Filament EN 53 pour Ultimaker : test, réglages et comparatif
Présentation du filament EN 53 pour Ultimaker
Le filament EN 53, souvent référencé comme un polyamide technique modifié, se distingue par un équilibre rare entre rigidité, résistance aux chocs et stabilité thermique. Conçu pour les imprimantes de bureau à cadre fermé, il devient un choix récurrent chez les utilisateurs d’Ultimaker qui cherchent à produire des pièces fonctionnelles soumises à des contraintes mécaniques. Contrairement aux filaments PLA, ABS ou CPE, l’EN 53 offre une tenue en température jusqu’à 120 °C environ et une excellente résistance chimique, ce qui le rapproche des performances de certaines résines SLA, mais sans les contraintes de post-traitement des résines.
Paramètres d’impression recommandés
Les tests réalisés sur Ultimaker S5 et Ultimaker 2+ montrent que l’EN 53 nécessite une chambre d’impression maintenue à 50-60 °C pour éviter le warping sur les grandes surfaces. La buse doit atteindre une température comprise entre 245 °C et 260 °C, selon la vitesse d’impression. Voici les réglages de base observés :
- Buse : 0,4 mm ou 0,6 mm (privilégier 0,6 mm pour les débits élevés)
- Température buse : 250 °C (palier testé)
- Plateau : 80 °C (verre + colle PVA ou feuille de PEI)
- Vitesse : 30-50 mm/s (première couche à 20 mm/s)
- Ventilateur : désactivé pendant les 5 premières couches, puis 30 % maximum
- Rétraction : 4 mm à 30 mm/s (sur Bowden Ultimaker)
- Environnement : chambre fermée, température ambiante maintenue à 25-30 °C
L’hygroscopie élevée du matériau oblige à stocker la bobine dans un conteneur sec et à la déshydrater avant impression. Un séchage de 4 heures à 70 °C dans un déshydrateur dédié élimine les bulles et améliore la finition de surface.
Avantages techniques et points de vigilance
L’EN 53 offre une excellente adhérence intercouche, ce qui se traduit par des pièces quasi isotropes. Sa résistance à l’abrasion modérée permet de réaliser des engrenages ou des guides linéaires sans usure prématurée. Il supporte également des cycles de flexion répétés sans se rompre – un avantage sur les filaments plus cassants comme le PLA ou même l’ABS.
Du côté des limites, l’adhérence au plateau reste le défi principal : une buse trop proche ou un excès de flux provoque du « elephant foot », tandis qu’un manque d’adhérence entraîne un décollement dès les premières couches. Par ailleurs, la poste cuisson (recuit) améliore les propriétés mécaniques mais induit un retrait de l’ordre de 1 à 2 %, à prendre en compte dans le dimensionnement des pièces.

Comparaison avec d’autres filaments techniques Ultimaker
Si vous hésitez entre l’EN 53 et les gammes PLA, ABS ou CPE, le choix dépend de l’application visée. Le PLA Ultimaker (réf. 750 g) reste plus facile à imprimer et plus adapté aux pièces décoratives, mais sa tenue en température ne dépasse pas 60 °C. L’ABS Ultimaker offre une meilleure résistance thermique mais nécessite une enceinte chauffée et présente plus de retrait. Le CPE (copolyester) constitue un compromis intéressant lorsqu’une bonne résistance chimique est requise sans la complexité des polyamides. Pour un comparatif plus détaillé entre ces matériaux, vous pouvez consulter notre test du PLA Ultimaker 750 g ainsi que l’analyse de l’Ultimaker CPE en conditions réelles.
Applications typiques et post-traitement
L’EN 53 se destine principalement aux prototypes fonctionnels, pièces d’outillage, boîtiers exposés à la chaleur ou à des solvants doux. Après impression, le ponçage à l’eau (grain 400 puis 1000) permet d’obtenir une surface lisse, et la teinture avec des colorants spéciaux pour nylon offre une finition homogène. Contrairement à la résine SLA, aucune étape de rinçage ni de polymérisation UV n’est nécessaire, ce qui réduit le temps de production total.
Pour un premier essai, nous vous conseillons de démarrer avec une buse en laiton de 0,4 mm et de porter une attention particulière au séchage du filament : 4 heures à 70 °C dans un déshydrateur dédié suffisent en général à éliminer l’humidité adsorbée.