Test de la résine BASF EN 113 : caractéristiques, compatibilité et performances
La résine photopolymère BASF EN 113 est conçue pour les applications techniques en stéréolithographie (SLA) et en traitement numérique de la lumière (DLP). Elle vise un équilibre entre rigidité et allongement, avec des tolérances serrées et une stabilité dimensionnelle. Avant de l’intégrer dans un flux de production, il faut examiner ses caractéristiques mécaniques, sa compatibilité avec les équipements et les implications sur les coûts opérationnels.
Cette résine fait partie du portefeuille de matériaux techniques de BASF, qui comprend aussi des filaments comme l’Ultrafuse PLA Pro. Sa faible viscosité facilite le drainage pendant l’impression et limite les défauts de surface. Les propriétés mécaniques annoncées la classent dans la catégorie « rigide technique » : module de flexion élevé, bonne résistance à la traction et faible retrait lors de la polymérisation. Elle convient aux gabarits, montages d’assemblage ou prototypes fonctionnels soumis à des contraintes modérées.

Compatibilité avec les imprimantes professionnelles
La résine EN 113 a été testée sur une large gamme de machines SLA et DLP, des modèles de bureau aux systèmes de production. Elle est compatible avec les plateformes équipées d’écrans LCD 4K et de lasers à 405 nm. Sa tolérance aux variations de température (20 à 35 °C) permet de l’utiliser sans chambre chauffée dans la plupart des cas, ce qui simplifie l’intégration dans des ateliers existants.
Nous l’avons évaluée sur le Formlabs 54 (Form 4) : les temps d’exposition recommandés sont légèrement inférieurs à ceux de résines standards, ce qui peut améliorer la productivité sans sacrifier la qualité de surface. Il est préférable de réaliser des tests de calibration préalables, car la sensibilité à la puissance UV varie selon le constructeur de l’imprimante.
Performances mécaniques et thermiques
Les fiches techniques indiquent une température de transition vitreuse (Tg) entre 80 et 90 °C selon le cycle de post-polymérisation. Ce niveau permet une utilisation dans des environnements chauds, comme le coiffage de pièces exposées à des sources lumineuses ou à des frottements. La résistance à la traction dépasse généralement 50 MPa, avec un module d’Young de l’ordre de 2 500 MPa, ce qui la place au niveau des ABS standards en injection.
En résistance aux chocs, le matériau est moins performant que certaines résines flexibles ou polyamides chargés. Pour des pièces soumises à des contraintes dynamiques répétées, un design avec des congés et une épaisseur de paroi adaptée peut compenser cette fragilité.
- Résistance en traction : > 50 MPa (ASTM D638)
- Module de flexion : ~2 500 MPa
- Température de transition vitreuse : 80–90 °C
- Allongement à la rupture : 3–6 %
- Retrait à la polymérisation : < 1 %
Post-traitement et finition de surface
Comme la plupart des résines photopolymères, l’EN 113 nécessite un lavage à l’isopropanol (IPA) et une post-polymérisation UV pour atteindre ses propriétés maximales. Le lavage doit être effectué rapidement après l’impression pour éviter le ramollissement des zones fines. Un cycle de 10 à 20 minutes à 405 nm est généralement suffisant.
La résine accepte bien le ponçage, le polissage, la peinture et le collage. Sa faible odeur pendant l’impression et le post-traitement est un atout pour les ateliers sans ventilation industrielle. Pour les aspects techniques du post-traitement, voir notre guide : Post-traitement en impression 3D : techniques, équipements et coûts.
Considérations économiques et logistiques
Le prix au litre de la BASF EN 113 se situe dans la moyenne haute des résines techniques. Avec une densité d’environ 1,2 g/cm³, le coût par pièce doit être calculé en fonction du volume d’impression réel. Les rechargements directs et la gestion des déchets (boues de lavage, résine périmée) sont à intégrer dans le budget opérationnel.
La durée de conservation indiquée est de 18 mois à température ambiante, à l’abri de la lumière directe. Une fois ouvert, il est recommandé d’utiliser la résine dans les six mois pour éviter des variations de viscosité.
Application typique : un cas concret
Prenons un bureau d’études qui doit produire des connecteurs électriques sur mesure en petites séries. Avec la résine EN 113, il obtient des pièces à finition lisse nécessitant peu de retouche, une tolérance dimensionnelle de ±0,1 mm sur 100 mm, et une résistance suffisante pour les tests de montage. Le gain de temps par rapport à l’usinage traditionnel est significatif, surtout pour des géométries complexes. Cet exemple illustre l’importance de choisir son matériau en fonction des exigences de l’application.
Intégrer la résine EN 113 dans un flux professionnel demande une calibration rigoureuse, notamment pour ajuster la rigidité finale via le cycle de post-polymérisation UV sans compromettre la précision dimensionnelle.