Test du scanner 3D Einscan SP : précision, limites et cas d’usage
Le scanner 3D Einscan SP de Shining 3D repose sur un plateau tournant motorisé, une approche simple mais efficace pour numériser des objets compacts (jusqu'à 200 × 200 × 200 mm) avec une précision annoncée de 0,05 mm. Contrairement au modèle Pro, il n'embarque ni bras articulé ni capteur couleur : c'est un appareil de bureau conçu pour le scan automatique d'une seule face à la fois, l'objet étant retourné manuellement pour couvrir toutes les faces.
Principe de fonctionnement et capteur à lumière structurée
L'Einscan SP utilise une technologie de lumière structurée à double caméra. Deux capteurs CMOS 1,3 Mpx capturent simultanément les motifs projetés par un projecteur LED blanc. Le logiciel ExScan Pro (fourni) reconstruit le nuage de points en temps réel. Le plateau tournant effectue une rotation complète par pas définis par l'utilisateur (8, 16 ou 32 pas). Chaque série de scans automatiques génère un alignement grossier ; l'utilisateur doit repositionner l'objet (retournement à 180°, inclinaison) pour obtenir un modèle 3D complet.
La distance de travail recommandée est de 470 mm, avec une profondeur de champ d'environ 200 mm. Ce paramètre limite la hauteur des objets à environ 200 mm si l'on souhaite conserver une netteté optimale. Le scanner peut capturer des détails fins jusqu'à 0,1 mm de résolution spatiale, ce qui le rend adapté à des pièces mécaniques de précision, des bijoux, des pièces dentaires ou des petites sculptures.
Spécifications techniques et performances mesurées
| Paramètre | Valeur constructeur | Observations |
|---|---|---|
| Précision ponctuelle | ≤ 0,05 mm | Vérifiée en laboratoire sur une bille de référence ; obtenue après calibrage manuel. |
| Résolution spatiale | 0,1 mm | Bonne pour des arêtes vives, mais les surfaces très réfléchissantes nécessitent un spray de contraste. |
| Temps de scan moyen (un seul côté) | ~2 minutes | Configurable selon le nombre de pas ; 8 pas donnent ~1 min mais perte de détails. |
| Format de sortie | STL, OBJ, PLY, ASC | STL privilégié pour l'impression 3D ; OBJ conservé si texture. |
| Connectique | USB 3.0 (compatible 2.0) | Nécessite un PC avec Windows 7/10/11 et carte graphique NVIDIA (au moins GT 640). |
En pratique, le temps total de numérisation d'une pièce (avec retournements) varie de 10 à 30 minutes selon le nombre de passes et la complexité des formes. L'alignement automatique des différentes passes fonctionne bien quand la géométrie offre des aspérités ; sur une pièce symétrique ou lisse, un raccord manuel est parfois indispensable.
Logiciel ExScan Pro et post-traitement
Le logiciel ExScan Pro est commun à plusieurs scanners de la marque. Il propose un mode « Scan automatique » (plateau tournant seul) et un mode « Scan manuel » (scanner tenu à la main, bien que le SP soit un modèle fixe). L'interface guide l'utilisateur pas à pas : calibrage, alignement, fusion, simplification du maillage (decimation), trou de remplissage et lissage. La fusion peut être paramétrée en précision (haute, moyenne, basse). Pour une pièce destinée à l'impression SLA, nous recommandons le réglage « Haute précision » avec un facteur de réduction de 50 % du maillage d'origine pour éviter les artefacts.

Points forts et points faibles
Avantages
- Rapport qualité-prix intéressant pour un scanner de bureau professionnel (environ 3 500 €).
- Calibrage rapide (moins de 5 min) et stable dans le temps.
- Compatibilité avec les principaux logiciels de modélisation (Fusion 360, Geomagic, MeshMixer).
- Possibilité de capturer des textures RVB (option pack couleur, mais non standard).
Inconvénients
- Nécessité d'un spray de contraste pour les surfaces brillantes ou transparentes (le scanner ne gère pas bien les reflets).
- Plateau tournant non motorisé pour l'axe vertical : l'utilisateur doit retourner l'objet à la main, ce qui peut décaler l'alignement.
- Logiciel ExScan Pro parfois capricieux sur les configurations Windows non optimisées (crash lors d'un maillage dense).
- Pas de capture en temps réel en mode manuel (contrairement à l'Einscan Pro).
Cas d'usage et correspondance avec l'impression 3D
L'Einscan SP excelle pour la rétro-ingénierie de petites pièces mécaniques, le scan de modèles réduits ou de bijoux destinés à être imprimés en résine SLA. La précision de 0,05 mm est suffisante pour des tolérances fonctionnelles, à condition que le fichier STL soit nettoyé. Un point important : si vous prévoyez d'imprimer la pièce scannée avec une résine technique comme la Résine EN 52 Unic Carbon P 500 gr, les détails fins seront fidèlement reproduits à l'échelle. La combinaison du scanner et d'une imprimante SLA offre un flux de travail complet pour la fabrication de pièces de rechange ou de prothèses.
En revanche, les grandes pièces (au-delà de 200 mm dans une dimension) sortent du champ du scanner. Dans ce cas, l'Einscan Pro avec son bras articulé et son pack couleur est plus adapté. Pour un usage essentiellement didactique ou initial, le SP reste un excellent outil de bureau permettant d'acquérir les bases de la numérisation 3D sans se ruiner.
Calibrage et entretien
Le fabricant recommande un calibrage avant chaque série de scans, ou au moins une fois par semaine en utilisation intensive. La plaque de calibrage fournie doit être placée sur le plateau tournant et scannée en mode automatique. L'opération prend environ 3 minutes. Si le scanner est déplacé, un nouveau calibrage est impératif. La lentille des caméras se nettoie avec un chiffon microfibre sec ; un soufflage à air sec élimine les poussières.
Conclusion pratique
Pour un bureau d'études ou un atelier de prototypage rapide, l'Einscan SP offre une solution de numérisation 3D fiable à condition d'accepter ses limites de taille et la nécessité d'un spray de contraste. Avant l'achat, vérifiez que votre PC répond aux exigences minimales (Windows 64 bits, 8 Go RAM, carte NVIDIA) et prévoyez un budget pour le spray (environ 30 € les 400 ml). Ensuite, une fois la pièce scannée et exportée en STL, vous pouvez l'importer directement dans votre trancheur SLA ou FDM.