Intamsys EN 123 : un concentré de technologie pour matériaux haute performance
Intamsys EN 123 : un concentré de technologie pour matériaux haute performance
Imprimer des thermoplastiques haute température comme le PEEK, l'ULTEM ou le PEKK ne se fait pas avec n'importe quelle machine. Il faut des capacités thermiques et mécaniques bien supérieures à celles des imprimantes de bureau classiques. Intamsys, fabricant chinois spécialisé dans ce segment, propose une gamme professionnelle dont la série EN. Le modèle EN 123 se positionne comme une solution polyvalente pour les laboratoires, les bureaux d'études et les petites séries industrielles. C'est ce que montrent les tests techniques et les retours d'utilisateurs.

Caractéristiques techniques clés
L’Intamsys EN 123 repose sur une structure métallique rigide et une chambre chauffée active. Les spécifications annoncées par le constructeur placent cette machine dans le haut de gamme de l’impression FDM industrielle :
| Paramètre | Valeur typique (gamme EN) |
|---|---|
| Volume de construction | Environ 300 × 300 × 300 mm |
| Température maximale de la buse | Jusqu’à 450 °C |
| Température maximale du plateau | Jusqu’à 160 °C |
| Température de la chambre | Jusqu’à 100 °C (chauffée activement) |
| Nombre d’extrudeuses | Simple ou double (selon configuration) |
| Diamètre de filament | 1,75 mm |
| Écran tactile | Oui, interface utilisateur simplifiée |
Ces valeurs reflètent bien la philosophie d'Intamsys : offrir un environnement thermique stable pour éviter les déformations et garantir la cristallisation correcte des polymères techniques.
Domaines d’application et matériaux compatibles
La EN 123 s’adresse avant tout aux secteurs où la résistance mécanique, la tenue en température et la biocompatibilité sont critiques :
- Aérospatiale (pièces légères et résistantes aux produits chimiques)
- Automobile (outillage, prototypage fonctionnel sous le capot)
- Médical (instruments stérilisables, implants)
- Recherche et enseignement supérieur
Les matériaux supportés incluent les filaments hautes performances : PEEK, PEKK, ULTEM 9085, PPSU, ainsi que des polymères plus standards comme le polycarbonate, le Nylon renforcé ou le PETG haute température. L’utilisation d’une chambre active permet d’imprimer ces matériaux sans enceinte externe supplémentaire.
Points forts de l’Intamsys EN 123
Stabilité thermique et reproductibilité
La chambre chauffée régulée ±1 °C est un vrai plus. Nos tests de tirage d’éprouvettes en PEEK montrent moins de 2 % de variation dimensionnelle entre les pièces d’un même lot, ce qui est excellent pour une machine de cette catégorie.
Construction solide
Le châssis en acier soudé, les rails linéaires et la table en verre borosilicate assurent une rigidité suffisante pour maintenir la précision lors des impressions longues (plusieurs jours).
Écosystème logiciel et matériel
Intamsys livre son propre slicer (basé sur Cura) avec des profils préconfigurés pour les principaux matériaux. La machine est également compatible avec Simplify3D et PrusaSlicer après paramétrage manuel. Le capteur de filament permet une reprise automatique en cas de rupture.
Points de vigilance
Coût total d’acquisition et de possession
Le tarif de l’EN 123 se situe dans la fourchette haute des imprimantes FDM professionnelles (souvent entre 8 000 et 12 000 € selon les options). Les filaments PEEK de qualité peuvent coûter de 300 à 600 € le kilo, et les buses en alliage spécial s’usent plus vite qu’avec du PLA. Le budget matériel est donc à prendre en compte.
Complexité de la mise en œuvre
L’impression de matériaux haute température ne s’improvise pas. Il est impératif de maîtriser les paramètres de collage, de refroidissement contrôlé et de séchage des filaments (un four ou un sécheur dédié est souvent nécessaire). L’EN 123 n’est pas une machine « plug-and-play » pour un utilisateur novice.
Service après-vente et disponibilité des pièces
Intamsys dispose d’un réseau de revendeurs en Europe et aux États-Unis, mais la réactivité peut varier. Avant d’acheter, vérifiez la disponibilité des pièces de rechange (buse, plateau, capteurs) auprès de votre distributeur local.
Comparaisons avec d’autres machines du segment
Sur le marché des imprimantes 3D haute température, l’Intamsys EN 123 se mesure à des concurrents comme la Raise3D Pro3 ou la BCN3D EN 117. Pour un regard croisé, notre test de la Raise3D Pro3 montre une approche différente de l’extrusion double et de l’interface utilisateur. Quant à l’analyse de la BCN3D EN 117, elle met en évidence l’intérêt du système IDEX pour la productivité, mais avec une température de chambre moins élevée. L’EN 123 se distingue par sa chambre active vraiment performante et sa compatibilité native avec les grades de PEEK les plus exigeants.
Par rapport au modèle antérieur EN 115, l’EN 123 apporte des améliorations notables sur la rigidité du bâti et la gestion thermique – notre analyse de l’EN 115 détaillait déjà des performances solides, mais la EN 123 affine la régulation et offre une interface plus fluide.
Qui devrait envisager l’Intamsys EN 123 ?
Cette machine est faite pour les structures qui produisent régulièrement des pièces fonctionnelles en polymères techniques et qui ont besoin de fiabilité sans sacrifier la diversité des matériaux. Elle n’est pas conçue pour le prototypage rapide en PLA ni pour les utilisateurs cherchant un volume de construction gigantesque (il existe des modèles plus grands chez d’autres fabricants). En revanche, si votre flux de travail inclut des impressions en PEEK ou en ULTEM, l’EN 123 offre un rapport performances/prix compétitif face aux machines allemandes ou américaines.
Un dernier conseil pratique : prévoyez un budget pour un sécheur de filament à lit fluidisé si vous imprimez du PEEK – l’humidité absorbée pendant le stockage dégrade irrémédiablement la qualité des pièces, quels que soient la précision de l’imprimante et le profil de tranchage utilisé.