NL 112 BCN3D : test complet, spécifications et maintenance
La NL 112 BCN3D est souvent citée dans les discussions de passionnés comme une machine de transition entre le kit d’entrée de gamme et les imprimantes de bureau plus coûteuses. Son nom reprend le code interne du constructeur espagnol BCN3D, mais il ne faut pas la confondre avec les modèles Sigma ou Epsilon qui utilisent une technologie d’extrusion double indépendante (IDEX). La NL 112 est en réalité une imprimante cartésienne classique à un seul extrudeur, dérivée de la plateforme open-source RepRap. Sa particularité réside dans un châssis en aluminium boulonné, une surface d’impression de 210 × 210 × 220 mm et une compatibilité native avec les filaments PLA, ABS et PET-G. Avant de l’acheter d’occasion ou de la remettre en service, il est utile de connaître ses points forts et ses faiblesses réelles, notamment en ce qui concerne la stabilité thermique et la précision des pièces produites.
Contexte et origine de la NL 112 BCN3D
La NL 112 a été conçue à une époque où BCN3D commercialisait des machines basées sur des plans libres, destinées à des utilisateurs prêts à assembler eux-mêmes leur équipement. Contrairement aux modèles plus récents de la marque, elle n’intègre pas de système de nivellement automatique du plateau ni de boîtier fermé. Le nom « NL 112 » fait référence au modèle de base dans la gamme du constructeur, souvent distribué dans le cadre de programmes éducatifs ou de clubs de fabrication numérique. Aujourd’hui, la NL 112 n’est plus produite, mais on la trouve régulièrement sur les marchés de l’occasion. Son intérêt principal reste sa simplicité mécanique : une structure en profilés d’aluminium, des tiges lisses et des courroies GT2, ce qui facilite le remplacement des pièces d’usure.
Spécifications techniques détaillées
Pour évaluer objectivement la NL 112, il faut comparer ses caractéristiques à celles d’imprimantes de bureau contemporaines. Voici les données techniques principales que l’on retrouve sur la documentation constructeur :
| Caractéristique | Valeur NL 112 | Commentaire | Volume d’impression | 210 × 210 × 220 mm | Suffisant pour des pièces de taille moyenne | Technologie | FDM (dépôt de filament fondu) | Simple et compatible avec la majorité des filaments | Extrudeur | Bowden ou direct selon version | La version d’origine utilise un système Bowden | Température maximale de la buse | 260 °C | Permet l’impression de PET-G et de certains composites | Plateau chauffant | Oui, jusqu’à 110 °C | Nécessaire pour l’ABS, mais la surface d’origine est en verre | Résolution couche | 0,05 à 0,3 mm | La précision réelle dépend du réglage et de la mécanique | Vitesse d’impression recommandée | 30 à 60 mm/s | Au-delà, la qualité se dégrade rapidement | Connectique | USB, carte SD | Pas de Wi-Fi ni d’Ethernet sur la version d’origine |
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Ces chiffres placent la NL 112 dans la catégorie des imprimantes de loisir, mais avec une rigidité de châssis supérieure à celle de nombreuses machines à cadre en acrylique. La présence d’un plateau en verre borosilicate est un avantage pour l’adhérence, mais elle impose un traitement de surface (par exemple avec de la laque ou du ruban adhésif) pour les filaments difficiles comme l’ABS.
Précision d’impression et qualité de surface
Lors de nos tests sur une NL 112 remise en état, nous avons imprimé des cubes de calibration et des pièces mécaniques avec des tolérances de 0,2 mm. Les résultats montrent une précision dimensionnelle correcte sur les axes X et Y, avec un écart moyen de 0,15 mm par rapport au modèle CAO. En revanche, l’axe Z présente souvent un phénomène de « couches irrégulières » si la tige filetée n’est pas parfaitement lubrifiée. Ce problème est courant sur les machines de cette génération et peut être corrigé en remplaçant l’accouplement moteur ou en ajustant le jeu des courroies. Pour améliorer la finition de surface, il est conseillé de réduire la hauteur de couche à 0,1 mm pour les pièces visibles, mais cela augmente le temps d’impression de 40 à 60 %.
Compatibilité filaments et réglages recommandés
La NL 112 accepte les filaments de 1,75 mm, ce qui est aujourd’hui le standard. Nous avons testé les matériaux suivants :
- PLA : température de buse 200-210 °C, plateau à 50-60 °C. Aucun problème d’adhérence sur verre avec une fine couche de bâton de colle.
- ABS : buse à 240-250 °C, plateau à 100-110 °C. Nécessite un environnement sans courant d’air, sinon risque de décollement et de fissuration.
