BCN3D Epsilon W50 : test de l’imprimante 3D IDEX pour ateliers
Le BCN3D Epsilon W50 se distingue par son système IDEX (Independent Dual EXtruder) qui permet d'imprimer deux pièces simultanément ou d'utiliser un support soluble. Cette architecture, rare sur les machines de ce calibre, en fait un outil polyvalent pour les ateliers cherchant à maximiser leur productivité sans multiplier les postes de travail.
Architecture et volume de travail
L'Epsilon W50 propose un volume d'impression généreux, adapté à la fabrication de pièces fonctionnelles ou de prototypes de taille moyenne. La zone utile atteint environ 500 mm en largeur, 300 mm en profondeur et 200 mm en hauteur – des dimensions qui autorisent des assemblages monoblocs ou des séries de plusieurs petites pièces en une seule opération. Le châssis fermé avec porte frontale assure une stabilisation thermique indispensable pour les matériaux techniques comme le polycarbonate ou les composites.
Double extrusion indépendante : atouts et contraintes
Le mode miroir, le mode duplication et le mode support soluble sont les trois principales options offertes par l’IDEX. Le mode miroir est particulièrement efficace pour produire deux pièces symétriques en une seule session. Le mode duplication double le débit pour les pièces identiques. Enfin, l’emploi d’un filament soluble (PVA ou BVOH) sur la seconde buse simplifie le post-traitement de géométries complexes.
Cependant, la présence de deux têtes mobiles réduit la surface disponible sur le plateau en mode indépendant : chaque tête ne peut occuper qu’une moitié de la zone. De plus, le réglage du nivellement doit être particulièrement précis pour éviter les collisions entre chariots. BCN3D intègre un capteur capacitif de nivellement automatique, mais certains utilisateurs rapportent une recalibration nécessaire après un transport ou un choc mécanique.
Matériaux supportés et paramètres d’impression
L’Epsilon W50 accepte une large gamme de filaments : PLA, PETG, ABS, ASA, polycarbonate, TPU (jusqu’à une certaine dureté), ainsi que des matériaux composites à base de fibre de carbone ou de verre. La buse en alliage trempé permet d’imprimer des filaments abrasifs sans usure prématurée. La température maximale de la buse atteint 300 °C, celle du plateau 120 °C. Ces valeurs conviennent à la plupart des thermoplastiques techniques, à l’exception de ceux nécessitant plus de 320 °C ou un plateau chauffé à plus de 130 °C.
- Vitesse d’impression recommandée : 40–80 mm/s en modes standard
- Rétraction : réglage fin nécessaire, surtout en mode IDEX pour éviter les stringings
- Plateau : verre trempé avec adhésif amovible (adhésion correcte pour PLA et PETG, nécessite souvent de la laque pour l’ABS)
Fiabilité et durée de vie
Les guides linéaires renforcés et les courroies larges confèrent à la machine une rigidité appréciable. Les tensions de courroie peuvent être vérifiées via le logiciel propriétaire BCN3D (Basket), mais la conception ne permet pas de les ajuster sans démonter le carter. Le firmware est open source, une bonne nouvelle pour les utilisateurs avancés souhaitant personnaliser les paramètres. En conditions d'atelier, les capteurs de fin de filament et le détecteur de bourrage intégrés limitent les gaspillages.
Entretien et maintenance
Le changement de buse se fait par un bloc chauffant standard à vis, compatible avec des buses tierces. Les ventilateurs radiaux sont facilement accessibles pour le nettoyage. En revanche, le remplacement du tube PTFE dans la zone de transition nécessite de démonter une partie du hotend, une opération un peu plus longue que sur des systèmes tout-en-un. La maintenance préventive consiste à lubrifier les tiges lisses et vérifier le jeu des galets sous le plateau.
Points faibles identifiés
Malgré une conception globalement robuste, quelques limites ressortent des retours d’utilisateurs :
- Le capteur de nivellement capacitif peut être perturbé par des résidus d’impression sur le plateau ; un nettoyage régulier est nécessaire.
- L’interface tactile, réactive, manque parfois de profondeur dans les menus pour ajuster rapidement certains paramètres avancés (réglage de la tension de courroie, pas à pas du moteur).
- L’absence de boîtier Wi‑Fi embarqué oblige à utiliser un câble USB ou une carte SD pour le transfert des fichiers ; une connexion réseau via Raspberry Pi peut être ajoutée par l’utilisateur.
- Le prix de la machine (autour de 2 500 € TTC en configuration de base) la positionne en milieu de gamme, face à des concurrents offrant des volumes comparables en simple extrudeur pour un coût inférieur.
Scénarios d’utilisation typiques
L’Epsilon W50 convient particulièrement aux bureaux d’études et aux petites séries de pièces techniques. La fonction IDEX permet par exemple de produire deux prototypes identiques en une heure au lieu de deux, ou d’intégrer des supports solubles sur des pièces à géométries internes complexes. En revanche, pour un usage purement éducatif avec uniquement du PLA, une machine plus simple serait plus économique.
En pratique, le calibrage automatique de l'Epsilon W50 permet de gagner du temps, mais certains utilisateurs rapportent des variations de nivellement après transport ; une routine de vérification manuelle reste recommandée avant chaque série de production.