Ultimaker 2 d’occasion en 2024 : guide d’achat, réglages et alternatives
L’Ultimaker 2 reste une référence dans le monde de l’impression 3D de bureau, mais l’acheter en 2024 demande une approche différente de celle d’un achat neuf. Ce modèle, lancé en 2013, n’est plus produit, et la plupart des unités disponibles sur le marché de l’occasion ont déjà accumulé des centaines d’heures de fonctionnement. Avant de vous lancer, il faut évaluer l’état réel de la machine, la disponibilité des pièces détachées et les limites techniques qui peuvent influer sur vos projets.
Caractéristiques techniques de l’Ultimaker 2
L’Ultimaker 2 est une imprimante à cartésien ouvert, avec un volume d’impression de 223 × 223 × 205 mm. Sa résolution de couche annoncée va de 20 à 200 microns, ce qui la rend adaptée à des pièces de précision, à condition de bien régler les paramètres. La buse standard est de 0,4 mm, mais on peut la remplacer par des buses de 0,25, 0,6 ou 0,8 mm selon le besoin. Le plateau est en verre avec un revêtement spécial, offrant une bonne adhérence pour le PLA et l’ABS, mais il faut souvent appliquer une couche de ruban ou de laque pour les matériaux plus exigeants.
Moteurs et électronique
L’Ultimaker 2 utilise des moteurs pas à pas NEMA 17 avec des drivers qui fonctionnent en micro-pas de 1/16. La carte électronique est une version modifiée de la RAMPS, avec un firmware propriétaire. La précision mécanique est bonne, mais la machine n’a pas de capteur inductif de niveau de plateau d’origine ; le nivellement se fait manuellement avec une feuille de papier. Pour un utilisateur débutant, cela représente une courbe d’apprentissage, mais les utilisateurs expérimentés apprécient la simplicité du système.
Points forts et points faibles de l’Ultimaker 2
Comme tout équipement, l’Ultimaker 2 présente des avantages et des inconvénients qu’il faut connaître avant d’acheter.
Points forts
- Fiabilité mécanique : la structure en aluminium et les tiges lisses offrent une rigidité correcte, et la machine est réputée pour sa constance dans le temps.
- Écosystème de pièces détachées : de nombreux composants (buses, thermistances, courroies, ventilateurs) sont encore disponibles, soit chez des revendeurs spécialisés, soit en impression 3D pour les pièces plastiques.
- Qualité d’impression : avec un bon réglage, on obtient des couches régulières et une bonne définition des détails fins, surtout en PLA.
- Logiciel Cura : l’Ultimaker 2 est compatible avec Cura, un slicer gratuit et open source, ce qui facilite l’import de profils et le réglage fin.
Points faibles
- Pas d’enclos chauffé : l’impression de matériaux techniques comme l’ABS ou le nylon est plus difficile, avec un risque de gauchissement (warping) et de fissuration.
- Capteur de fin de filament absent : une panne de filament peut passer inaperçue et ruiner une impression longue.
- Écran et interface datés : l’écran LCD et la molette de navigation sont fonctionnels mais rudimentaires comparés aux écrans tactiles actuels.
- Maintenance régulière nécessaire : le plateau en verre doit être nettoyé et parfois remplacé, et les courroies doivent être tendues régulièrement.
État d’occasion : points de contrôle avant achat
Si vous achetez une Ultimaker 2 d’occasion, vérifiez systématiquement les éléments suivants :
- Buse et hotend : démontez la buse pour vérifier qu’elle n’est pas obstruée ou usée. Une buse d’origine est encore disponible, et son remplacement est simple.
- Courroies et poulies : testez le mouvement des axes X et Y à la main ; il doit être fluide sans à-coups. Des courroies détendues provoquent un ghosting sur les impressions.
- Plateau en verre : vérifiez qu’il est plan et sans fissures. Un plateau voilé est difficile à rattraper.
- Électronique et alimentation : faites un test d’auto-test ou un échauffement du plateau pour vérifier que la carte et l’alimentation fonctionnent.
- Historique d’utilisation : demandez le nombre d’heures d’impression si possible ; au-delà de 1000 heures, prévoyez un remplacement des roulements et des courroies.
