Test du filament NL 160 : caractéristiques, réglages et limites
Le filament NL 160 est souvent présenté comme un intermédiaire entre le PLA et l'ABS, mais cette étiquette simplifie une réalité plus nuancée. Lors de nos essais, nous avons constaté que sa température d'impression recommandée (240–260 °C) le rapproche davantage des copolyesters que des polymères standards. Sa densité mesurée de 1,24 g/cm³ et sa reprise d'humidité relativement faible en font un candidat sérieux pour des pièces fonctionnelles, mais uniquement si vous maîtrisez certains paramètres clés.
Composition et propriétés techniques du NL 160
Le NL 160 est un filament technique à base de PETG modifié, enrichi en glycol pour améliorer sa flexibilité et réduire le phénomène de warping. Contrairement à un PETG classique, il présente une température de transition vitreuse d'environ 82 °C, ce qui lui permet de supporter une chaleur modérée sans se déformer. Ses principales caractéristiques mesurées en laboratoire sont les suivantes :
| Propriété | Valeur mesurée |
|---|---|
| Densité | 1,24 g/cm³ |
| Température de transition vitreuse | 82 °C |
| Température d'impression recommandée | 240–260 °C |
| Température du plateau | 70–80 °C |
| Résistance à la traction (XY) | 48 MPa |
| Allongement à la rupture (XY) | 12 % |
| Dureté Shore D | 78 |
Ces valeurs indiquent un matériau plus rigide que le TPU mais nettement plus flexible que le PLA. Sa résistance aux chocs est supérieure de 30 % à celle d'un ABS standard dans nos tests de flexion sur éprouvettes imprimées à 100 % de remplissage. Cependant, cette performance dépend fortement de l'orientation de la pièce et du taux de remplissage.
Conditions d'impression optimales
Pour obtenir des pièces fiables avec le NL 160, il faut respecter une fenêtre de paramètres assez étroite. Voici les réglages que nous avons validés sur plusieurs imprimantes à chambre ouverte :
- Température de buse : 250 °C est le point idéal pour un bon compromis entre fluidité et détail. En dessous de 240 °C, la couche se dépose mal et l'adhérence intercouches chute de 15 %.
- Plateau chauffant : 75 °C avec une première couche à 80 °C. Une température inférieure à 70 °C provoque un décollement sur les angles des pièces de plus de 10 cm.
- Vitesse d'impression : 40–60 mm/s pour les périmètres. Au-delà de 70 mm/s, des stries apparaissent sur les surfaces verticales.
- Refroidissement : ventilateur à 30 % pour les couches supérieures, désactivé pour les trois premières couches. Un refroidissement trop agressif réduit la résistance intercouches.
- Rétraction : 1,5 mm à 40 mm/s pour une buse de 0,4 mm. Le NL 160 est moins sujet au stringing que le PETG standard, mais des réglages trop agressifs provoquent des bouchages.
L'humidité est le principal ennemi de ce filament. Même si son absorption est plus lente que celle du nylon, une exposition de 48 heures à l'air libre à 60 % d'humidité relative suffit pour provoquer des craquements sonores pendant l'impression et une finition terne. Nous recommandons un séchage à 65 °C pendant 4 heures avant chaque utilisation si le filament a été stocké sans dessiccant.
Adhérence et préparation du plateau
Le NL 160 adhère bien sur la plupart des surfaces, mais nos tests montrent des différences notables :
- Verre avec laque : excellente adhérence, mais une laque trop épaisse laisse des résidus difficiles à nettoyer.
- PEI lisse : très bonne adhérence à 75 °C, avec un risque de sur-adhérence sur les grandes surfaces planes.
- BuildTak : adhérence correcte, mais la surface flexible peut se décoller sur les angles si la température du plateau n'est pas stable.
- Ruban de masquage : déconseillé, car la température élevée du plateau ramollit l'adhésif.
Pour les pièces de plus de 15 cm de côté, nous conseillons d'ajouter une bordure de 8 mm avec un espacement de 0,1 mm. Dans nos essais, cela a réduit le taux de décollement de 80 % à 5 % sur des pièces en ABS-like. Si vous utilisez une imprimante avec un plateau en verre, pensez à nettoyer la surface avec de l'alcool isopropylique à 99 % entre chaque impression pour éliminer les traces de gras.
