Test de la résine Formlabs EN 122 : caractéristiques et applications
La résine Formlabs EN 122 se situe entre les résines standard et les résines d’ingénierie. Destinée aux prototypes fonctionnels soumis à des contraintes mécaniques modérées, elle offre rigidité et résistance aux chocs, sans nécessiter de chambre chauffée. Elle s’imprime sur les machines SLA de Formlabs des séries Form 3, 3B, 3L ainsi que sur la Form 4.
Caractéristiques techniques et propriétés mécaniques

L’EN 122 est formulée à base de méthacrylates photopolymérisables. Sa viscosité est plus faible que celle des résines souples, ce qui facilite l’écoulement dans le réservoir et réduit les artefacts de tirage. Les paramètres d’impression recommandés (épaisseur de couche de 50 à 100 µm, exposition de 2 à 3 secondes par couche) sont proches de ceux de la résine Standard V2, mais la marge de température est plus large (20–35 °C).
| Propriété | Valeur | Méthode |
|---|---|---|
| Module de traction | 2 200–2 600 MPa | ISO 527 |
| Résistance à la traction | 50–65 MPa | ISO 527 |
| Allongement à la rupture | 8–12 % | ISO 527 |
| Résistance au choc Charpy (entaillé) | 15–25 kJ/m² | ISO 179 |
| Température de déviation thermique (HDT à 0,45 MPa) | 75–85 °C | ISO 75 |
| Dureté Shore D | 82–86 | ISO 868 |
Ces valeurs la placent dans une catégorie proche des résines « Tough » ou « Durable » d’autres fabricants, mais avec un équilibre légèrement plus rigide. Pour les applications nécessitant de la flexibilité, l’allongement dépasse rarement 15 % avec l’EN 122 ; mieux vaut alors choisir une résine flexible dédiée.
Impression 3D avec l’EN 122 : paramètres et compatibilité
La résine est optimisée pour les imprimantes Formlabs équipées du revêtement LPU (Low Peel Force) ou du module d’exposition amélioré des séries récentes. Sur la Form 3B, la qualité d’impression reste homogène jusqu’à un rapport hauteur/largeur de 5:1 sans supports supplémentaires. En mode couche fine (50 µm), les stries d’impression sont à peine visibles, ce qui réduit le travail de finition.
Le lavage à l’isopropanol (99 %) ou au TPM (tripropylène glycol monométhyl éther) est recommandé pendant 5 à 10 minutes. Le post‑durcissement à 405 nm, 60 °C pendant 30 minutes, améliore la résistance finale de 15 à 20 %. Attention : si vous utilisez une laveuse/sécheuse non compatible avec l’isopropanol, préférez le TPM pour éviter la fissuration des pièces fines.
Post-traitement et finition

L’EN 122 se ponce et se peint sans difficulté. Les apprêts à base de solvants agressifs (acétone, éthylacétate) peuvent provoquer un microcraquelage ; un apprêt à l’eau ou un polyuréthane bi‑composant convient mieux. Pour un aspect lisse, un ponçage progressif du grain 400 au grain 1200 suivi d’un polissage au chiffon microfibre donne un résultat satisfaisant. Les inserts métalliques peuvent être intégrés directement après impression, à condition de prévoir un jeu de 0,1 à 0,2 mm.
Avantages et limites
- Points forts :
Excellente rigidité pour un usage fonctionnel (carters, boîtiers, gabarits) ;
Bonne tenue aux chocs par rapport aux résines standard ;
Large fenêtre de température d’impression (20–35 °C) ;
Compatible avec l’ensemble des imprimantes SLA Formlabs récentes. - Points faibles :
Allongement modéré (pas de flexion importante) ;
Sensibilité aux UV sur le long terme (jaunissement après plusieurs semaines en extérieur) ;
Coût au litre légèrement supérieur à celui de la résine Standard (environ 15–20 % de plus).
Applications recommandées
L’EN 122 convient aux pièces mécaniques non bridées, aux montages de test, aux prototypes de pré‑série et aux éléments de fixation soumis à des efforts modérés. Dans le domaine industriel, on l’utilise pour réaliser des gabarits de perçage, des doigts de préhension légers et des boîtiers électroniques. Pour les applications dentaires ou médicales, privilégiez les résines certifiées biocompatibles comme la gamme Dental SG ou Med.
Avant de choisir l’EN 122, vérifiez la compatibilité de votre laveuse et de votre station de post‑traitement avec le solvant recommandé : certains systèmes automatiques intègrent un cycle d’isopropanol chaud qui peut altérer la surface si la pièce n’est pas suffisamment durcie.