Imprimante 3D EN 115 : analyse technique, performances et points de vigilance
Le modèle EN 115 promet un bon rapport qualité-prix pour les débutants. Son châssis en aluminium extrudé et sa structure ouverte sont typiques des machines de cette gamme. Mais la qualité réelle dépend de paramètres techniques souvent négligés par les fiches commerciales.
Le numéro de modèle « 115 » fait généralement référence à la surface d’impression maximale en millimètres sur un axe – une convention courante chez certains fabricants asiatiques. Cela ne garantit ni la précision ni la fiabilité de la machine.
Caractéristiques techniques à examiner
Le cœur d’une imprimante comme la EN 115 repose sur trois éléments : le système d’extrusion, la structure mécanique et l’électronique de contrôle.
Volume d’impression et résolution
Le volume annoncé se situe généralement autour de 115 × 115 × 115 mm pour les modèles d’entrée de gamme. Cette taille convient aux petits prototypes et aux pièces fonctionnelles modestes.
La résolution de couche, souvent affichée entre 50 et 200 microns, dépend en réalité de la qualité du moteur pas à pas et de la rigidité de la structure. Un cadre mal assemblé annule les avantages d’une tête d’impression fine.
Compatibilité des filaments
La plupart des EN 115 acceptent le PLA et le PETG sans modification. L’impression de matériaux techniques comme le polycarbonate ou le nylon nécessite un lit chauffant à haute température et une hotend entièrement métallique – options rarement présentes sur les versions de base. Vérifiez la température maximale de la buse et du plateau avant d’envisager des filaments exigeants.

Points de vigilance
L’analyse technique de la EN 115 révèle plusieurs limitations communes aux machines économiques.
- Rigidité du châssis – Les profilés en aluminium de section 20×20 mm peuvent fléchir lors des déplacements rapides, ce qui introduit des artefacts sur les parois verticales. Un renfort transversal est souvent nécessaire.
- Calibration du lit – L’absence de nivellement automatique sur les premiers lots oblige l’utilisateur à régler manuellement les quatre vis du plateau. Une procédure minutieuse est indispensable pour éviter les défauts de première couche.
- Alimentation et carte mère – Les contrôleurs bas de gamme peuvent générer des micro-coupures de chauffe, responsables de décollements intempestifs. Privilégiez les versions équipées d’une carte 32 bits avec driver silencieux.
Le post-traitement améliore la qualité des pièces imprimées, comme nous le détaillons dans notre guide sur les techniques de post-traitement en impression 3D. Ponçage, lissage à l’acétone ou application de résine permettent de rattraper les imperfections liées à la précision limitée de la machine.
Comparaison avec des modèles plus aboutis
Face à une machine comme la Raise3D Pro3, la EN 115 se distingue par son prix trois à quatre fois inférieur, mais aussi par une fiabilité mécanique moindre et un écosystème logiciel plus restreint. Le choix dépend du volume de production attendu et de la tolérance aux défauts.

En pratique, la EN 115 convient pour l’apprentissage des bases de l’impression 3D et la réalisation de pièces non fonctionnelles. Pour des applications mécaniques ou des séries courtes, il est préférable d’investir dans un modèle à châssis fermé et à double moteur Z.
Avant d’acheter, vérifiez si le fabricant fournit des mises à jour du firmware et une assistance technique réactive. Un modèle sans suivi logiciel vieillit rapidement et devient difficile à dépanner.