Résine EN 104 Dentaal Medisch : test et avis pour l’impression 3D dentaire
La résine EN 104 Dentaal Medisch est une résine photopolymère conçue pour l'impression 3D dentaire et médicale. Sa formulation vise une précision dimensionnelle élevée, une biocompatibilité certifiée pour un contact cutané court et une résistance mécanique suffisante pour les modèles de travail et les guides chirurgicaux. Sa faible viscosité facilite le remplissage du réservoir et limite la formation de bulles pendant l'impression.
Caractéristiques techniques de la résine EN 104
Selon le fabricant, la viscosité est d'environ 600–800 mPa·s à 25 °C, la densité de 1,10–1,15 g/cm³. La couleur grise ou beige opaque permet de vérifier visuellement les détails. Sa fenêtre de polymérisation se situe dans le proche UV (385–405 nm), ce qui la rend compatible avec la majorité des imprimantes LCD, DLP et SLA du marché.
Précision et retrait
- Précision couche : 25 à 50 microns selon l'imprimante et les réglages.
- Retrait linéaire : inférieur à 1,5 % après post-polymérisation – bon maintien des tolérances.
- Dureté Shore D : environ 85 après post-cure, offrant un bon compromis entre rigidité et fragilité limitée.
Ces valeurs placent l'EN 104 dans la catégorie des résines dentaires d'entrée de gamme professionnelle, proches de la résine BASF EN 113 testée précédemment, mais avec un coût par litre légèrement inférieur.
Compatibilité et réglages recommandés
L'EN 104 fonctionne sans modification majeure sur des imprimantes comme les séries Elegoo Mars, Anycubic Photon, Phrozen Sonic ou les modèles professionnels tels que le bundle dentaire EN 107. Voici les paramètres typiques pour des résultats optimaux :
| Paramètre | Valeur conseillée | Remarque |
|---|---|---|
| Épaisseur de couche | 50 µm | Réduire à 25 µm pour des détails très fins |
| Temps d'exposition par couche | 2,5–3,5 secondes | Variable selon la puissance UV (≥ 3 mW/cm²) |
| Temps d'exposition des premières couches | 30–45 secondes | Pour une adhérence solide au plateau |
| Température ambiante | 22–28 °C | En dessous de 20 °C, la viscosité augmente et la précision baisse |
La post-polymérisation est cruciale : un bain d'isopropanol de 5 minutes suivi d'une cure UV à 405 nm pendant 15 minutes (à 60 °C si l'appareil le permet) permet d'atteindre les propriétés mécaniques finales.
Avantages et limites de l'EN 104
Points forts :
- Faible odeur par rapport aux résines acryliques classiques – meilleur confort en laboratoire.
- Bonne stabilité dimensionnelle dans le temps (moins de 0,2 % de variation après 30 jours).
- Finitions lisses nécessitant peu de ponçage mécanique.
Inconvénients :
- Sensibilité à l'humidité : les pièces imprimées doivent être stockées dans un dessiccateur après polymérisation.
- Coût environ 30 % plus élevé qu'une résine standard de loisir, mais justifié par la certification biocompatibilité.
- Nécessité d'un post-traitement rigoureux : tout résidu de résine non polymérisé peut irriter la peau.
Dans l'ensemble, l'EN 104 offre un bon rapport qualité-prix pour les modèles dentaires et les dispositifs médicaux temporaires. Sa polyvalence en fait une option intéressante pour les cabinets et laboratoires qui débutent en impression 3D dentaire.

Applications concrètes et retours de terrain
Les utilisateurs rapportent que l'EN 104 convient parfaitement pour les modèles d'orthodontie (aligneurs transparents, study models) et les prothèses provisoires à courte durée (moins de 30 jours). Pour les guides chirurgicaux, elle offre une rigidité suffisante à condition que l'épaisseur des parois soit d'au moins 1 mm. En revanche, pour des restaurations permanentes, il est préférable d'opter pour des résines céramiques ou hybrides plus coûteuses.
Un point souvent souligné dans les tests : la résine EN 104 tolère bien les surépaisseurs de couche de 100 µm si la productivité prime sur la finesse, ce qui permet de réduire les temps d'impression de 30 % pour des modèles de travail non visibles.

Pour un usage quotidien dans un cabinet, il est conseillé de calibrer la puissance UV de son imprimante en fonction de la résine EN 104. Une sous-exposition entraîne une fragilité mécanique et une surface collante, tandis qu'une surexposition provoque un jaunissement et une perte de précision. Un test de calibration en forme de « sieste de validation » permet de trouver le temps d'exposition idéal en moins d'une heure.