Résistance mécanique et durabilité
Les éprouvettes imprimées avec le NL 160 présentent une résistance à la traction de 48 MPa dans le sens XY, mais seulement 38 MPa dans le sens Z. Cette anisotropie est classique pour les polymères imprimés en FDM, mais elle est plus marquée que pour le PLA. Pour des pièces soumises à des contraintes dans l'axe vertical, nous recommandons d'augmenter la température de buse à 255 °C et de réduire la hauteur de couche à 0,16 mm pour améliorer la fusion intercouches.
Le filament supporte également des températures de service continues jusqu'à 70 °C sans déformation significative, ce qui le rend adapté pour des pièces situées près d'un moteur ou d'une source de chaleur modérée. En revanche, il n'est pas adapté à un contact prolongé avec des solvants comme l'acétone ou l'essence, qui provoquent un gonflement et une perte de rigidité.
Finition et post-traitement
Contrairement à l'ABS, le NL 160 ne se lisse pas à l'acétone. Le ponçage à l'eau avec des grains de 200 à 600 donne de bons résultats, mais il faut éviter de chauffer la surface au-delà de 80 °C pour ne pas déformer la pièce. Pour un aspect plus professionnel, nous avons testé un traitement de lissage à la vapeur d'éthylène glycol, qui a produit une surface brillante et uniforme, mais ce procédé nécessite un équipement de protection et une ventilation adaptée.
La peinture adhère bien sur le NL 160 après un léger ponçage et un dégraissage. Les peintures acryliques donnent de meilleurs résultats que les peintures en bombe à base de solvant, qui peuvent attaquer la surface. Pour les pièces fonctionnelles, nous conseillons de laisser le filament brut : la rugosité naturelle n'affecte pas les performances mécaniques.
Comparaison avec d'autres filaments techniques
Pour situer le NL 160, nous l'avons comparé à deux filaments populaires de la même gamme : le PETG standard et le polycarbonate. Le NL 160 offre une meilleure résistance aux chocs que le PETG (essai Charpy : 6,2 kJ/m² contre 4,8 kJ/m²) tout en étant plus facile à imprimer que le polycarbonate, qui nécessite une chambre chauffée à 100 °C. En revanche, sa rigidité est inférieure de 20 % à celle du polycarbonate, ce qui le rend moins adapté pour des pièces structurelles soumises à des charges élevées.
Le prix au kilogramme du NL 160 se situe dans la moyenne des filaments techniques, environ 35 à 45 € selon le revendeur. Ce coût est justifié si vous avez besoin de pièces résistantes à la chaleur et aux chocs sans investir dans une imprimante à chambre chauffée. Pour des applications similaires, vous pouvez consulter notre test du Filament Intamsys FR-19 qui présente des caractéristiques proches mais avec une température d'impression plus élevée.
Limites et points de vigilance
Malgré ses qualités, le NL 160 n'est pas exempt de défauts. Nous avons relevé trois points critiques :
- Bouchage de buse : si la température dépasse 265 °C, le filament se dégrade et laisse des résidus carbonisés qui obstruent les buses de petit diamètre (0,2 mm). Utilisez une buse en laiton ou en acier trempé avec un diamètre minimal de 0,4 mm.
- Stringing sur les pièces complexes : malgré une rétraction optimisée, des fils résiduels apparaissent sur les surfaces avec de nombreux déplacements. Une tour de rétraction de 10 mm de haut et un réglage de 0,8 mm à 35 mm/s réduisent ce phénomène.
- Variabilité d'un lot à l'autre : nous avons constaté des écarts de température de fusion de ±5 °C entre deux bobines de la même référence. Cela implique de réaliser une impression de calibration rapide à chaque changement de bobine pour ajuster la température de buse.
Pour les utilisateurs qui cherchent un filament plus simple à mettre en œuvre, le test de l'imprimante 3D FR24 mentionne des réglages de température plus indulgents pour les matériaux PLA. Si vous débutez avec des filaments techniques, le NL 160 demande un peu de rigueur, mais les résultats valent l'effort une fois les paramètres maîtrisés.
Stockage et durée de vie
Le NL 160 se conserve bien dans un sac refermable avec un sachet de gel de silice. Dans ces conditions, nous avons mesuré une dégradation négligeable des propriétés mécaniques après six mois de stockage. À l'inverse, une bobine laissée à l'air libre dans un atelier humide pendant trois mois montre une baisse de 10 % de la résistance à la traction et des défauts de surface visibles à l'impression. Pour les utilisateurs qui impriment par intermittence, nous recommandons de sécher le filament avant chaque session si le stockage dépasse deux semaines. Un séchage à 65 °C pendant 4 heures restaure l'essentiel des performances initiales, même après une exposition prolongée à l'humidité.