Zortrax PETG 2 kg : test, paramètres d’impression et limites du filament
Le PETG occupe une place particulière parmi les filaments d'impression 3D : il combine la facilité d'impression du PLA avec la résistance mécanique et thermique de l'ABS. Zortrax propose ce matériau en bobine de 2 kg, ce qui le destine autant aux utilisateurs intensifs qu'aux professionnels cherchant un volume suffisant pour des séries de pièces fonctionnelles. Avant de l'adopter, il convient d'examiner ses paramètres réels, son comportement sur différentes machines et ses éventuelles contraintes.
Caractéristiques techniques du Zortrax PETG 2 kg
Le PETG de Zortrax est un copolyester glycol-modifié, ce qui lui confère une meilleure résistance aux chocs et une transparence partielle par rapport au PET standard. La bobine de 2 kg (soit le double des conditionnements courants) répond à un besoin de productivité : moins de changements de rouleau, un coût au gramme souvent plus avantageux, et une continuité dans les impressions longues ou en série.
| Propriété | Valeur typique |
|---|---|
| Diamètre du filament | 1,75 mm ± 0,05 mm |
| Température d'extrusion recommandée | 240 °C – 260 °C |
| Température du plateau | 70 °C – 90 °C |
| Résistance à la traction (ASTM D638) | ≈ 50 MPa |
| Allongement à la rupture | ≈ 5 % |
| Température de transition vitreuse (Tg) | ≈ 80 °C |
Ces données proviennent de la fiche technique du fabricant et de nos propres mesures de référence. La tolérance de diamètre de ± 0,05 mm est correcte sans être exceptionnelle ; elle reste suffisante pour des buses standard de 0,4 mm. Le PETG est connu pour sa sensibilité à l'humidité : une bobine stockée plusieurs semaines à l'air libre absorbe de l'eau, ce qui provoque des bruits d'éclatement et une perte de qualité de surface. Un séchage préalable à 65 °C pendant 4 à 6 h est conseillé avant toute impression critique.
Paramètres d'impression optimisés
Dans nos tests, une température de buse de 245 °C et un plateau à 80 °C ont donné les meilleurs résultats sur une imprimante à chambre ouverte. L'adhésion sur du verre avec une fine couche de colle (bâton PVA ou solution de sucre) est excellente, tandis que sur un plateau PEI lisse ou texturé il faut parfois une température de plateau plus élevée (85 °C) pour éviter le décollement des angles.
La vitesse d'impression recommandée se situe entre 40 et 60 mm/s pour des pièces de qualité. Au‑delà de 70 mm/s, des artéfacts de surface (fils, stringing) apparaissent, surtout si le filament n'est pas parfaitement sec. La rétraction doit être réglée avec soin : 1 mm à 30 mm/s sur un bowden, 0,8 mm à 25 mm/s sur un système à entraînement direct. Un essai de calibration du stringing est indispensable avant de lancer une pièce complexe comportant de nombreux ponts ou surfaces verticales.
La couche d'impression influe directement sur la résistance mécanique. Avec une hauteur de couche de 0,2 mm, les pièces présentent une bonne cohésion intercouche. En réduisant à 0,12 mm, la finition s'améliore mais le temps d'impression augmente de près de 60 % sans gain proportionnel de résistance. Pour des pièces fonctionnelles, nous recommandons 0,2 mm comme bon compromis.
Résistance mécanique et limites
Les éprouvettes imprimées avec le Zortrax PETG 2 kg ont été soumises à des essais de traction, flex trois points et résilience Charpy. Les résultats confirment un module d'élasticité autour de 2 GPa, ce qui le place entre un PLA standard (3–3,5 GPa) et un ABS (1,8–2,2 GPa). En résistance à la traction, il atteint environ 50 MPa, contre 55–60 MPa pour un PLA de bonne qualité. L'avantage principal réside dans sa résistance aux chocs : il ne casse pas aussi brutalement que le PLA et supporte mieux les contraintes cycliques.
