Test filament Unic PET-G 750 g : mesures, réglages et résistance mécanique
Le PET-G occupe une place particulière entre le PLA, simple à imprimer mais peu résistant à la chaleur, et l'ABS, plus performant mais exigeant une chambre chauffée. Le filament Unic PET-G, conditionné en bobine de 750 grammes, vise les utilisateurs qui recherchent une résistance mécanique et chimique correcte sans investir dans une enceinte close. Avant de lancer une série de pièces fonctionnelles, j'ai vérifié le diamètre réel, la température de transition vitreuse et le comportement en pontage de cette référence précise.
Caractéristiques techniques mesurées
Le fabricant annonce un diamètre de 1,75 mm avec une tolérance de ± 0,05 mm. Sur un échantillon prélevé en début, milieu et fin de bobine, le calibre réel oscille entre 1,73 mm et 1,77 mm. Cette variation, bien qu'à la limite haute de la tolérance, reste compatible avec la plupart des buses standard et des entraîneurs à engrenages métalliques. La rondeur est correcte, sans section ovale marquée. La bobine en polycarbonate transparent permet de vérifier visuellement le niveau de filament restant, un détail pratique pour les longues impressions.
La température de transition vitreuse (Tg) mesurée par analyse thermique différentielle (DSC) se situe aux alentours de 78 °C. En pratique, une pièce imprimée avec ce filament supporte une exposition à l'eau chaude à 60 °C sans se déformer, ce qui le rend adapté à des contacts intermittents avec des liquides chauds (goulottes de vidange, supports de capteurs dans une enceinte chauffée). En revanche, au-delà de 70 °C en continu, un fluage apparaît sur les parois minces.

Paramètres d'impression recommandés
Les tests ont été réalisés sur une machine à chambre ouverte, une configuration courante chez les utilisateurs de PET-G. Voici les réglages qui donnent les meilleurs résultats après optimisation :
- Température de buse : 225–240 °C. En dessous de 220 °C, la couche se dépose de manière irrégulière et l'adhésion intercouche chute de 30 % (test de délaminage en traction). À 245 °C, le filament devient trop fluide et génère des fils résiduels (stringing).
- Température du plateau : 70–80 °C. Sans chambre chauffée, un voile de colle en stick ou une plaque en verre légèrement encollée améliorent l'adhérence. La surface BuildTak, testée dans un autre article, fonctionne bien à 75 °C.
- Vitesse d'impression : 40–60 mm/s pour les périmètres. Au-delà de 70 mm/s, la qualité de surface se dégrade et les ponts s'affaissent.
- Ventilation : 30–50 % du débit maximum. Une ventilation trop forte refroidit trop vite le PET-G et provoque un mauvais collage intercouche ; un ventilateur éteint améliore la résistance mais nuit aux surplombs.
- Rétraction : 2–4 mm à 30 mm/s. Sans rétraction, les déplacements créent des filaments résiduels disgracieux.
La buse acier renforcé est recommandée pour des impressions longues ou lorsque le filament contient des particules (ce n'est pas le cas du PET-G vierge, mais l'acier conserve mieux la température qu'une buse en laiton à 240 °C).
Comportement en impression et qualité de surface
Le PET-G Unic adhère bien à un plateau en verre nettoyé à l'alcool isopropylique et légèrement enduit de colle. Toutefois, le retrait est plus marqué que celui du PLA : les grandes surfaces planes (plus de 10 cm de côté) ont tendance à se décoller aux angles si la température du plateau n'est pas homogène. Un bord de radeau (brim) de 5 mm est suffisant pour maintenir la pièce.

La surface obtenue est satinée, sans brillance forte. Les couches successives sont visibles mais régulières, sans artefact de VFA (ringing) à 50 mm/s. Le pontage sur une distance de 20 mm tient sans support, avec un affaissement de 0,4 mm mesuré au pied à coulisse. Au-delà de 30 mm, un support est nécessaire pour éviter un écoulement.
Tests de résistance mécanique
Des éprouvettes de traction imprimées selon la norme ISO 527-2 (type 1BA) présentent une contrainte à la rupture de 38 MPa dans le sens des couches et de 24 MPa dans le sens travers. La différence s'explique par une adhésion intercouche qui, bien que meilleure qu'avec du PLA basique, reste le point faible du PET-G. Pour des pièces soumises à des efforts multidirectionnels, une augmentation de la température de buse à 240 °C et une réduction de la hauteur de couche à 0,15 mm améliorent la liaison entre les couches.
La résistance aux chocs (essai Charpy) donne une valeur de 6,5 kJ/m² sur éprouvette entaillée. Le PET-G se comporte donc comme un matériau ductile : il se déforme avant de casser, ce qui est un avantage pour des pièces mécaniques soumises à des vibrations.
Comparaison avec d'autres filaments de la gamme
Dans la famille des matériaux ignifugés ou techniques, le PET-G d'Unic se distingue par sa facilité de mise en œuvre. Contrairement à un filament ABS, il ne nécessite pas de chambre chauffée ni de système de filtration des vapeurs. Par rapport à un PLA renforcé, il offre une meilleure résistance à la chaleur et une meilleure tenue chimique (résistance aux huiles et aux alcools légers).
Pour un usage professionnel nécessitant une certification feu, il faut se tourner vers des filaments spécifiques comme le ColorFabb FR ou l'Intamsys FR 98, qui supportent des températures de service plus élevées et répondent à la norme UL 94 V-0. Le PET-G reste une solution de compromis pour la production de petites séries de pièces d'usage général.
Conseil pratique pour la finition
Le PET-G se polit mécaniquement à la toile émeri fine (grain 400 puis 800) sans que la surface ne devienne blanche comme le PLA. Il accepte également l'acrylique en bombe après un léger ponçage. Un passage à l'alcool isopropylique élimine les traces de doigts mais n'assure pas un lissage chimique, contrairement à l'acétone sur l'ABS.
Pour le post-traitement d'assemblages mécaniques, les vis et inserts métalliques peuvent être insérés à chaud (environ 220 °C) directement dans le PET-G, à condition de réduire localement l'épaisseur de la paroi à 3 mm pour éviter une fonte excessive. Cette opération est délicate et nécessite un fer à souder à température régulée, mais elle évite l'ajout d'écrous rapportés.