EN 96 : test du logiciel de traitement de scans 3D
Le logiciel EN 96 fait partie des solutions souvent préinstallées sur les postes de travail dédiés à la numérisation 3D par lumière structurée. Contrairement aux outils grand public, il intègre des algorithmes de recalage automatique et de filtrage de bruit qui réduisent le temps de post-traitement. Sa prise en main est rapide pour un opérateur familier des environnements CAO, mais les novices doivent prévoir une courte phase d’apprentissage sur le séquencement des étapes de traitement.
Spécifications techniques et configuration requise
EN 96 fonctionne sous Windows 10 et 11 en version 64 bits. La configuration minimale recommandée comprend un processeur Intel Core i7 de 11e génération ou équivalent, 16 Go de RAM et une carte graphique NVIDIA GeForce GTX 1660 avec 6 Go de VRAM. Pour les projets comportant plus de 50 millions de points, 32 Go de RAM sont fortement conseillés. Le logiciel occupe environ 4 Go d’espace disque, mais les fichiers de projet temporaires peuvent nécessiter 20 Go supplémentaires lors des opérations de fusion de maillage.
| Composant | Configuration minimale | Recommandée |
|---|---|---|
| Processeur | Intel Core i5 (10e gén.) | Intel Core i7 (11e gén.) |
| RAM | 16 Go | 32 Go |
| Carte graphique | GTX 1650 4 Go | GTX 1660 6 Go ou sup. |
| Espace disque | 10 Go | 30 Go (SSD) |
| Système d’exploitation | Windows 10 64 bits | Windows 11 64 bits |
Un écran Full HD est suffisant, mais un moniteur 4K améliore le confort lors de l’inspection des détails fins du nuage de points.

Fonctionnalités principales
Le traitement des données scannées repose sur plusieurs modules accessibles dans un même espace de travail :
- Import et recalage : prise en charge des formats PLY, OBJ, STL, ASC, TXT. Le recalage automatique aligne les vues successives avec une précision annoncée de 0,02 mm pour des marqueurs réfléchissants.
- Filtrage et écrêtage : outils de suppression des points parasites (bruit) et de découpe par région d’intérêt. Le filtre de bruit médian est paramétrable en intensité.
- Maillage : génération de surface par triangulation de Poisson ou reconstruction implicite. L’utilisateur contrôle la densité de triangles et peut appliquer un lissage localisé.
- Alignement et fusion : combinaison de plusieurs scans via points de repère manuels ou automatiques. Le logiciel propose un calcul de meilleur ajustement (ICP) avec feedback visuel du résidu.
- Export : fichiers compatibles avec les trancheurs d’impression 3D courants (Cura, PrusaSlicer) et les logiciels de CAO (SolidWorks, Fusion 360, Rhinoceros).
Compatibilité avec le matériel
EN 96 a été testé sur les gammes de scanners Einscan, Shining 3D et Creaform, mais son format ouvert permet de l’utiliser avec tout capteur produisant un nuage de points non organisé. Il ne gère pas nativement les données de scanners à balayage laser (format .pts propriétaire) sans convertisseur tiers. Pour les imprimantes 3D, les fichiers exportés en STL ou OBJ passent sans modification dans les slicers standards ; aucun plugin dédié n’est nécessaire.
Du côté de la sortie, l’export en .3mf est disponible depuis la version 3.2, ce qui facilite l’impression multi-matériaux sur des machines comme l’Ultimaker S5 ou la Zortrax M300 Dual. Toutefois, l’utilisateur doit vérifier la norme des unités (millimètres par défaut) avant de transférer le fichier vers un trancheur.

Avantages et limites
Points forts :
- Interface épurée, courbe d’apprentissage modérée pour les professionnels de la CAO
- Recalage automatique efficace avec marqueurs codés
- Export direct vers les formats de fabrication additive les plus répandus
- Gestion des très gros nuages (100 M+ points) fluide avec la configuration recommandée
Points faibles :
- Absence d’outils de modélisation avancée (sculpture, retopologie automatique)
- Pas de version macOS ni Linux
- Prix de licence élevé pour une utilisation ponctuelle (abonnement annuel obligatoire)
- Le support des formats de scanners concurrents peut nécessiter des plug-ins payants
Cas d’usage idéaux
EN 96 s’adresse en priorité aux bureaux d’études qui réalisent du contrôle dimensionnel par scan, aux ateliers de prototypage qui numérisent des pièces existantes pour les reproduire ou les modifier, et aux laboratoires de recherche qui ont besoin d’une solution robuste pour le traitement de données volumineuses. Il n’est en revanche pas conçu pour le scan artistique (sculpture, figurines) où la retopologie et la texture UV sont essentielles.
Premiers pas avec EN 96
Après installation, le logiciel propose un assistant de configuration du scanner : calibrage, choix du mode de scan (haute résolution, rapide, macro) et réglage de la luminosité du projecteur. Pour un premier projet, importez trois scans d’un objet simple (un cube de référence) et lancez le recalage automatique. Observez la carte des résidus : si elle dépasse 0,1 mm, vérifiez l’état des marqueurs ou la stabilité du trépied. Cette approche systématique évite de devoir tout recommencer en fin de chaîne.
Avant de déployer EN 96 sur plusieurs postes, vérifiez la licence réseau : la version actuelle limite le nombre d’installations simultanées à trois machines sous la même clé. Au-delà, une licence flottante est facturée séparément.