Test de l’imprimante 3D EN 20 : calibrage automatique et qualité d’impression
Le calibrage automatique complet de l’EN 20 retient l’attention. Avant chaque impression, la sonde capacitive mesure quarante-neuf points sur la surface du plateau et compense les écarts de niveau sans intervention manuelle. Ce système élimine l’une des principales causes d’échec pour les nouveaux utilisateurs : le réglage du Z offset. En pratique, la première couche adhère correctement même sur un plateau en verre légèrement voilé.

Spécifications techniques et volume d’impression
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Volume d’impression | 200 × 200 × 220 mm |
| Épaisseur de couche | 0,05 – 0,30 mm |
| Diamètre de buse | 0,4 mm (standard) |
| Température maximale de la buse | 260 °C |
| Plateau chauffant | Jusqu’à 80 °C |
| Extrudeur | Bowden avec driver silencieux |
| Écran | Tactile couleur 3,5 pouces |
Ce gabarit couvre la majorité des projets personnels : prototypes de boîtiers, figurines, pièces mécaniques de petit format. La chambre n’est pas chauffée, ce qui limite l’impression des matériaux techniques comme le polycarbonate ou le nylon, mais le PLA, le PETG et le TPU donnent d’excellents résultats sans accessoire supplémentaire.
Calibration et mise en œuvre
L’assistant de démarrage guide le nouvel utilisateur en cinq étapes : mise à niveau automatique du plateau, chargement du filament, test d’extrusion, sélection du profil de tranchage et première impression. Ce parcours réduit le temps de déballage à la première pièce à moins de vingt minutes. La machine détecte également les fins de filament et les défauts de couche précoce, une sécurité utile pour les impressions longues.
Toutefois, le capteur de leveling peut être perturbé par un plateau métallique trop réfléchissant ; il est conseillé d’utiliser le plateau en verre fourni en standard. Pour les impressions délicates, l’ajout d’une feuille adhésive adaptée améliore encore l’adhérence – un point détaillé dans le test de la feuille adhésive EN 134 sur ce même blog.
Qualité d’impression et matériaux compatibles
Avec une couche de 0,2 mm et une vitesse de 50 mm/s, la surface des pièces en PLA est lisse, sans stries visibles. Les angles vifs sont corrects, les surplombs jusqu’à 50° tiennent sans support. En ralentissant la vitesse à 30 mm/s, les détails fins d’un modèle de figurine (hauteur de couche 0,1 mm) ressortent avec une netteté comparable à des machines deux fois plus coûteuses. Le principal défaut concerne les ponts longs : au-delà de 20 mm, un affaissement léger apparaît, ce qui reste acceptable pour un usage amateur.
Le PETG s’imprime sans difficulté à 240 °C, avec une bonne adhérence intercouche. Le TPU (shore 95A) passe dans l’extrudeur Bowden sans bourrage tant que la vitesse ne dépasse pas 20 mm/s. Les matériaux nécessitant 280 °C ou une chambre chauffée, comme le polycarbonate, ne conviennent pas à l’EN 20.

Logiciel et tranchage
L’imprimante est livrée avec une version bridée de Simplify3D, optimisée pour ses profils matériels. Le logiciel propose des réglages de base (qualité, remplissage, supports) et des paramètres avancés pour les utilisateurs expérimentés : rétraction, séquence de murs, ventilation progressive. Le profil par défaut donne des pièces solides, mais un réglage plus fin de la rétraction (3 mm à 35 mm/s) élimine les filets résiduels sur les modèles complexes.
Le trancheur Neptune (version en ligne de commande) est également compatible après mise à jour du firmware. L’ouverture du format G-code standard permet d’utiliser Cura ou PrusaSlicer, à condition d’importer les paramètres de démarrage (G-code) fournis dans le manuel.
Points forts et points faibles
- + Calibrage automatique fiable – la compensation de plateau fonctionne dès la première mise en route.
- + Interface tactile fluide – navigation intuitive, même sans expérience préalable.
- + Construction robuste – châssis en profilés d’aluminium, peu de vibrations.
- – Chambre froide – impossible d’imprimer des matériaux haute température sans modification.
- – Extrudeur Bowden – limite la vitesse avec les filaments flexibles (max 20 mm/s pour TPU).
- – Gestion des ponts perfectible – nécessite des supports pour toute portée supérieure à 25 mm.
Comparaison avec d’autres modèles EN
L’EN 20 se positionne comme une machine d’entrée de gamme dédiée à l’apprentissage et au prototypage rapide. Face à l’Imprimante 3D EN 130 double extrusion IDEX, elle perd la capacité d’imprimer en multicolore ou en matériaux dissolubles, mais gagne en simplicité : pas de calibrage des deux têtes, pas de purge intermédiaire. Pour un utilisateur qui débute, le rapport simplicité‑qualité de l’EN 20 est plus favorable, tandis que le modèle EN 130 conviendra à ceux qui ont déjà maîtrisé les bases et souhaitent produire des pièces techniques ou multi‑matériaux.
Le système de filtration optionnel EN 138, testé dans notre article dédié, peut être couplé à l’EN 20 pour réduire les émissions de particules lors de l’impression de PETG ou d’ABS. Même sans cette option, le cadre ouvert de la machine facilite l’aération du poste de travail.
Un point important pour les longues sessions : l’absence de chambre fermée rend l’EN 20 sensible aux courants d’air. Placer la machine dans un endroit stable, à l’écart des fenêtres et des bouches de ventilation, améliore la répétabilité des tirages. L’humidité ambiante, sujet traité dans l’article EN 135 sur l’humidité et l’impression 3D, influence surtout la qualité des filaments hygroscopiques ; un séchage préalable du PETG est recommandé en région humide.