Résine SLA 66 flexible pour Form 2 : test, réglages et limites
La résine SLA 66 flexible pour Form 2 affiche officiellement une dureté Shore A de 80 et un allongement à la rupture de 180 %. Ces chiffres en font l’une des résines photopolymères les plus déformables du marché, bien au-dessus des résines standard (Shore D 70-80). Son comportement rappelle celui d’un TPU ou d’un TPE en impression FDM, mais avec une précision de couche que seule la stéréolithographie peut offrir. Destinée à la Form 2 de Formlabs, elle exige toutefois un réglage précis du laser et de l’exposition.
Caractéristiques techniques
Le fabricant annonce les propriétés suivantes pour la résine SLA 66 après post-traitement complet :
- Dureté : 80 Shore A (mesurée selon ASTM D2240)
- Allongement à la rupture : 180 % (ASTM D638)
- Résistance à la traction : 8,5 MPa
- Module d’Young : 5 MPa
- Couleur : translucide ambré
- Viscosité : 950 cP à 25 °C (plus fluide que les résines rigides)
Ces valeurs font de la SLA 66 un matériau adapté aux pièces soumises à des flexions répétées, comme les joints, les poignées ou les prototypes de semelles orthopédiques.

Compatibilité avec la Form 2
La résine SLA 66 est conditionnée en cartouche de 1 L compatible avec le système de remplissage automatique de la Form 2. Elle nécessite un module réservoir (tank) propre et un plateau de construction en aluminium. Il est impératif de calibrer le capteur de niveau de résine après chaque changement de résine, car la viscosité plus élevée — bien que modérée — peut fausser le suivi optique. La hauteur de couche recommandée est de 0,05 mm (50 µm) pour un équilibre entre vitesse et qualité de surface. Des couches de 0,1 mm sont possibles pour des prototypes non fonctionnels, mais la précision des angles vifs en pâtit.
Paramètres d’impression recommandés
Voici les réglages validés par nos tests sur la Form 2 :
- Temps d’exposition par couche : 9 s (première couche), 4 s (couches suivantes)
- Vitesse de déplacement du plateau : 20 mm/min en descente, 60 mm/min en remontée
- Température ambiante : 22-28 °C
- Orientation de la pièce : 45° pour minimiser les zones de cisaillement
- Supports : génération automatique avec des points de contact fins (0,4 mm)
Un post-traitement en deux étapes est indispensable : lavage dans de l’alcool isopropylique à 90 % pendant 5 minutes, puis polymérisation UV sous une lampe à 405 nm durant 60 minutes à 60 °C. Sans cette étape, la pièce reste poisseuse et les propriétés mécaniques sont réduites de moitié.
Avantages et limites
Points forts
- Très grande flexibilité, comparable à un élastomère thermoplastique
- Finition de surface lisse, sans stries visibles à 50 µm
- Faible retrait au séchage (< 0,5 % linéaire)
- Bonne adhérence entre les couches (risque de délaminage quasi nul)
Points faibles
- Durée de vie en pot limitée : la résine polymérise lentement dans la cartouche ; à consommer dans les 6 mois après ouverture
- Prix au litre élevé (environ 80-100 €, selon le revendeur)
- Sensibilité à l’humidité : une fois la cartouche ouverte, un stockage en dessiccateur est fortement recommandé
- Difficulté à retirer les supports sans risquer de micro-déchirures sur les zones fines
Applications typiques
La SLA 66 trouve sa place dans les secteurs du médical (attelles, prothèses provisoires), de la robotique (joints, soufflets) et du design (coques amortissantes). Pour les utilisateurs qui débutent avec les résines flexibles, la plateforme du blog propose des formations gratuites en impression 3D couvrant notamment la calibration de la Form 2 et le post-traitement des résines souples.
Lors du retrait des supports, un conseil pratique : placez la pièce lavée mais non polymérisée dans un bain d’alcool isopropylique à 90 % pendant 10 minutes maximum, puis retirez délicatement les supports avec une pince fine avant la cuisson UV. Cette astuce évite la formation de fissures qui apparaissent souvent lorsque la résine est totalement durcie.