Filament PETG ou résine SLA : comparatif technique pour choisir
Le choix entre un filament FDM comme le Zortrax PETG 2 kg et une résine SLA ne se réduit pas à une simple question de coût ou de facilité d'impression. Les différences de structure moléculaire, de résistance mécanique et de finition de surface imposent une analyse technique fine pour chaque application. Voici un comparatif fondé sur les caractéristiques mesurables de ces deux familles de matériaux.
Propriétés mécaniques : rigidité contre résilience
Les résines SLA standard, comme la Grey Pro de Formlabs ou les résines génériques à base d'acrylate, offrent une rigidité élevée (module de Young de 1,6 à 2,8 GPa) mais une faible allongement à la rupture (souvent inférieur à 10 %). Elles conviennent aux pièces qui ne subissent pas de chocs ou de déformations répétées, comme des modèles anatomiques ou des gabarits de montage.
Le Zortrax PETG, quant à lui, présente un module de Young plus bas (environ 2,0 GPa) mais un allongement à la rupture supérieur à 15 %, voire 20 % selon les conditions d'impression. La ténacité du PETG lui permet d'absorber des impacts sans fissuration, ce qui le rend adapté aux composants soumis à des contraintes mécaniques : charnières, supports, boîtiers.
Points clés à retenir :
- Résistance à la traction : résine SLA ≈ 35–50 MPa ; filament PETG ≈ 50 MPa (en impression bien réglée, la valeur peut chuter à 30 MPa selon l'orientation).
- Résistance aux chocs : le PETG surpasse largement les résines SLA standards (Charpy non entaillé ≈ 30 kJ/m² contre 10 kJ/m²).
- Module d'élasticité : les résines peuvent être plus rigides, ce qui est utile pour les pièces ne devant pas fléchir.

Résistance thermique et durabilité
La température de transition vitreuse (Tg) est un paramètre déterminant pour l'usage en environnement chaud. Le PETG de Zortrax affiche une Tg d'environ 80 °C, contre 60–70 °C pour la plupart des résines SLA photopolymères. Après un recuit adapté, certaines résines techniques (comme la Tough 2000 ou la High Temp) peuvent dépasser 100 °C, mais les résines standard restent inférieures au PETG.
Le filament PETG conserve ses propriétés mécaniques jusqu'à 70 °C environ, alors que les résines SLA commencent à se ramollir dès 50 °C. Pour les pièces exposées à la chaleur (compartiment moteur, radiateur), le PETG est plus sûr. En revanche, le PETG est plus sensible au fluage sous charge constante à température modérée : pour une contrainte permanente, la résine SLA peut mieux tenir la forme si elle reste sous sa Tg.
Précision dimensionnelle et finition de surface
Les imprimantes SLA atteignent des résolutions de l'ordre de 25 à 100 µm dans l'axe Z, tandis que l'impression FDM au filament PETG offre en général une hauteur de couche minimale de 100 µm, avec un effet d'escalier visible sur les surfaces courbes. La précision des pièces en résine SLA est supérieure pour les détails fins et les assemblages nécessitant des tolérances serrées.
Pour le PETG, une buse de 0,4 mm produit des parois d'une épaisseur minimale de 0,8 mm (deux périmètres), alors qu'une résine SLA peut descendre à 0,5 mm d'épaisseur. Si votre conception exige des parois très fines ou des trous de petit diamètre, la résine SLA est plus adaptée.
Post-traitement et coûts réels
Les pièces en résine SLA nécessitent un lavage à l'alcool isopropylique, un durcissement UV et parfois un ponçage pour éliminer les marques de supports. Le post-traitement d'une pièce en PETG se limite souvent à retirer les supports — un ponçage est possible mais plus difficile en raison de la flexibilité du matériau.
Le coût au volume est un autre critère : un kilogramme de filament Zortrax PETG (2 kg livrés) revient environ 45 €/kg, tandis que la résine SLA coûte 60 à 100 €/L selon le fabricant. Mais il faut intégrer le taux de réussite : en SLA, les échecs de tirage sont plus fréquents et le matériau non polymérisable ne se recycle pas. À l'inverse, le PETG se stocke facilement et les chutes se recyclent via des filières de retraitement.
Pour en savoir plus sur les consommables et l'optimisation d'impression, vous pouvez consulter notre guide des accessoires pour imprimante 3D, buses, plateaux et capteurs, qui aborde les réglages essentiels pour chaque type de matériau.

Cas d'usage typiques : tableau récapitulatif
| Application | Matériau recommandé | Raison principale |
|---|---|---|
| Pièce mécanique soumise à des chocs | Zortrax PETG | Ténacité et résistance à la fatigue |
| Maquette esthétique avec détails fins | Résine SLA | Précision et douceur de surface |
| Prototype fonctionnel pour validation d'assemblage | Zortrax PETG | Rapidité d'impression et faible coût |
| Pièce transparente ou translucide | Résine SLA (transparente) | Aspect verre sans bulles |
| Gabarit de perçage ou outillage léger | Résine SLA | Rigidité et précision dimensionnelle |
| Boîtier électronique avec bossages filetés | Zortrax PETG | Possibilité de tarauder directement |
Pour affiner votre choix, tenez compte de l'environnement final : une pièce exposée aux UV solaires sans protection se dégradera plus vite en résine SLA qu'en PETG. Les résines SLA jaunissent et deviennent cassantes après quelques centaines d'heures de lumière directe, tandis que le PETG conserve sa couleur et sa souplesse plus longtemps.
Enfin, n'oubliez pas de vérifier la compatibilité avec votre équipement : les imprimantes SLA nécessitent un bain de lavage, une station de polymérisation et une ventilation adaptée. Le PETG s'imprime sur les machines FDM ouvertes, mais une buse en laiton s'use plus vite à haute température ; préférez une buse trempée pour les longs tirages.