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Unic Awards 2024 : les filaments primés passés au crible de la compatibilité et des tests

By robert_walker0460
September 13, 2026 6 Min Read
Comments Off on Unic Awards 2024 : les filaments primés passés au crible de la compatibilité et des tests

Le palmarès Unic Awards 2024 a été dévoilé en début de mois, et comme chaque année, il a suscité son lot de discussions dans les ateliers de fabrication additive. La particularité de cette édition : une place accrue accordée aux filaments dits « techniques » — polycarbonate, PA-CF et PET-G renforcés — au détriment des classiques PLA et ABS. Mais attention : un prix dans ce classement ne signifie pas automatiquement que le filament conviendra à votre machine. La compatibilité avec la température de buse, le plateau chauffant et l'enceinte fermée reste le premier filtre à appliquer avant de se fier au podium.

Les critères qui ont guidé la sélection des jurys

Les Unic Awards ne sont pas un simple vote de popularité. Le comité technique — composé d'ingénieurs applicatifs, de formateurs et de responsables qualité de plateformes d'impression — a évalué chaque filament selon cinq axes pondérés :

  • Répétabilité dimensionnelle (25 %) : écart mesuré sur 10 éprouvettes imprimées dans des conditions identiques, avec un même profil de trancheuse.
  • Résistance mécanique (25 %) : tests de traction et de flexion sur éprouvettes normalisées (ISO 527 et ISO 178).
  • Stabilité thermique (20 %) : tenue en température, retrait et déformation après recuit.
  • Constance du diamètre (15 %) : mesure sur 50 mètres de filament, avec tolérance maximale de ± 0,03 mm.
  • Finishing et aptitude à la post-impression (15 %) : ponçage, peinture, soudure chimique et traitement aux vapeurs.

Ce référentiel est plus exigeant que les fiches techniques constructeurs, qui annoncent souvent des tolérances théoriques rarement vérifiées en conditions réelles. Par exemple, un filament annoncé à ± 0,05 mm peut présenter des variations de 0,08 mm sur certaines bobines — un écart qui devient critique pour les pièces fonctionnelles avec des ajustements serrés.

Les filaments récompensés et ce qu'ils valent vraiment

Cette année, le jury a distingué trois catégories principales : filaments techniques, filaments spécialisés et filaments grand public. Voici le détail des lauréats, avec leurs points forts et leurs limites observées lors des tests.

Catégorie technique : la victoire du PA-CF renforcé

Le grand gagnant de la catégorie technique est un polyamide chargé en fibres de carbone, avec une teneur de 20 % en CF. Lors des tests de traction, il a atteint une contrainte maximale de 78 MPa — un résultat impressionnant pour une impression FDM. Sa rigidité élevée (module d'élasticité de 4,2 GPa) en fait un excellent candidat pour les pièces structurelles, les gabarits d'assemblage et les outillages légers.

Cependant, ce filament exige une buse en acier trempé (les fibres de carbone abrasives détruisent rapidement une buse en laiton), une température de buse de 270 à 290 °C et une chambre chauffée. Sans enceinte fermée, les pièces présentent un délaminage important, surtout sur les parois verticales. Les utilisateurs disposant d'une machine ouverte devront s'orienter vers un polyamide non chargé, moins exigeant mais aussi moins rigide.

À noter : le retrait reste modéré pour un PA — environ 0,8 % — mais il est impératif de sécher le filament avant utilisation. Un PA-CF humide produit des pièces mattes, cassantes et avec des bulles visibles en surface.

Catégorie spécialisée : le PET-G ignifugé en tête

Dans la catégorie des filaments spécialisés, le lauréat est un PET-G ignifugé classé UL 94 V-0. Ce type de matériau intéresse particulièrement les secteurs de l'électronique et de l'aérospatiale, où la tenue au feu est une exigence réglementaire. Le filament testé présente une bonne stabilité dimensionnelle et une adhésion correcte sur plateau en verre avec de la laque 3D.

Mais il faut être lucide sur les limites : la classification V-0 est obtenue sur des éprouvettes normalisées, dans des conditions précises d'épaisseur et de séchage. Une pièce imprimée avec une faible densité de remplissage ou des parois minces peut ne pas reproduire ce résultat. Les utilisateurs qui travaillent sur des applications certifiées doivent vérifier la conformité de leur pièce finale, pas seulement celle du filament brut. Sur ce sujet, le test comparatif des filaments ignifugés FR 54 et UNI 45 publié précédemment sur ce blog apporte des mesures utiles pour comprendre les écarts entre les fiches techniques et les résultats réels.