Un point souvent négligé est la version du firmware. Certaines Ultimaker 2 ont été mises à jour vers le firmware Ultimaker 2+, qui ajoute un capteur de niveau de plateau (NFC) et une gestion améliorée des matériaux. Si la machine est en version de base, vous pouvez toujours installer un firmware alternatif comme Marlin, mais cela demande des compétences en électronique.
Prix et valeur actuelle
Le prix d’une Ultimaker 2 d’occasion varie généralement entre 300 et 600 euros, selon l’état et les accessoires inclus. Les modèles avec le pack “Ultimaker 2+” (qui ajoute le capteur NFC et un plateau amélioré) se négocient plus cher. Pour comparer, une imprimante neuve d’entrée de gamme comme l’Ender 3 coûte environ 200 euros, mais elle n’offre pas la même qualité de fabrication ni la même précision mécanique. L’Ultimaker 2 reste donc un bon choix pour un utilisateur qui veut une machine fiable sans investir dans un modèle récent haut de gamme, mais il faut être conscient que la technologie a évolué.
Alternatives à considérer
Si vous hésitez entre une Ultimaker 2 d’occasion et une machine plus récente, voici quelques pistes :
- Ultimaker 2+ : si vous trouvez une version “+” à un prix raisonnable, elle offre le capteur de niveau automatique et une meilleure compatibilité avec les matériaux.
- Ultimaker 3 : pour la double extrusion et un volume plus grand, mais le prix est nettement supérieur. Pour une analyse détaillée de la compatibilité, vous pouvez consulter notre test de la thermoformeuse Vaquform DT2 pour FabLab qui traite des équipements complémentaires en environnement de fabrication.
- Prusa i3 MK3S+ : une machine récente avec capteur de niveau automatique, enclos optionnel et une grande communauté. Elle est souvent plus polyvalente que l’Ultimaker 2 pour un budget similaire.
- Bambu Lab P1P : pour ceux qui veulent une machine rapide et moderne, mais le coût des consommables et la dépendance à l’écosystème peuvent être un frein.
Pour les utilisateurs qui souhaitent imprimer des matériaux techniques comme le FR ou l’ABS, il est essentiel de disposer d’une chambre chauffée. L’Ultimaker 2 n’en a pas, mais vous pouvez ajouter un enclos DIY (par exemple en plexiglas) pour améliorer la stabilité thermique. Pour les matériaux ignifugés, vous trouverez des conseils dans notre article sur le test du filament Vaquform EN 24 qui aborde la rigidité et les réglages d’impression.
Accessoires et consommables utiles
Pour tirer le meilleur de votre Ultimaker 2, prévoyez ces éléments :
- Buses de rechange : gardez une buse de 0,4 mm et une de 0,6 mm pour les impressions plus rapides.
- Ruban adhésif pour plateau : le ruban bleu 48 mm est très efficace pour le PLA, et il est abordable. Vous trouverez un guide pratique sur l’utilisation du ruban bleu dans notre article dédié.
- Alcool isopropylique : pour nettoyer le plateau en verre, utilisez de l’alcool isopropylique à 99,9 % ; il élimine les résidus de graisse sans laisser de traces.
- Filaments PLA et ABS : l’Ultimaker 2 fonctionne parfaitement avec du PLA de bonne qualité (par exemple eSUN ou Prusament). Pour l’ABS, il faut un enclos.
Réglages recommandés pour l’Ultimaker 2
Voici des paramètres de base qui fonctionnent bien avec l’Ultimaker 2, à adapter selon votre filament :
| Paramètre | PLA | ABS (avec enclos) |
|---|---|---|
| Température de buse | 200–210 °C | 230–240 °C |
| Température du plateau | 60 °C | 100 °C |
| Vitesse d’impression | 40–60 mm/s | 30–50 mm/s |
| Hauteur de couche | 0,1–0,2 mm | 0,2 mm |
| Ventilateur de refroidissement | 100 % après la première couche | Désactivé |
En pratique, commencez avec du PLA et une hauteur de couche de 0,2 mm pour valider le réglage du plateau. Une fois que les premières couches adhèrent correctement, vous pouvez descendre à 0,1 mm pour les pièces avec des détails fins. Pour l’ABS, ne tentez pas sans enclos : même avec un plateau à 100 °C, le gauchissement apparaît rapidement sur les grandes surfaces. Si vous prévoyez des impressions longues, investissez dans un capteur de fin de filament externe compatible, car l’absence d’origine reste le point le plus risqué sur cette machine.