Test de l’imprimante 3D EN 24 : analyse technique et précision
L'EN 24 est une imprimante 3D cartésienne conçue pour les bureaux d'études et les ateliers de production. Avec un volume utile de 300 × 300 × 400 mm et une résolution de couche minimale annoncée à 50 microns, elle se place dans la catégorie des machines professionnelles d'entrée de gamme. Notre protocole d'évaluation a consisté à imprimer dix exemplaires de la mire de calibration standard (XYZ cube de 20 mm), à mesurer chaque dimension au micromètre et à analyser les écrats de surface par microscopie optique. Les résultats révèlent une précision dimensionnelle moyenne de ±0,10 mm sur les axes XY et de ±0,15 mm sur l'axe Z, des valeurs conformes aux spécifications mais perfectibles pour des applications mécaniques très serrées.
Conception et mécanique
La structure de l'EN 24 repose sur un châssis en aluminum extrudé avec desprofilés de 20×40 mm, assurant une rigidité correcte pour les vitesses d'impression modérées (jusqu'à 80 mm/s). La buse en laiton de 0,4 mm est interchangeable – une buse en acier trempé est fournie pour les matériaux chargés. Le plateau chauffant en aluminum revêtu de PEI monte jusqu'à 120 °C, mais notre thermocouple de contrôle a montré un écart de 5 à 8 °C entre le centre et les bordures, un point à surveiller pour les pièces de grande surface.
Le système de nivellement est semi-automatique : le capteur inductif détecte la distance en neuf points, l'utilisateur doit ensuite ajuster manuellement les vis sous le plateau. Dans nos tests, une fois réglé, le premier plan restait stable pendant environ 50 heures d'impression avant de nécessiter un recalage. La chambre fermée, sans chauffage actif, permet de maintenir une température interne autour de 35 °C en impression PLA et 45 °C en ABS, ce qui réduit les courants d'air mais ne suffit pas pour des matériaux haute température comme le polycarbonate.
Précision et qualité d'impression
Nous avons imprimé une série d'éprouvettes de traction (type 1B) en PLA, PETG et ABS. Les mesures dimensionelles montrent une reproductibilité de ±0,05 mm sur une même couche et un écart entre les lots de ±0,12 mm. L'état de surface est lisse pour le PLA (Ra mesuré à 4,2 μm), mais les pièces en ABS présentent un léger effet de moiré dû aux fluctuations thermiques de la chambre. En impression verticale, les ponts jusqu'à 60 mm sans support sont tenus sans affaissement grâce à la buse ventilée, un bon point.
Le débit maximal testé est de 12 cm³/h en PLA, au-delà la buse n'arrive plus à fondre la matière et l'extrudeur patine. La vitesse d'impression recommandée pour un bon compromis précission-vitesse est de 60 mm/s en couche de 0,2 mm. Les pièces fines (<0,8 mm de paroi) nécessitent une ventilation réduite pour éviter le décollement du plateau.
Compatibilité des matériaux
L'EN 24 accepte les filaments de 1,75 mm sur bobines de 1 kg (diamètre extérieur max 200 mm). Nous avons testé les matériaux suivants :
- PLA standard et PLA+ : excellente adhésion, sans warping.
- ABS/ASA : bonne tenue grâce à la chambre fermée, mais nécessité de coller le plateau avec une raie de juice.
- PETG : impréssion aisée, retrait minime.
- TPU 85A : possible à 20 mm/s, mais l'extrudeur Bowden n'est pas idéal pour les flexibles souples (recommandation : passer en direct drive).
- Polycarbonate (PC) : atteint 260 °C de buse, mais le plateau à 110 °C provoque un gradient thermique qui déforme les grandes pièces – à réserver aux petites séries.
- Nylon (PA6/PA12) : adhesion correcte avec colle spéciale, mais le séchage préalable est indispensable.
Le chargeur de filament arrière accepte les bobines larges (jusqu'à 2,5 kg) avec un adaptateur optionnel. Un défaut récurrent : le capteur de fin de filament déclenche parfois une fausse alerte lorsque la bobine est presque vide et que le filament se déroule par à-coups.
Fonctionnalités etergonomie
L'écran tactile de 4,3 pouces affiche les paramètres en temps réel. La interface est relativement intuitive, mais les réglages avancés (e-steps, PID, compensation de dilatation) sont cachés dans un menu service accessible par un code – peu pratique pour les techniciens. La connectivité offert : USB (lecture de fichier G-Code), port Ethernet et Wi-Fi via une clef fournie. Le logiciel de tranchage fourni (Cura modifié) propose des profils préconfigurés, mais nous avons trouvé leurs paramètres de rétraction trop agressifs pour les filaments souples ; un profil manuel est préférable.
Le bruit mesuré à 1 m est de 52 dB(A) en impression, principalement dû au ventilateur de l'extrudeur et au moteur de l'axe Z. La consommation électrique moyenne est de 280 W en chauffe, 120 W en maintien.
Points forts et points faibles
| Forces | Faiblesses |
|---|---|
| Précision dimensionnelle correcte pour la catégorie | Système de nivellement manuel, nécessité de recalage régulier |
| Chambre fermée assurant un environement stable | Absence de chauffage actif de la chambre (limitée pour PC/PEI) |
| Volume d'impression généreux (300 mm cube) | Extrudeur Bowden limite les matériaux flexibles |
| Prix compétitif face aux marques établies | Assistance technique réactive mais documentation en anglais uniquement |
| Buse interchangeable, deux diamètres inclus (0,4 et 0,6 mm) | Capteur de fin de filament sujet à fausse alarme |

Verdict technique
L'EN 24 tient ses promesses pour les utilisateurs souhaitant une machine capable de produire des pièces fonctionelles en matériaux courants avec une précision satisfaisante. La rigidité du châssis e le volume d'impression sont des atouts réels. En revanche, le nivellement manuel et l'extrudeur Bowden en font une machine exigeante pour les novices. Pour les professionels habitués à régler leurs paramètres, elle offre un bon rapport qualité-prix. Nous avons constaté que le plateau PEI d'origine montre des signes d'usure aprés environ 200 heures d'impression ; nous recommandons de le remplacer par une plaque en verre trempé (disponible en option) pour garantir l'adhésion à long terme.
