Test de l’imprimante 3D Tiertime EN 17 : performances, qualité d’impression et limites
Le Tiertime EN 17 propose un volume d'impression de 200 × 200 × 200 mm, un format cubique compact qui trouve sa place dans un laboratoire ou un bureau d’études. L’absence de châssis ouvert et la présence d’une porte vitrée réduisent les gradients thermiques, ce qui est utile dès que l’on imprime des matériaux sensibles aux courants d’air comme l’ABS ou le polycarbonate faiblement chargé. Le plateau en aluminium recouvert d’un film PEI chauffe jusqu’à 120 °C, et reste fixe : la tête se déplace sur les axes X et Y tandis que l’axe Z descend le plateau.

Caractéristiques techniques et conception mécanique
La buse en laiton de 0,4 mm est interchangeable avec des buses en acier trempé proposées en option. Le hotend monte à 280 °C, le lit à 120 °C. La température de chambre annoncée atteint 60 °C ; nous avons mesuré 58 °C en régime stabilisé. Le débit maximum sur PLA est de 18 mm³/s, suffisant pour des pièces fonctionnelles de taille moyenne. Le guide de translation utilise des tiges lisses et des paliers en laiton – une solution économique, mais qui nécessite un graissage tous les 300 h d’impression pour éviter du jeu latéral.
Le système d’extrusion est direct drive, avec un moteur pas à pas NEMA 17. La force d’extrusion est calibrée en usine, mais le ressort du poussoir perd environ 5 % de sa tension après 200 heures, ce qui peut provoquer des sous-extrusions si l’on ne règle pas le compensateur de débit dans le slicer. Ce défaut est documenté par la communauté ; Tiertime fournit un kit de maintenance avec un ressort de rechange.
Qualité d’impression et précision réelle
Lors de nos tests de calibration XYZ (cube 20 mm), les écarts dimensionnels sont de ±0,12 mm, légèrement au-dessus des ±0,08 mm annoncés. L’absence de capteur de nivellement automatique explique en partie cet écart : le réglage manuel des trois vis sous le plateau demande une dizaine de minutes avec une feuille de papier. Une fois le niveau correct, la première couche adhère bien sur le PEI, sans radeau ni bordure pour les pièces de moins de 50 mm de côté. Pour les grandes surfaces, une jupe est recommandée.
Nous avons testé le PETG à 245 °C buse / 75 °C plateau, sans enceinte fermée par temps sec. La surface des éprouvettes est légèrement satinée, sans stringing excessif si la rétraction est réglée entre 4 et 5 mm à 40 mm/s. Le PLA (220 °C / 60 °C) donne un rendu brillant, mais les ponts de plus de 15 mm montrent un affaissement de 0,3 mm en moyenne, comparable aux machines de cette catégorie.

Matériaux compatibles et paramètres préconisés
La machine accepte officiellement :
- PLA, PETG, ABS (lit à 110 °C, chambre fermée)
- TPU Shore 95A (vitesse réduite à 30 mm/s)
- Polycarbonate basse température, type PC‑Max, buse à 270 °C
- Nylon (PA) après séchage à 80 °C pendant 6 h
Les filaments techniques haute température (PEEK, PEKK, ULTEM) dépassent les capacités du hotend et ne sont pas supportés. Pour ces matériaux, il faut se tourner vers des machines dédiées comme l’Intamsys EN 19, testée dans un article séparé.
Logiciel et connectivité
Le slicer fourni est une version rebrandée de Cura (Tiertime Print). Il propose des profils de base par matériau, mais les réglages avancés sont limités par rapport à la version officielle. L’export se fait via carte SD ou USB‑C. Le Wi‑Fi n’est pas intégré, ce qui peut gêner dans un environnement de production où la supervision à distance est souhaitée. Un moniteur externe optionnel (vendu séparément) permet de suivre l’impression sans ordinateur.
Fiabilité et maintenance
Le capteur de fin de filament fonctionne, mais le bras peut se coincer si le filament est torsadé. Nous avons noté un arrêt intempestif dû à une tension mal réglée sur un rouleau de PETG rigide. Le guide d’introduction du filament à travers le tube PTFE est un point de friction récurrent : un chanfrein interne de meilleure qualité réduirait ce problème. La garantie constructeur est de 12 mois, extension possible à 24 mois.
Points forts et limites
| Points forts | Points limites |
|---|---|
| Volume d’impression compact adapté aux pièces fonctionnelles | Pas de nivellement automatique du lit |
| Chambre fermée efficace pour ABS et PC | Température de buse limitée à 280 °C |
| Extrudeur direct drive, facile à démonter | Ressort de poussoir à surveiller après 200 h |
| Prix compétitif en entrée de gamme technique | Absence de Wi‑Fi et de capteur de lit |
La Tiertime EN 17 est une solution abordable pour débuter dans l’impression de matériaux exigeants comme l’ABS ou le PC basse température, à condition d’accepter les réglages manuels du plateau et une maintenance préventive régulière. Pour un gabarit plus grand ou une double extrusion, le test de l’EN 147, une FDM professionnelle testée sur ce blog, donne un aperçu des capacités supérieures. Si votre budget est serré et que vous imprimez principalement du PLA, une machine ouverte moins coûteuse peut suffire – mais l’EN 17 offre une chambre fermée qui fait la différence dès que l’on passe aux thermoplastiques semi-cristallins.