Test du stylo 3D EN 32 : régulation PID, compatibilité filaments et points faibles
La gestion thermique est un point critique pour tout stylo 3D : une variation de ±5 °C peut suffire à altérer l’écoulement du filament et provoquer des bouchons. Le modèle EN 32 intègre un algorithme PID embarqué qui maintient la température de la buse à ±1 °C une fois le palier atteint, un écart bien inférieur à celui des stylos d’entrée de gamme. Cette régulation fine se traduit par un dépôt plus homogène, surtout lors des changements de vitesse d’extrusion.
Conception et ergonomie du boîtier
Avec un poids d’environ 60 g et un profil légèrement triangulé, le EN 32 offre une prise en main naturelle, même pour des sessions prolongées. Le boîtier en ABS résiste aux chocs, mais sa surface lisse devient glissante en cas de transpiration. Le câble d’alimentation, gainé de silicone, est relativement rigide et peut gêner les mouvements amples. Le fabricant a placé le bouton de commande sous l’index, ce qui facilite le lancement et l’arrêt de l’extrusion sans changer la position des doigts.
L’écran OLED monochrome affiche la température réelle de la buse et la consigne, le niveau de vitesse et un code d’erreur en cas de blocage. Il est lumineux et lisible même sous un éclairage de bureau classique. L’interface utilise trois boutons : deux pour la navigation dans les menus, un pour valider. La logique des menus est intuitive après quelques minutes d’utilisation.
Compatibilité des filaments et plage de température
D’après les indications du constructeur, le EN 32 accepte les filaments PLA, ABS, PETG et TPU (shore A ≥ 90) d’un diamètre de 1,75 mm. La plage de température s’étend de 160 à 230 °C, ce qui couvre l’essentiel des polymères courants. Il n’est pas conçu pour les matériaux haute température comme le polycarbonate (PC) ou le PEEK – ceux-ci nécessiteraient une chambre chauffée et une buse en alliage spécial.
Le changement de filament se fait par simple pression prolongée sur le bouton d’extrusion ; le moteur pousse l’ancien filament jusqu’à ce que le nouveau sorte, puis rétracte légèrement. Ce mécanisme fonctionne bien avec les filaments de qualité constante, mais peut provoquer des bourrages si le diamètre du filament varie de plus de ±0,05 mm.
Qualité d’extrusion et débits
La buse en laiton est interchangeable – trois diamètres sont disponibles : 0,4 mm (fourni), 0,6 mm et 0,8 mm. Lors des tests avec du PLA à 200 °C et une vitesse d’extrusion réglée sur 5 (sur 10 niveaux), le diamètre du dépôt mesurait 0,42 mm en moyenne, avec un écart type de 0,02 mm. Les couches successives adhèrent bien entre elles, y compris sur des supports verticaux de 5 cm de haut sans ventilation forcée.
La vitesse d’extrusion variable permet de passer d’un trait fin pour les détails à un remplissage plus rapide. Le moteur pas à pas produit un bruit audible mais acceptable – environ 45 dB à 30 cm. Le ventilateur de refroidissement de la partie électronique est plus bruyant (55 dB) et fonctionne en continu, ce qui peut être gênant dans un espace de travail silencieux.
Points forts et faiblesses
- Points forts : régulation PID précise, buse interchangeable, large gamme de température, indicateur lumineux de mise en température, arrêt automatique après 5 minutes d’inactivité.
- Points faibles : câble rigide, ventilateur bruyant, pas de fonction de rétraction réglable, filament de démonstration non fourni, absence de support pour fil de diamètre 2,85 mm.
Maintenance et entretien courant
Le nettoyage de la buse s’effectue avec une aiguille dédiée fournie dans l’emballage. Pour accéder au mécanisme d’entraînement, il faut dévisser quatre vis Torx T6 – opération simple mais qui oblige à déconnecter le câble. La gamme EN propose des buses de rechange à un prix accessible.
Les pièces d’usure (tube guide, roue crantée du moteur) sont disponibles séparément. Bien que le guide des pièces détachées du blog soit principalement destiné aux imprimantes 3D, les principes de compatibilité et de remplacement restent similaires : toujours vérifier la référence exacte avant de commander.

Comparaison avec les stylos concurrents
Face à des modèles comme le 3Doodler Create+ ou le Mynt3D PEN, le EN 32 se distingue par sa régulation PID et sa conception solide. En revanche, il ne propose pas de rétraction automatique ni de mode lent pour les débutants. Le prix est légèrement supérieur à celui des stylos basiques, mais reste compétitif au vu des fonctionnalités embarquées.
L’interchangeabilité des buses est un atout : elle permet d’adapter le débit au type de travail. Les concurrents à prix équivalent proposent souvent une buse unique de 0,5 mm, moins polyvalente.
Verdict technique
Le EN 32 convient aux utilisateurs ayant déjà manipulé un stylo 3D. Sa stabilité thermique limite les bouchons et permet des constructions d’une hauteur modérée. Les deux seuls reproches sont le ventilateur bruyant et le câble rigide. Si vous cherchez un outil fiable, sans gadgets inutiles, et que vous acceptez de passer quelques heures à apprendre le dosage du débit, il fait le travail.