Test Ultimaker 2 Extended : une grande hauteur d’impression, mais des limites matérielles
La course en Z de 300 mm fait de l'Ultimaker 2 Extended un choix fréquent pour les pièces longues, mais son plateau non chauffé limite les matériaux compatibles. Commercialisée à partir de 2014, cette version rallongée de l’Ultimaker 2 conserve le même design éprouvé : une structure en bois, un système d’extrusion à entraînement direct et un lit en verre traité. Avant d’envisager son achat, il est utile de confronter ses caractéristiques réelles aux besoins d’impression actuels.
Spécifications techniques et dimensions utiles
L’Ultimaker 2 Extended offre un volume de construction de 223 × 223 × 300 mm. La hauteur supplémentaire par rapport à l’Ultimaker 2 standard (230 mm) permet d’imprimer des objets tels que des vases, des prototypes d’architecture ou des pièces mécaniques allongées. La résolution de couche annoncée est de 0,02 mm, mais en pratique les résultats les plus fiables se situent entre 0,06 et 0,15 mm.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Volume de construction | 223 × 223 × 300 mm |
| Technologie | FDM (dépôt de filament fondu) |
| Diamètre de filament | 2,85 mm |
| Buse | 0,25, 0,4, 0,6, 0,8 mm (laiton) |
| Température buse max. | 260 °C |
| Plateau | Verre traité, non chauffé |
| Écran | OLED, molette de contrôle |
| Connectivité | Carte SD, USB (via ordinateur) |
| Poids | 11,4 kg |
L’absence de plateau chauffant est le principal frein à l’utilisation de matériaux autres que le PLA et le CPE. Pour imprimer du PETG, du polycarbonate ou des filaments flexibles, il faut ajouter un revêtement adhésif (BuildTak, ruban bleu) et surveiller attentivement la première couche. Le lit en verre, bien que parfaitement plan, ne garantit pas une adhérence suffisante pour les matériaux à haute température.
Qualité d’impression et précision
La mécanique de l’Ultimaker 2 Extended repose sur des courroies et des guides linéaires en acier, ce qui assure une répétabilité correcte pour une machine de cette génération. Les artefacts les plus courants sont des ondulations périodiques (ghosting) sur les surfaces verticales, liées à la rigidité limitée du cadre en bois. Les tests montrent que la tolérance dimensionnelle se situe autour de ±0,1 mm sur les axes X et Y, et ±0,05 mm en Z. Pour des pièces fonctionnelles, ces valeurs restent acceptables, mais elles ne rivalisent pas avec des machines récentes comme l’Ultimaker S5, dont le châssis métallique et le système de compensation actif réduisent les vibrations.

Matériaux compatibles et limites
Le choix de matériaux est restreint par la température maximale de 260 °C et l’absence de chambre fermée. Les filaments recommandés sont :
- PLA : excellent résultat, bonne adhérence sur verre avec colle ou spray.
- CPE (Copolyester) : nécessite un lit à 70 °C, non disponible ; utiliser un adhésif puissant et une buse à 0,6 mm minimum.
- ABS : déconseillé en raison du refroidissement rapide et du warping ; une enceinte improvisée peut aider, mais les résultats restent aléatoires.
- Flexibles : possible avec une buse de 0,8 mm et une vitesse réduite, mais le trajet du filament est long et peut provoquer des bourrages.
Pour les applications ignifugées, l’Ultimaker 2 Extended n’est pas adaptée. Des machines équipées d’une chambre chauffée et d’une buse à 300 °C sont alors nécessaires.
Logiciel et expérience utilisateur
L’imprimante est livrée avec Cura, le slicer développé par Ultimaker. La version actuelle (5.x) propose des profils dédiés pour l’Ultimaker 2 Extended, mais les réglages avancés (rétraction, vitesse de refroidissement) doivent souvent être ajustés manuellement. L’écran OLED et la molette de contrôle sont intuitifs, mais l’absence de connectivité Wi-Fi oblige à utiliser une carte SD ou un câble USB, ce qui est moins pratique pour les flux de travail modernes.
Points forts et points faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Hauteur de construction de 300 mm | Plateau non chauffé |
| Construction simple et fiable | Cadre en bois limitant la rigidité |
| Large choix de buses interchangeables | Absence de capteur de nivellement automatique |
| Communauté active et documentation riche | Connectivité limitée (SD, USB) |
| Pièces détachées encore disponibles | Température buse max. 260 °C |
Coûts et entretien
Le prix d’une Ultimaker 2 Extended neuve se situe autour de 1 500 €, mais on la trouve fréquemment d’occasion entre 500 et 800 €. Les pièces détachées sont encore disponibles, mais certains composants (carte électronique, bloc chauffant) commencent à être difficiles à trouver. Le remplacement du tube Bowden et de la buse est à prévoir tous les 3 à 6 mois selon l’usage. L’entretien courant comprend le nettoyage du verre avec de l’alcool isopropylique, le graissage des tiges lisses et la vérification de la tension des courroies. Une mise à niveau du plateau (bed leveling) manuelle est requise avant chaque impression ; l’absence de capteur automatique est un inconvénient pour les utilisateurs pressés.
La communauté Ultimaker a développé de nombreuses modifications, comme l’ajout d’un plateau chauffant externe ou le passage à un firmware Marlin plus récent. Ces adaptations peuvent étendre les capacités de la machine, mais elles nécessitent des compétences en électronique.
Alternatives à considérer
Si la hauteur de 300 mm est indispensable, l’Ultimaker 2 Extended reste une option économique. Pour un budget plus élevé, l’Ultimaker S5 propose un plateau chauffant, une chambre fermée et une fiabilité accrue. Pour une comparaison détaillée, notre test Ultimaker S5 couvre les améliorations de la série S. Si la double extrusion vous intéresse, le test Raise3D Pro2 Plus montre les limites de cette technologie sur un volume plus grand.
Avant d’acheter, vérifiez que le budget inclut le remplacement régulier du tube Bowden et de la buse en laiton, deux consommables qui impactent la constance des impressions. Le nivellement manuel du plateau reste aussi une contrainte quotidienne à intégrer dans votre routine de travail.