Zortrax Glass vs résine SLA : rigidité, précision et post-traitement
Le filament Zortrax Glass se présente en bobine de 2 kg et se distingue par une charge de fibres de verre courtes qui modifie radicalement le comportement mécanique des pièces imprimées. Avec un module d’élasticité typique de l’ordre de 5 GPa et une température de fléchissement sous charge (HDT) avoisinant 120 °C, ce matériau se positionne comme une alternative sérieuse aux résines SLA rigides pour des applications fonctionnelles. Mais la comparaison ne s’arrête pas aux chiffres bruts : le choix entre un filament chargé et une résine photopolymère engage des différences profondes dans la chaîne de fabrication, la précision accessible et les contraintes de post-traitement.
Propriétés mécaniques et thermiques : un équilibre différent
La rigidité du Zortrax Glass provient de l’incorporation de fibres de verre dans une matrice ABS-like. Cette structure composite confère au matériau une résistance à la traction de l’ordre de 55 MPa et une résistance aux chocs supérieure à celle des résines SLA standard comme la Formlabs Rigid ou la Tough 2000. En contrepartie, la surface des pièces reste marquée par les stries d’impression et la présence des fibres, ce qui limite la qualité esthétique sans ponçage ou revêtement. Les résines SLA, elles, offrent un état de surface lisse dès la sortie du bain, mais leur tenue thermique plafonne souvent à 60–80 °C, sauf pour des grades spéciaux comme la High Temp de Formlabs (HDT > 200 °C).
Un tableau récapitulatif permet de visualiser les écarts :
| Propriété | Zortrax Glass (FDM) | Résine SLA rigide typique |
|---|---|---|
| Module de traction | ~5 GPa | 2–3 GPa |
| Résistance à la traction | 55 MPa | 40–60 MPa |
| HDT (0,45 MPa) | ~120 °C | 60–80 °C |
| Allongement à la rupture | ~2 % | 1–4 % |
| État de surface brut | Strié, rugueux | Lisse, brillant |
Les valeurs de résine SLA rigide sont indicatives et varient selon les formulateurs. L’essentiel est que le Zortrax Glass surpasse nettement les résines standards en rigidité et en tenue thermique, mais au prix d’une finition de surface moins flatteuse.
Précision et limites géométriques
L’impression FDM avec un filament chargé impose des contraintes spécifiques. Les buses en laiton s’usent rapidement sur les fibres de verre : une buse trempée ou en rubis est indispensable. La hauteur de couche minimale réalisable se situe autour de 0,10 mm, ce qui donne une résolution verticale bien inférieure à celle d’une imprimante SLA (25 µm ou moins). Pour des pièces avec des détails fins, des rainures ou des textes en relief, la résine SLA reste la seule option viable. En revanche, le Zortrax Glass permet de réaliser des pièces de grande dimension (jusqu’à 300 mm sur les machines Zortrax) là où la plupart des résines SLA sont limitées à des volumes de 150 mm environ.
Un autre point souvent négligé est l’anisotropie. Les pièces en FDM présentent une direction de dépôt qui fragilise la cohésion entre les couches. Le Zortrax Glass, avec sa charge fibreuse, améliore la résistance intercouche par rapport à un ABS pur, mais il reste moins isotrope qu’une pièce SLA polymérisée dans un volume homogène. Pour des contraintes mécaniques multiaxiales, la résine SLA prend l’avantage.
Post-traitement et finition
Le Zortrax Glass se ponce et se peint facilement, mais l’opération de ponçage est plus longue en raison de la dureté des fibres. Les pièces peuvent être recuites pour améliorer la stabilité dimensionnelle et la tenue thermique : un passage à 80 °C pendant deux heures réduit les contraintes internes. Les résines SLA, quant à elles, nécessitent un lavage à l’isopropanol ou au solvant spécialisé, suivi d’une post-polymérisation sous UV. Certaines résines techniques demandent un post-traitement thermique additionnel pour atteindre leurs propriétés maximales. Le temps de post-traitement est généralement plus court pour le FDM (détachage des supports, ponçage éventuel) que pour la SLA (lavage, séchage, cuisson UV).
Il faut aussi compter avec les supports : en FDM, les supports se retirent mécaniquement, parfois en laissant des marques. En SLA, les supports sont plus fins et se coupent facilement, mais les pièces creuses doivent être drainées correctement pour éviter les poches de résine liquide.
Quand choisir le Zortrax Glass plutôt qu’une résine SLA ?
- Pour des pièces de grande taille (plus de 150 mm) nécessitant rigidité et résistance thermique.
- Pour un coût matière inférieur : le Zortrax Glass 2 kg revient à environ 30 €/kg, contre 60–150 €/L pour les résines SLA techniques.
- Pour des prototypes fonctionnels soumis à des chocs : la ténacité du composite est supérieure à celle des résines rigides.
- Lorsque la finition de surface n’est pas critique ou peut être améliorée par un post-traitement simple.
Quand la résine SLA reste indispensable
- Pour des détails inférieurs à 0,3 mm : filetages fins, micro-canaux, textes.
- Pour des pièces transparentes ou translucides : le Zortrax Glass reste opaque.
- Pour des applications médicales ou dentaires : les résines biocompatibles SLA offrent des certifications que le FDM ne peut pas égaler.
- Pour des assemblages précis : la reproductibilité dimensionnelle d’une SLA bien calibrée est de l’ordre de ±0,05 mm, contre ±0,2 mm pour le FDM.

Recommandations pratiques
Avant d’investir dans une bobine de 2 kg de Zortrax Glass, vérifiez que votre imprimante FDM peut atteindre une température de buse de 260 °C et que le plateau est chauffé à 90 °C minimum. Une buse en acier trempé (0,4 mm ou 0,6 mm) est obligatoire. Pour les résines SLA, assurez-vous que la résine choisie supporte les températures d’utilisation prévues et que votre station de lavage et de post-polymérisation est adaptée au format des pièces. Un test de traction sur une éprouvette standard (ISO 527 ou ASTM D638) réalisé dans les deux technologies vous donnera des données chiffrées pour valider votre choix.