Test de l’imprimante 3D FR24 : précision, matériaux et limites
Présentation et spécifications techniques de l'imprimante 3D FR24
Avec un volume d'impression de 300 x 300 x 400 mm et un extrudeur direct-drive qui accepte les matériaux flexibles, la FR24 vise clairement un usage professionnel de bureau. Son plateau en verre traité promet une adhérence uniforme de la première à la dernière couche. Mais c'est sur la stabilité thermique du bâti en aluminium coulé et la fréquence de changement de buse (0,4 mm par défaut) que nous avons concentré nos vérifications, sur 1200 heures de tests. Le nivellement manuel à trois vis affiche une précision de 0,05 mm, mais il faut le contrôler avant chaque impression critique.
Qualité d'impression et précision
Sur nos épreuves de précision géométrique (cube de 20 mm, pont de 50 mm), les écarts mesurés restent sous 0,1 mm sur X et Y, et sous 0,15 mm sur Z. La surface des couches prend un aspect satiné grâce au driver TMC2209 qui filtre les vibrations haute fréquence. En revanche, les surplombs prononcés (au-delà de 50°) exigent un support : le ventilateur de pièce d'origine ne fournit pas un flux suffisant pour certains filaments comme le PETG. Les pièces de test en PLA montrent une belle adhérence entre les couches, sans déformation, après un réglage fin de la température de buse (210°C) et du plateau (60°C).
Matériaux supportés et comportement
La FR24 accepte un large éventail de filaments : PLA, ABS, PETG, TPU, PC, Nylon, ainsi que des composites à base de bois et de carbone court. L'extrudeur direct-drive permet de passer souplement au TPU sans risque de bourrage, à condition de resserrer le rouleau presseur. Pour les matériaux techniques exigeant une température de buse élevée (au-delà de 280°C), la buse en laiton d'origine se dégrade rapidement ; nous recommandons de la remplacer par une buse en acier trempé compatible. Un point faible : la chambre de construction non fermée limite drastiquement l'impression en ABS, car les courants d'air provoquent un décollement des bords. Une enceinte optionnelle est en développement chez le constructeur. Lors de nos essais, nous avons utilisé le filament Ultimaker EN 57 dont les réglages optimaux sont décrits dans notre test détaillé.
Points forts et limitations
- Points forts : précision d'impression, polyvalence matériaux, extrudeur direct-drive fiable, logiciel slicer libre (Ultimaker Cura) bien configurable, coût d'acquisition compétitif face à une Ultimaker S5.
- Limitations : nécessité de calibrer manuellement le plateau avant chaque série longue, ventilateur de pièce sous-dimensionné, plateau non chauffant sur toute la surface (point froid en périphérie), documentation technique partiellement en anglais.
Public visé et recommandation
La FR24 convient aux ateliers de prototypage rapide et aux FabLabs cherchant une machine fiable pour la plupart des tâches. Les utilisateurs avancés peuvent expérimenter avec des matériaux exotiques, à condition de maîtriser les paramètres. Pour les débutants, la courbe d'apprentissage est raide ; nous conseillons un accompagnement par un pair. En termes de rentabilité, le coût total de possession sur deux ans (filament standard, buse de rechange, main-d'œuvre de réglage) reste inférieur de 30% à celui d'une Ultimaker S5. Un geste concret pour prolonger la durée de vie de la buse : après chaque impression en composite, effectuer un retrait à chaud (cold pull) avec du filament de nettoyage dédié.