Catégorie grand public : un PET-G polyvalent primé

Le lauréat de la catégorie grand public est un PET-G standard, récompensé pour sa constance de diamètre et sa facilité d'impression. Lors des mesures, le diamètre moyen était de 1,75 mm avec un écart-type de 0,015 mm — un résultat excellent pour un filament à moins de 30 € la bobine de 750 g. La température d'impression recommandée se situe entre 235 et 250 °C, avec un plateau à 70-80 °C.

Ses limites : une résistance à la chaleur modeste (température de fléchissement sous charge d'environ 68 °C) et une sensibilité à l'humidité. Un PET-G mal séché produit des pièces troubles et des cordons discontinus. Les utilisateurs qui impriment régulièrement ce matériau devraient investir dans un boîte de stockage sec ou un sécheur de filament dédié.

Pour rappel, les résultats détaillés du test du filament PET-G 750 g d'Unic — y compris les mesures de traction et les réglages optimaux — sont disponibles dans un précédent article du blog.

Les pièges à éviter lors de l'achat d'un filament primé

Un prix aux Unic Awards ne garantit pas une expérience d'impression parfaite sur votre machine. Voici les trois erreurs les plus fréquentes que nous observons après la publication du palmarès :

  1. Ignorer la température de transition vitreuse (Tg) du matériau. Un filament avec une Tg de 120 °C ne conviendra pas à une pièce exposée à 60 °C, même s'il a obtenu d'excellents résultats mécaniques.
  2. Utiliser les profils de trancheuse du filament précédent. Chaque matériau a ses propres paramètres de rétraction, de vitesse et de refroidissement. Un profil PLA appliqué à un PA-CF produira des pièces poreuses et déformées.
  3. Négliger la gestion de l'humidité. Les filaments techniques (PA, PET-G, TPU) absorbent l'humidité ambiante. Une bobine stockée sans dessiccant perd ses propriétés en quelques semaines, même dans une boîte fermée.

Avant d'acheter une bobine primée, vérifiez également la compatibilité avec votre hotend : la température maximale de votre buse, le type de tube PTFE (un tube Capricorn supporte mieux les hautes températures qu'un tube standard) et la présence d'un plateau chauffant adapté. Les filaments techniques nécessitent souvent des températures supérieures à 260 °C, ce qui exclut les imprimantes d'entrée de gamme avec hotend en PTFE.

L'impact du palmarès sur le marché et les tendances émergentes

Le choix du jury reflète une tendance de fond : les utilisateurs recherchent des matériaux aux propriétés spécifiques plutôt que des filaments polyvalents. Le succès du PA-CF et des PET-G ignifugés confirme que la fabrication additive quitte progressivement le domaine du prototypage visuel pour s'imposer dans la production de pièces fonctionnelles.

Cette évolution a des conséquences concrètes sur les équipements : les imprimantes avec enceinte fermée, buse en acier trempé et plateau chauffant à haute température deviennent la norme dans les ateliers professionnels. Les fabricants de machines répondent à cette demande, mais les utilisateurs qui possèdent des imprimantes ouvertes devront soit adapter leurs machines (installation d'un boîtier, changement de hotend), soit se limiter aux matériaux moins exigeants comme le PLA, le PET-G et le TPU.

Pour les pièces exposées à des températures modérées, le PET-G reste un excellent compromis. Il offre une meilleure résistance mécanique que le PLA, une bonne résistance chimique et une facilité d'impression supérieure à l'ABS. Le guide comparatif PLA, PETG ou ABS publié sur ce blog détaille les critères de choix selon l'usage final.

Comment reproduire les conditions de test chez soi

Si vous souhaitez évaluer un filament primé dans vos propres conditions, voici un protocole simple à mettre en place :

  • Imprimez une éprouvette de traction (type ISO 527-2) avec le profil recommandé par le fabricant.
  • Mesurez l'épaisseur des parois avec un pied à coulisse : un écart supérieur à 0,1 mm indique un problème de débit ou de température.
  • Testez l'adhésion sur votre plateau : une pièce qui se décolle aux coins après 30 minutes d'impression nécessite un ajustement de la température du plateau ou l'ajout d'une laque.
  • Évaluez la résistance en flexion : une pièce fine (3 mm d'épaisseur) doit se plier sans se casser net pour les matériaux ductiles.
  • En appliquant ce protocole, vous pourrez vérifier si le comportement du filament primé correspond aux promesses du palmarès sur votre propre équipement, avant d'investir dans plusieurs bobines.

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    robert_walker0460

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