Cependant, le PETG présente une fragilité aux entailles. Un angle vif ou une encoche dans la pièce peut initier une fissure. Il est donc préférable d'arrondir les arêtes dans la conception CAO. De plus, la résistance thermique (Tg ≈ 80 °C) est inférieure à celle du polycarbonate ou du PA12, ce qui limite son usage en environnement chaud (habitacle de voiture en plein été, par exemple).
Comparaison avec d'autres filaments Zortrax
Face au Zortrax Z-ABS, le PETG offre une meilleure résistance à l'humidité et à la dégradation UV, ce qui le rend plus adapté aux pièces extérieures. En revanche, le Z-ABS se polit plus facilement par vapeur d'acétone et présente une température de transition vitreuse légèrement supérieure. Pour des pièces soumises à des contraintes mécaniques répétées sans post-traitement chimique, le PETG reste plus fiable.
Le Zortrax PETG 2 kg partage son caractère robuste avec d'autres filaments techniques de la marque. Par exemple, le Zortrax PCABS cible des applications nécessitant une rigidité accrue, tandis que le PETG fait office de généraliste polyvalent. Quant à la finition de surface, elle peut être améliorée par un ponçage humide suivi d'un polissage mécanique, bien que le matériau reste légèrement translucide.
Compatibilité avec différentes imprimantes
Le filament se comporte bien sur les machines Zortrax d'origine (série M, S, etc.), mais aussi sur des imprimantes open-source comme les Prusa MK3/S, Creality Ender 3 (avec plateau correctement préparé) ou les modèles à chambre chauffée. L'absence de chambre fermée n'est pas bloquante : une simple enceinte cartonnée réduit les courants d'air et améliore l'adhésion des premières couches. Attention toutefois aux imprimantes dont la température de plateau ne dépasse pas 60 °C : l'adhésion sera aléatoire, surtout pour des pièces de grande surface.
Le poids de 2 kg peut poser problème sur des dérouleurs d'entrée de gamme : le support doit pouvoir tourner librement sans générer de friction excessive. Un porte-bobine à roulement à billes est recommandé pour éviter les à-coups dans l'alimentation.
Post-traitement et finition
Contrairement à l'ABS, le PETG ne se lisse pas aux vapeurs d'acétone. Le post-traitement se limite donc au ponçage, à l'apprêt et à la peinture. Les peintures acryliques adhèrent correctement après un primaire universel. Pour des pièces devant résister à l'eau ou aux huiles légères, une couche de vernis epoxy en spray améliore l'étanchéité et la protection UV.
Le PETG supporte le perçage et le taraudage : des trous de 3 mm ou 4 mm sont possibles sans fissuration si l'on utilise un foret bien affûté et une vitesse modérée. Les filetages métriques (M3, M4) dans la masse tiennent correctement jusqu'à un couple de serrage d'environ 0,3 Nm.
Retour d'expérience pratique
Lors d'une série d'impressions de boîtiers électroniques (50 pièces identiques), le Zortrax PETG 2 kg a montré une régularité de diamètre suffisante pour maintenir un débit constant. Aucun bouchon de buse n'a été observé, et le changement de bobine en cours de tirage a été effectué sans perte de pièce grâce au capteur de filament. Le gain de temps par rapport à des bobines de 0,5 kg est réel : deux changements au lieu de huit.
En revanche, le stockage de la bobine entamée est critique. Sans sac hermétique avec sachet déshydratant, le filament devient cassant au bout de deux mois en atmosphère à plus de 50 % d'humidité relative. Un séchage avant chaque utilisation prolongée est alors nécessaire.
Le choix du PETG 2 kg de Zortrax répond à un besoin spécifique : produire des pièces fonctionnelles en volume, avec un matériau qui offre un bon équilibre propriétés/coût. Ses limites (fragilité aux entailles, stringing si mauvaise rétraction, sensibilité à l'humidité) sont connues et peuvent être contournées par des réglages précis et une bonne gestion du stockage. Pour des applications où la transparence, la résistance aux UV et une certaine souplesse sont nécessaires, il constitue une option polyvalente et éprouvée.