EN 65 sur Ultimaker : test technique, paramètres et limites
Contrairement aux filaments PLA ou PETG, le matériau EN 65 nécessite une température de buse comprise entre 265 °C et 285 °C selon l’épaisseur de couche, ce qui impose un hotend entièrement métallique sur les imprimantes Ultimaker S5, S3 ou Ultimaker 2+ équipées du kit d’extension. Dès les premières couches, la différence de comportement est nette : le filament est rigide à froid mais devient rapidement visqueux au-delà de 260 °C, ce qui exige un refroidissement minimal et une plateforme chauffée à 110 °C.
Composition et propriétés attendues
L’EN 65 se présente comme un copolyester ou alliage à base de polycarbonate, conçu pour offrir une résistance thermique supérieure (Tg voisine de 150 °C) et une bonne ténacité. Les fiches techniques disponibles indiquent une résistance à la traction d’environ 65 MPa, avec un module d’élasticité de l’ordre de 2 200 MPa. Ces valeurs le placent entre un ABS renforcé et un polycarbonate pur, mais avec un retrait plus maîtrisé lors du refroidissement.
Paramètres d’impression recommandés
- Température de buse : 270 °C (valeur de base) ; ajuster par pas de 5 °C pour améliorer la liaison entre couches
- Température du plateau : 110 °C – utiliser une feuille de PEI ou BuildTak
- Vitesse d’impression : 40–60 mm/s ; réduire à 30 mm/s pour les première couche
- Refroidissement : ventilo à 0 % pendant les 3 premières couches, puis 20–30 % maximum
- Chambre chauffée : recommandée (60–70 °C) ; indispensable pour les pièces de plus de 10 cm
- Adhérence : brim de 8–10 mm avec distance de séparation de 0,1 mm
Compatibilité avec les imprimantes Ultimaker
Tous les modèles de la série S (S3, S5, S7) peuvent théoriquement atteindre les températures nécessaires grâce à leurs hotends en métal et à leur chambre fermée. Les Ultimaker 2+ d’origine, équipés d’un hotend PTFE, doivent recevoir le kit d’extension « Olsson Block » ou un remplacement par un bloc tout-métal pour éviter la dégradation prématurée du tube. Le capteur de filament en bout de buse (série S) ne pose pas de problème tant que la température reste sous 290 °C.

Points forts et limites
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Résistance thermique jusqu’à 140 °C | Nécessite un hotend tout-métal |
| Faible retrait comparé au PC pur | Enceinte chauffée quasi obligatoire |
| Bonne adhérence intercouche | Refroidissement très limité : risque de filandre sur les surplombs |
| Surface mate facile à poncer | Prix plus élevé qu’un CPE ou ABS standard |
Comparaison avec d’autres filaments du catalogue
Face à un ABS de bureau, l’EN 65 offre une meilleure résistance au fluage et une tenue en température supérieure de 30 °C environ. Par rapport au CPE Ultimaker, il se montre plus rigide et moins sujet au warping, mais il exige un respect plus strict des paramètres de chauffe. Pour des pièces mécaniques soumises à des charges modérées (gabarits, supports de montage, prototypes fonctionnels), l’EN 65 constitue un bon compromis entre facilité d’impression et performance.
Conseil pratique pour l’impression de grandes surfaces
Pour éviter le décollement sur les pièces dont la surface dépasse 100 cm², appliquez un stick de colle PVA sur le plateau préchauffé à 110 °C, puis lancez l’impression avec un brim de 12 mm. Si votre Ultimaker ne dispose pas d’une enceinte fermée, placez un carton rigide retourné sur la machine pour maintenir une température ambiante stable autour de 50 °C – l’expérience montre que le taux de déformation diminue alors de 80 %.