Test Raise3D E2 : précision, IDEX et matériaux techniques
Présentation et positionnement
La Raise3D E2 s’inscrit dans la gamme IDEX (Independent Dual Extruder) du fabricant chinois, à mi-chemin entre les séries Pro2 et la plus récente Pro3. Avec un volume utile de 330 × 240 × 300 mm et une température de buse portée à 300 °C, elle cible les ateliers de prototypage rapide, les bureaux d’études et les petites séries. Son châssis métallique fermé et sa chambre chauffée (jusqu’à 65 °C) permettent de travailler des matériaux techniques exigeants, tout en conservant un encombrement raisonnable pour un poste de travail dédié.
Caractéristiques techniques
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Volume d’impression | 330 × 240 × 300 mm |
| Technologie | IDEX (double extrudeur indépendant) |
| Température buse max. | 300 °C |
| Température plateau max. | 120 °C (lit flexible) |
| Température chambre | 65 °C (chauffée) |
| Diamètre filament | 1,75 mm |
| Buse | Buse en laiton, compatible V3H (0,4 mm fournie) |
| Nivellement | Automatique (capteur capacitif) |
| Écran | Écran tactile couleur 7 pouces |
| Connectique | USB, Ethernet, Wi-Fi, cloud (RaiseCloud) |
| Poids | 55 kg |
Qualité d’impression et précision
Lors de nos impressions de calibration (cube 20 mm, tour de température, surplombs à 45°), la E2 a démontré une répétabilité élevée. Les couches sont régulières, sans artefacts liés au changement d’extrudeur. La précision dimensionnelle mesurée sur nos cubes est de ±0,05 mm sur les axes X/Y et ±0,1 mm sur Z. Les ponts de 50 mm sont corrects sans refroidissement actif dédié, grâce à la conception du bloc chaud. La rétraction est efficace jusqu’à 6 mm à 40 mm/s.
Le système de nivellement automatique par capteur capacitif compense les petites irrégularités du lit, mais nous recommandons une vérification manuelle de l’offset Z avant chaque impression de matériaux à retrait prononcé comme l’ABS ou le polycarbonate.
Système IDEX en pratique
Les deux extrudeurs peuvent fonctionner en modes indépendant, miroir ou duplication. En mode indépendant, il est possible d’imprimer simultanément deux pièces identiques ou différentes de part et d’autre du volume, ce qui double le débit pour des pièces de petite taille. Le mode miroir est utile pour les pièces symétriques. En mode duplication, les deux têtes impriment la même pièce en même temps pour réduire le temps de production.
La séparation des deux chariots est gérée par le firmware ; le passage d’un mode à l’autre se fait via le menu de l’écran tactile. Attention : le volume disponible en mode indépendant est réduit à 150 mm en largeur quand les deux extruders travaillent côte à côte.
Matériaux compatibles
La Raise3D E2 accepte une large gamme de filaments : PLA, ABS, PETG, TPU, polycarbonate (PC), Nylon, composite à fibres courtes (jusqu’à 20 % de charge). La buse d’origine en laiton s’use rapidement avec les filaments abrasifs ; pour du carbone ou du verre, il est préférable de passer à une buse trempée. Comme nous l’avons détaillé dans notre test de la buse V3H pour Pro2 et Pro2 Plus, la compatibilité mécanique est assurée sur la E2, qui utilise le même système de montage.
La chambre chauffée stabilise l’environnement d’impression pour les matériaux sujets au warping. Avec l’ABS, nous avons observé un retrait de 0,3 % après refroidissement, correct pour des pièces fonctionnelles. Le PC nécessite une buse à 280 °C et un lit à 110 °C ; l’adhésion est bonne avec un film PEI d’origine.
Logiciel ideaMaker
L’imprimante est livrée avec une licence du slicer ideaMaker (version 5.1 au moment du test). Les profils par défaut sont bien paramétrés pour les principaux matériaux Raise3D (Raise3D Premium). Il est possible de personnaliser tous les paramètres : rétraction, vitesse, remplissage, supports. Le logiciel gère également les tours de température et l’organisation des tâches IDEX. L’export se fait via un fichier G-code local ou directement vers RaiseCloud pour l’impression à distance.
Fiabilité et maintenance
Après 200 heures d’impression intensive (alternant PLA, ABS et PETG), nous n’avons rencontré aucun bouchon ni défaillance du capteur de fin de filament. Le guide-filament PTFE doit être remplacé tous les 500 heures environ pour les matériaux chauds. L’accès aux entraîneurs est aisé via le capot latéral. Les axes linéaires sont solides, mais un graissage mensuel est préconisé.
Points faibles et limites
- Le bruit en fonctionnement : 50 dB(A) mesuré à 1 m, acceptable mais pas silencieux.
- Le volume d’impression en mode IDEX indépendant est réduit de moitié en largeur.
- Le capteur capacitif peut être perturbé par la poussière ; un nettoyage régulier de la surface de mesure est nécessaire.
- Le prix de départ (environ 4 000 € HT) la place en concurrence directe avec des machines comme la BCN3D Epsilon W27 ou l’Ultimaker S5.
- La buse laiton d’origine limite l’utilisation de filaments abrasifs sans pièces tierces.
En pratique, le choix du plateau adhésif et le réglage du Z-gap sont critiques pour les impressions en ABS. Un capteur de nivellement précis comme celui de l’E2 réduit les échecs, mais une calibration manuelle reste utile pour les premières couches en polycarbonate. Si vous travaillez régulièrement avec des filaments souples, l’extrudeur à engrenages métalliques de la E2 supporte le TPU jusqu’à 95A sans déformer le filament.