Test du filament EN 38 : performances et paramètres d’impression
Le filament EN 38 fait partie des matériaux techniques pour impression FDM conçus pour offrir une meilleure résistance aux chocs que le PLA standard, tout en restant aussi facile à imprimer que le PETG. Sa composition intègre des additifs de renfort qui réduisent le retrait sans augmenter la fragilité. Les premiers tests dimensionnels affichent un écart inférieur à 0,05 mm sur une éprouvette de 100 mm, ce qui le rend adapté aux pièces fonctionnelles nécessitant un bon ajustement.
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Composition et propriétés mécaniques
Le EN 38 est un copolyester modifié, souvent présenté comme un PETG amélioré. Sa température de transition vitreuse atteint environ 82 °C, légèrement au-dessus du PETG classique. Les essais de traction donnent une contrainte à la rupture de 48 MPa et un module d'élasticité de 1,9 GPa. L'allongement à la rupture atteint 12 %, ce qui le rend moins cassant que le PLA mais plus rigide que le TPU. Autant dire un bon compromis pour des pièces mécaniques légères, des supports ou des prototypes fonctionnels.
Paramètres d'impression recommandés
Les réglages ci-dessous ont été validés sur plusieurs imprimantes de bureau et professionnelles, notamment celles du FabLab EN 111 qui combine FDM, SLA et SLS, pour garantir la reproductibilité.
| Paramètre | Valeur recommandée | Plage testée |
|---|---|---|
| Température de buse | 235 °C | 225–245 °C |
| Température du plateau | 75 °C | 70–80 °C |
| Vitesse d'impression | 50 mm/s | 40–70 mm/s |
| Ventilation | 30 % | 0–50 % |
| Hauteur de couche | 0,20 mm | 0,12–0,28 mm |
| Rétraction | 3 mm à 40 mm/s | 2–5 mm |
L'adhérence au plateau est bonne avec une plaque en verre enduite de colle PVA ou un lit PEI. Pour les grandes surfaces, une bordure de 8 mm est conseillée pour éviter le décollement.
Qualité d'impression et finition de surface
Les pièces réalisées avec le EN 38 ont un aspect mat et une faible visibilité des couches lorsque la ventilation est bien réglée. Les ponts de 20 mm tiennent sans affaissement notable. Les surplombs à 60° nécessitent un support, mais les angles à 70° s'impriment sans défaut. Le filament dégage très peu d'odeur pendant l'impression, ce qui le rend compatible avec une utilisation en intérieur dans un espace ventilé.
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Points forts et points faibles
- Points forts : bonne résistance aux chocs, faible retrait (0,3 % environ), facilité d'impression sur une large gamme de températures, adhérence inter-couche élevée (tests de cisaillement à 85 % de la résistance du matériau massif).
- Points faibles : sensibilité à l'humidité (nécessite un séchage après 48 h d'exposition à l'air ambiant), prix légèrement supérieur à celui du PETG standard, plage de température de buse plus étroite que pour le PLA.
Applications typiques
Le EN 38 convient particulièrement aux pièces soumises à des contraintes mécaniques modérées : engrenages, charnières, boîtiers d'appareils électroniques, supports de montage. On l'utilise aussi pour des prototypes fonctionnels avant une éventuelle production en série avec un matériau plus rigide comme le polycarbonate. Si vous cherchez un matériau encore plus rigide, le filament EN 160 (polycarbonate renforcé de fibres de verre) offre des performances supérieures, mais nécessite une imprimante à chambre chauffée.
Précautions et post-traitement
Comme tout copolyester, le EN 38 est hygroscopique. Un séchage à 65 °C pendant 4 heures dans un déshydrateur restaure ses propriétés. L'usinage est possible avec des outils carbure, mais le matériau a tendance à former des copeaux longs. Pour les pièces soumises à des contraintes mécaniques modérées, un recuit à 80 °C pendant 30 minutes peut augmenter la résistance de 15 à 20 %, à condition de maintenir la pièce dans un lit de sable pour éviter la déformation.