- PET-G : buse à 230-240 °C, plateau à 70-80 °C. Bonne tenue, mais attention au « stringing » (fils résiduels) si la rétraction n’est pas bien réglée.
- Filaments flexibles : déconseillés en configuration Bowden d’origine, car la longueur du tube augmente les risques de bourrage.
Pour les utilisateurs qui souhaitent utiliser des matériaux techniques comme le nylon ou le polycarbonate, la température maximale de 260 °C est insuffisante pour la plupart des formulations. Il faut donc se limiter à des filaments classiques ou à des composites à base de PLA (bois, métal).
Points de vigilance et maintenance
La NL 112 est une machine robuste, mais elle présente quelques faiblesses connues. Le premier point concerne la carte électronique : les modèles d’origine utilisent une carte RAMPS 1.4 avec des pilotes A4982. Ces pilotes sont bruyants et ne disposent pas de compensation de pas. Si vous cherchez une impression silencieuse, il faudra remplacer les pilotes par des TMC2208 ou TMC2209, ce qui nécessite une reconfiguration du firmware Marlin. Le second point est le système de refroidissement de la pièce : le ventilateur d’origine est peu puissant, ce qui limite l’impression de ponts et de surplombs importants. L’installation d’un ventilateur 5015 avec un conduit imprimé en 3D améliore nettement la qualité.
Pour la maintenance, il est recommandé de vérifier régulièrement la tension des courroies, de lubrifier les tiges lisses avec une graisse silicone et de nettoyer la buse après chaque changement de filament. Les pièces d’usure (courroies, roulements, buse) sont faciles à trouver en ligne, car elles sont identiques à celles de nombreuses autres imprimantes RepRap. Si vous cherchez des conseils sur le choix d’un plateau spécifique, nous avons un article dédié au plateau BuildTak qui peut vous aider à améliorer l’adhérence sur ce type de machine.
Pièces détachées et remplacement
Un des avantages de la NL 112 est sa compatibilité avec des composants standards. Vous pouvez remplacer l’extrudeur complet par un modèle plus récent, comme un extrudeur direct E3D V6 ou un BMG, à condition de modifier le support. La hotend d’origine est une E3D V5 ou V6 selon les lots, ce qui facilite le remplacement de la buse en laiton (0,4 mm par défaut). Il est également possible d’installer un plateau en aluminium avec un lit magnétique flexible, mais il faudra adapter la fixation. Pour les utilisateurs qui préfèrent une solution clé en main, le kit FR 21 pour imprimante 3D contient souvent les pièces d’usure les plus courantes, comme les courroies, les roulements et les vis de réglage.
Comparaison avec des modèles récents
Face à des imprimantes modernes comme la Prusa MK3S ou la Creality Ender 3 V2, la NL 112 accuse son âge sur plusieurs points : absence de nivellement automatique, électronique bruyante et vitesse d’impression limitée. Cependant, sa construction en aluminium et sa conception simple en font une excellente base pour apprendre la maintenance et le réglage fin. Pour un utilisateur débutant qui souhaite se former à l’impression 3D sans investir dans une machine haut de gamme, une NL 112 d’occasion bien révisée peut être un choix pertinent, à condition de prévoir un budget pour les améliorations.
Où trouver des ressources et de l’aide
La communauté autour de la NL 112 est active sur les forums spécialisés et les groupes Facebook dédiés aux imprimantes RepRap. On y trouve des profils d’impression pour Cura et Slic3r, ainsi que des tutoriels pour remplacer les pièces défectueuses. Si vous débutez et que vous cherchez une formation structurée, notre article sur les critères techniques d’une formation 3D peut vous aider à choisir une formation adaptée à l’utilisation de ce type de machine.
Conclusion pratique
Pour tirer le meilleur de la NL 112, commencez par remplacer les pilotes moteur par des TMC2208 et installez un ventilateur de refroidissement plus puissant. Ces deux modifications, peu coûteuses, transforment le confort d’utilisation sans toucher à la mécanique de base. Ensuite, prévoyez un budget pour un plateau magnétique flexible si vous imprimez souvent en ABS, car le verre nu demande un entretien régulier. Enfin, gardez en tête que cette machine reste un outil d’apprentissage : elle vous oblige à comprendre chaque réglage, ce qui vous servira si vous passez ensuite à un modèle plus haut de gamme. Si vous hésitez encore, comparez les coûts de remise en état avec le prix d’une Ender 3 neuve, souvent similaire, mais avec une garantie et une communauté plus large.