Ultimaker 3 d’occasion : test, caractéristiques et points de vigilance
L'Ultimaker 3 a beau ne plus être produit, il reste une valeur sûre sur le marché des imprimantes 3D professionnelles de bureau. Sa double extrusion, son plateau en verre chauffant et la reconnaissance NFC des bobines en font un outil fiable pour les ateliers et les laboratoires qui veulent une machine polyvalente sans passer aux gammes S5 ou S7. Avant de vous décider pour un modèle d'occasion ou un lot, il vaut la peine d'examiner ses caractéristiques réelles et les contraintes qui vont avec.
Caractéristiques techniques de l'Ultimaker 3
Le volume de construction est de 215 × 215 × 200 mm. C'est modeste comparé aux modèles IDEX actuels, mais cela suffit pour la plupart des pièces fonctionnelles et des prototypes. La tête d'impression double accepte les noyaux AA (matériaux standard) et BB (matériaux techniques et supports solubles). Le plateau en verre avec revêtement adhésif assure une bonne adhérence des premières couches, à condition d'être correctement entretenu.
| Spécification | Valeur |
|---|---|
| Volume d'impression | 215 × 215 × 200 mm |
| Nombre d'extrudeuses | 2 (noyaux AA et BB) |
| Température maximale de la buse | 280 °C (AA), 240 °C (BB) |
| Température du plateau | 20 – 140 °C |
| Épaisseur de couche | 20 – 200 microns |
| Diamètre du filament | 2,85 mm |
| Matériaux supportés | PLA, ABS, CPE, PC, Nylon, PVA, Breakaway |
| Mise à niveau du plateau | Active (capteur de pression) |
| Écran | Écran tactile couleur 3,5 pouces |
| Poids | 15,3 kg |
L'Ultimaker 3 utilise Cura, un logiciel gratuit et open source, avec des profils préconfigurés pour chaque matériau officiel. La reconnaissance NFC des bobines Ultimaker charge automatiquement les paramètres recommandés, mais elle ne fonctionne qu'avec les filaments de la marque. Pour les bobines tierces, il faut désactiver cette fonction et régler les températures à la main.

Qualité d'impression et fiabilité
La rigidité du châssis et la précision des axes (pas de 0,02 mm) offrent une répétabilité élevée. Les tests montrent que les pièces en PLA et en CPE présentent une finition de surface homogène, sans artéfacts visibles à 100 microns. La double extrusion permet de réaliser des supports solubles en PVA ou Breakaway, ce qui facilite le nettoyage des géométries complexes. En revanche, l'absence d'enceinte fermée limite l'utilisation de matériaux comme le PC ou le Nylon, qui demandent une température ambiante stable et peu de courant d'air.
Un point souvent sous-estimé est l'usure des noyaux d'impression. Les buses en laiton des noyaux AA s'usent rapidement avec des filaments chargés (carbone, verre). Il est conseillé de les remplacer après 200 à 300 heures d'impression de matériaux abrasifs. Les noyaux BB, avec leur buse plus longue en acier trempé, sont plus résistants mais coûtent environ 50 € pièce.
Accessoires et améliorations recommandés
Pour optimiser l'adhérence au plateau, le remplacement du feutre adhésif d'origine par une feuille PEI ou BuildTak est une modification courante. Notre test des feuilles d'adhérence Ultimaker 2/3 montre que le PEI offre une meilleure tenue pour le PLA et le CPE, tandis que le BuildTak est plus adapté à l'ABS et au PC. L'installation est simple : il suffit de découper la feuille aux dimensions du plateau (215 × 215 mm) et de la fixer sans bulles.
L'ajout d'un système de filtration comme l'Air Manager (compatible avec l'Ultimaker 3 via un kit d'adaptation) réduit les odeurs et les particules fines lors de l'impression de matériaux techniques. Ce n'est pas indispensable pour un usage occasionnel, mais devient pertinent dans un espace de travail partagé.
Limites et points de vigilance
- Bruit : Les ventilateurs de refroidissement et les moteurs pas à pas produisent un niveau sonore d'environ 50 dB, ce qui peut être gênant dans un bureau ouvert.
- Volume d'impression : 215 mm en X et Y limite la réalisation de pièces de grande taille. Pour des objets plus larges, il faut segmenter l'impression ou opter pour une Ultimaker S5.
- Compatibilité des filaments : L'utilisation de bobines non Ultimaker peut entraîner des problèmes de détection NFC et de paramètres de température. Il est préférable de choisir des filaments de diamètre 2,85 mm avec une tolérance de ±0,05 mm.
- Maintenance : Le remplacement des noyaux d'impression et du plateau en verre nécessite un tournevis Torx et un peu de dextérité. Les pièces détachées sont encore disponibles chez les revendeurs agréés, mais les stocks diminuent.

Quels matériaux privilégier ?
L'Ultimaker 3 excelle avec les filaments de la marque, mais accepte aussi des alternatives de qualité. Le PLA reste le plus facile à imprimer : pas de déformation, bonne adhérence, aucune odeur. Pour des pièces mécaniques, le CPE (copolyester) offre une meilleure résistance à la traction et une température de service jusqu'à 70 °C. Le filament Ultimaker CPE 750 g est un bon point de départ : il se comporte de manière stable sur l'Ultimaker 3 sans nécessiter de modifications. Pour les utilisateurs avancés, le PC (polycarbonate) permet d'atteindre une résistance thermique de 110 °C, mais il exige une température de buse de 270 °C et une enceinte à au moins 50 °C, ce que l'Ultimaker 3 ne fournit pas sans accessoire externe.
Comparaison avec les modèles récents
L'Ultimaker S3 (2019) reprend le même volume d'impression mais ajoute un plateau flexible, un écran plus grand et une meilleure gestion des flux d'air. L'Ultimaker S5 double le volume (330 × 240 × 300 mm) et intègre une enceinte fermée avec filtration. Si votre budget le permet, ces modèles offrent une meilleure expérience utilisateur et une maintenance simplifiée. Néanmoins, l'Ultimaker 3 reste une option économique sur le marché de l'occasion, avec une qualité d'impression toujours compétitive pour les plastiques standards.
Avant d'acheter un Ultimaker 3 d'occasion, vérifiez l'état des noyaux d'impression, l'absence de jeu dans les axes, et l'usure du plateau en verre. Un test d'impression d'un cube de calibration (20 × 20 × 20 mm) en PLA à 0,2 mm de couche permet de détecter un désalignement de l'axe Z ou une variation de température de la buse. Si la pièce mesure 20,00 ± 0,10 mm dans les trois dimensions et que les premières couches sont uniformes, la machine est en bon état de fonctionnement.