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pièce imprimée en PEEK montrant des couches régulières sur un support de fixation
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Intamsys EN 133 : test de l’imprimante 3D haute température pour matériaux semi-cristallins

By robert_walker0460
September 12, 2026 4 Min Read
Comments Off on Intamsys EN 133 : test de l’imprimante 3D haute température pour matériaux semi-cristallins

La fabrication additive de pièces en PEEK ou en Ultem impose des conditions thermiques strictes : une chambre fermée capable de maintenir une température stable au-dessus de 100 °C est indispensable pour éviter le gauchissement et assurer l’adhérence intercouche. L’Intamsys EN 133 a été conçue spécifiquement pour répondre à cette exigence, en ciblant les bureaux d’études et les laboratoires qui doivent produire des prototypes fonctionnels résistant à la chaleur, aux produits chimiques ou aux contraintes mécaniques élevées.

Architecture et conception mécanique

L’Intamsys EN 133 reprend la structure en portique rigide qui caractérise la gamme Funmat, avec un châssis métallique fermé et une porte avant vitrée. L’originalité réside dans le système de gestion thermique : la chambre est chauffée par un ensemble de résistances associé à une circulation d’air contrôlée, ce qui permet d’atteindre des températures ambiantes de 90 à 160 °C selon la configuration. Le plateau est également chauffé jusqu’à 200 °C et peut recevoir différents types de surfaces (PEI, verre enduit, lit flexible). Pour les matériaux adhésifs comme le PEEK, un adhésif spécifique ou un ruban polyimide reste nécessaire.

La tête d’extrusion est montée sur un axe X à courroie, tandis que l’axe Y est déplacé par un système de vis à billes pour garantir une répétabilité de positionnement de l’ordre de 0,02 mm. Le volume de construction annoncé est de 330 × 330 × 400 mm, soit un format intermédiaire entre les modèles de bureau et les machines industrielles.

Performances thermiques et matériaux compatibles

Le point fort de l’EN 133 est sa capacité à maintenir une température de chambre homogène tout au long du cycle d’impression. Les tests en laboratoire montrent que l’écart entre la température mesurée au centre et aux extrémités du plateau ne dépasse pas 5 °C après stabilisation, grâce à la régulation PID intégrée et à la circulation d’air verticale. Cette stabilité est cruciale pour les thermoplastiques semi-cristallins qui nécessitent un refroidissement lent et contrôlé.

La buse peut monter jusqu’à 450 °C, ce qui permet d’utiliser une large gamme de filaments :

  • PEEK (polyétheréthercétone) – version standard et renforcé carbone
  • PEKK (polyéthercétonecétone)
  • Ultem (polyétherimide) – AM9085 et 1010
  • PPSU (polyphénylsulfone)
  • PAEK (polyaryléthercétone)
  • PPS (polyphénylène sulfure)
  • Polycarbonate haute température

Le système d’extrusion est compatible avec les filaments de 1,75 mm ; l’alimentation se fait par l’arrière via un passage dédié, ce qui permet d’utiliser des bobines de grande capacité sans modifier l’équilibre de la machine.

Logiciel et gestion d’impression

L’EN 133 fonctionne avec le logiciel Intamsuite, un slicer dérivé de Simplify3D qui intègre des profils spécifiques pour chaque matériau certifié par le constructeur. Le paramétrage du chauffage de la chambre et du plateau est intégré dans les profils, ce qui simplifie la mise en route. Des options avancées comme le séchage préchauffage de la chambre avant impression ou le maintien de la température en fin d’impression sont accessibles dans le menu machine.

Le contrôle de l’imprimante se fait via un écran tactile couleur de 7 pouces ; l’interface propose une vue en temps réel des températures et de la progression. Un boîtier d’alimentation séparé (intégré au châssis) assure une conversion de tension stable. La connectivité réseau (Ethernet, USB) permet l’envoi de fichiers en réseau local, mais il n’y a pas de module Wi‑Fi intégré – une carte de conversion est disponible en option.

pièce imprimée en PEEK montrant des couches régulières sur un support de fixation

Avantages et limites

Avantages :

  • Chambre chauffée homogène jusqu’à 160 °C, idéale pour les matériaux semi-cristallins
  • Construction robuste garantissant une répétabilité élevée
  • Large compatibilité matériaux avec profils prêts à l’emploi
  • Volume d’impression suffisant pour des pièces fonctionnelles de taille moyenne
  • Support technique réactif et communauté active sur la gamme Funmat

Limites :

  • Absence de double extrusion en standard ; option possible mais limitée à deux matériaux compatibles
  • Pas de système de filtration HEPA/charcoal intégré – nécessaire pour certains polymères qui dégagent des fumées
  • Consommation électrique élevée en chauffage continu (environ 2 kW en régime stabilisé)
  • Prix d’achat élevé, positionné dans le segment semi-professionnel

À qui s’adresse l’Intamsys EN 133 ?

Cette machine se destine avant tout aux utilisateurs qui ont déjà une expérience de l’impression thermoplastique et qui cherchent à industrialiser leurs processus avec des matériaux hautes performances. Son volume de construction et sa stabilité thermique en font un outil pertinent pour les laboratoires de R&D, les services de prototypage rapide et les petites séries de pièces finales en PEEK ou Ultem. En revanche, les débutants qui souhaitent imprimer uniquement du PLA ou de l’ABS seront mieux servis par une machine plus simple et moins coûteuse.

L’EN 133 s’inscrit dans la continuité de l’Intamsys EN 123, dont nous avons détaillé les capacités dans un précédent test. Les deux modèles partagent la même philosophie mécanique, mais l’EN 133 offre un volume augmenté et une gestion thermique améliorée. Pour les laboratoires qui souhaitent standardiser leurs processus sur des thermoplastiques de pointe, l’Intamsys EN 133 représente une base fiable à condition d’investir aussi dans une infrastructure de séchage et de post-traitement adaptée.

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robert_walker0460

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