EN 47 Wood : test et réglages du filament PLA bois
Le filament EN 47 Wood contient environ 30 % de fibres de bois mélangées à une base de PLA. Cette proportion influence directement la température d’extrusion, la rétraction et la finition des pièces. Contrairement à un PLA standard, la charge ligneuse modifie le comportement thermique et mécanique du matériau, ce qui impose des réglages spécifiques pour éviter les défauts d’impression.
Composition et caractéristiques techniques
Le EN 47 Wood utilise une matrice PLA chargée de particules de bois (souvent du pin ou du hêtre). Le diamètre nominal est de 1,75 mm avec une tolérance de ±0,05 mm. La densité du filament est légèrement inférieure à celle d’un PLA pur (environ 1,2 g/cm³ contre 1,24 g/cm³), ce qui se traduit par des pièces un peu plus légères. La température de transition vitreuse (Tg) reste proche de 60 °C, mais la charge ligneuse abaisse la température de fusion apparente.
Le filament dégage une odeur de bois chaud pendant l’impression, sans composés toxiques notables, mais une ventilation reste conseillée. L’absorption d’humidité est plus élevée que pour un PLA standard : les fibres de bois sont hygroscopiques, ce qui rend le séchage préalable indispensable (2 h à 55 °C dans un déshydrateur).

Paramètres d’impression recommandés
Les essais pratiques montrent que le EN 47 Wood demande une plage de températures plus étroite que les filaments PLA classiques. Une buse en laiton standard s’use rapidement à cause de l’abrasivité des fibres ; il est préférable d’utiliser une buse trempée (acier ou rubis) dès le départ. Voici les réglages optimaux relevés sur différentes machines à cadre ouvert (type Prusa i3, Ender 3) :
- Température de la buse : 200–220 °C (idéal 210 °C)
- Température du plateau : 50–60 °C (avec adhésif type ruban de masquage ou colle PVA)
- Vitesse d’impression : 30–50 mm/s (réduire à 20 mm/s pour les premières couches)
- Rétraction : 3–5 mm à 30 mm/s (réduire au minimum pour éviter les bouchons)
- Diamètre de buse minimal : 0,5 mm (0,4 mm possible mais risque d’obstruction)
- Refroidissement : ventilateur à 30–50 % après la première couche (trop de refroidissement fragilise les ponts)
L’adhésion au plateau est bonne avec un ruban de masquage bleu, comme celui testé dans notre évaluation du ruban bleu 48 mm en impression 3D. Sans adhésif, les pièces fines peuvent se décoller sur des surfaces en verre nu.
Qualité de surface et rendu bois
Le principal atout du EN 47 Wood est son aspect naturel : les couches successives créent un effet de grain, surtout si l’on varie la température de ±5 °C pendant l’impression. La surface brute est légèrement rugueuse au toucher, comparable à du bois non poncé. Le post-traitement par ponçage (grain 180 à 400) fait disparaître les stries et affine le rendu. Le matériau accepte les teintures et vernis à bois classiques, ce qui permet de personnaliser la couleur finale.
À la différence d’un PLA classique, comme celui analysé dans notre comparatif technique du PLA Ultimaker 750 g face à la résine SLA, le EN 47 Wood exige une buse d’au moins 0,5 mm pour éviter les obstructions. Les pièces en bois filament sont aussi plus cassantes : la charge ligneuse réduit l’allongement à la rupture (environ 3 % contre 6 % pour un PLA pur).
Limites et précautions
Abrasivité et usure de la buse
Les fibres de bois agissent comme un abrasif doux. Une buse en laiton standard peut voir son diamètre augmenter de 0,05 mm après 200 g de filament, ce qui dégrade la précision dimensionnelle. L’utilisation d’une buse en acier trempé est fortement recommandée dès le premier rouleau.
Sensibilité à l’humidité
Le filament absorbe l’humidité ambiante en quelques heures si la bobine n’est pas stockée dans un contenant sec. L’impression avec du filament humide provoque des boursouflures, un filage excessif et une adhérence réduite entre les couches. Un séchage préalable de 4 h à 50 °C restaure en partie les propriétés.
Résistance mécanique réduite
Les pièces en EN 47 Wood ne conviennent pas pour des applications structurelles sous contrainte : la charge ligneuse fragilise le matériau, surtout dans le sens de l’impression. Les pièces se fissurent plus facilement sous un effort de flexion. Pour des pièces fonctionnelles, mieux vaut se tourner vers des filaments techniques comme le Z-UltraT ou des résines SLA.
Comparaison avec d’autres filaments bois
Sur le marché, on trouve des filaments bois chez ColorFabb (WoodFill), eSUN (Wood PLA) ou Formfutura (EasyWood). Le EN 47 Wood se situe dans la même gamme de prix (25–30 €/kg) et offre un rendu similaire. Sa particularité est une tolérance de diamètre plus serrée que la moyenne, ce qui améliore la régularité du débit sur les imprimantes à entraînement direct. En revanche, son odeur est plus prononcée que celle du ColorFabb WoodFill, qui utilise une base PLA plus raffinée.

Recommandations pratiques
Le EN 47 Wood est un filament de niche idéal pour les objets décoratifs, les figurines, les prototypes d’ameublement ou les maquettes. Il faut accepter ses limitations mécaniques et l’usure accélérée de la buse. Pour un premier essai, réglez la température à 210 °C, réduisez la vitesse à 40 mm/s et vérifiez que votre buse en laiton n’est pas usée après quelques bobines.