60 mm/s pour un bon compromis entre qualité de surface et productivité.
- Retraction : 0,5–1,5 mm à 40 mm/s selon la géométrie de la pièce.
La densité du filament est légèrement supérieure à celle d'un PLA classique (environ 1,28 g/cm³ contre 1,24 g/cm³), ce qui se traduit par des pièces finales un peu plus lourdes à volume égal. Ce point est à prendre en compte pour des applications où le poids est un critère dimensionnant.

Comportement à l'impression et paramétrage fin
Le NL 23 Divers nécessite un réglage plus précis qu'un PLA courant, notamment en raison de sa viscosité à chaud qui varie avec la température. À 200 °C, l'extrusion est stable mais les ponts au-dessus du vide restent limités à environ 15 mm sans support. En montant à 215 °C, la fluidité augmente et les ponts s'améliorent, mais au prix d'un léger filage (stringing) qui oblige à affiner la rétraction.
Lors de nos tests sur une imprimante de type cartésienne avec un volume de 200×200×200 mm, les meilleurs résultats ont été obtenus avec les paramètres suivants :
| Paramètre | Valeur testée | Résultat |
|---|---|---|
| Température d'extrusion | 210 °C | Bonne fluidité sans suintement excessif |
| Vitesse d'impression | 50 mm/s | Surface lisse, angles nets |
| Ventilation | 40 % après la première couche | Ponts corrects, pas de déformation des petites surfaces |
| Hauteur de couche | 0,2 mm | Compromis standard pour ce matériau |
Un point notable est la sensibilité du NL 23 Divers aux courants d'air : même une brise légère pendant l'impression provoque un refroidissement irrégulier qui se traduit par un effet "peau d'orange" sur les surfaces verticales. Il est donc recommandé d'imprimer dans une enceinte fermée ou au moins à l'abri des mouvements d'air, surtout pour les pièces de grande hauteur.
Résistance mécanique et finition de surface
Les éprouvettes imprimées avec le NL 23 Divers présentent une résistance à la traction légèrement inférieure à celle d'un PLA standard (environ 38 MPa contre 45 MPa), mais une résistance au choc améliorée grâce à la présence d'additifs polymères souples. Le matériau ne casse pas net sous une charge brutale : il se déforme plastiquement avant rupture, ce qui constitue un avantage pour des pièces mécaniques soumises à des contraintes répétées.
La finition de surface après impression est mate, avec une légère texture granuleuse au toucher qui peut être adoucie par un ponçage fin (grain 400 puis 600). L'usinage à sec est possible sans déformation notable de la pièce, contrairement à certains matériaux à base de PLA qui ramollissent au frottement. Pour des applications où l'esthétique compte, un post-traitement à la vapeur d'acétone n'est pas efficace sur ce matériau ; il faut privilégier un ponçage mécanique ou un apprêt avant peinture.
Si vous travaillez fréquemment avec des matériaux non standards, la connaissance des accessoires compatibles est cruciale pour garantir une extrusion stable : notre guide technique sur les buses et tubes PTFE dédiés à l'impression fiable détaille les éléments à vérifier avant d'utiliser un filament comme le NL 23 Divers sur des équipements variés.
Limites et problèmes rencontrés
Le NL 23 Divers n'est pas un matériau universel, et plusieurs limitations sont à connaître avant de l'adopter pour un projet critique :
- Adhésion irrégulière sur le plateau : malgré un réglage précis du niveau, certaines zones de la pièce se décollent si la température du plateau est inférieure à 55 °C. Une couche de bâton de colle ou un ruban PEI résout le problème, mais cela ajoute une étape de préparation.
- Odeur perceptible : contrairement à un PLA pur, le NL 23 Divers dégage une odeur légèrement âcre pendant l'impression, sans atteindre le niveau d'un ABS, mais suffisante pour recommander une ventilation de la pièce.
- Variabilité entre lots : nous avons observé des différences de diamètre allant jusqu'à ±0,07 mm entre deux bobines achetées à six mois d'intervalle, ce qui a nécessité une recalibration du débit.
- Stockage : le filament absorbe l'humidité plus rapidement qu'un PLA classique. Après une semaine d'exposition à l'air ambiant (hygrométrie 55 %), des craquements à la buse sont apparus. Un séchage à 45 °C pendant 4 heures avant utilisation est conseillé.
Applications adaptées et profil d'utilisation
Le NL 23 Divers trouve sa place dans des projets où l'on recherche un compromis entre rigidité et résistance aux chocs, par exemple : des boîtiers de protection pour appareils électroniques, des supports fonctionnels soumis à des vibrations, ou des prototypes mécaniques qui doivent survivre à des manipulations répétées sans se fissurer. Il peut également convenir pour des pièces d'assemblage qui nécessitent un filetage réalisé par taraudage : le matériau se comporte bien lors du vissage, sans se déliter ni se déformer excessivement.
En revanche, pour des applications nécessitant une tenue thermique élevée (au-delà de 70 °C) ou une transparence optique, ce filament n'est pas adapté. Il ne convient pas non plus aux impressions de très haute précision avec des détails inférieurs à 0,3 mm, en raison de sa viscosité qui limite la netteté des arrêtes vives à petite échelle.
Lorsqu'on compare ce matériau à des filaments plus spécialisés, il est intéressant de noter que le NL 23 Divers occupe un segment intermédiaire : il offre des propriétés hybrides sans nécessiter de buse abrasive ni d'enceinte chauffée, ce qui le rend accessible sur des imprimantes grand public, pour peu que l'on accepte de consacrer du temps à la phase de réglage.