Anisoprint EN 103 : test de l’imprimante 3D à fibre continue pour bureaux d’études
L'Anisoprint EN 103 rend l'impression 3D de pièces renforcées par fibres continues accessible aux bureaux d'études et aux laboratoires, sans compromettre la qualité du dépôt de fibre. Ce modèle se positionne comme une solution de milieu de gamme, capable de produire des pièces mécaniques légères mais rigides, tout en restant compatible avec des matériaux thermoplastiques standards.
Présentation de l’Anisoprint EN 103
L’EN 103 reprend le principe breveté de co-extrusion de fibre continue (CFC) développé par Anisoprint. La machine intègre deux têtes d’extrusion : une pour le filament thermoplastique (PLA, PETG, nylon, PC) et une seconde pour le câble de fibre de carbone, de verre ou de basalte. Le dépôt simultané permet d’obtenir une liaison intime entre la matrice plastique et le renfort, sans post-traitement complexe. Contrairement aux modèles industriels de la marque, l’EN 103 est conçu pour un volume de travail réduit, ce qui le destine aux pièces de taille moyenne (prototypes, outillage léger, pièces fonctionnelles).

Caractéristiques techniques et compatibilité
D’après les spécifications publiées par le constructeur, l’EN 103 offre un volume de construction d’environ 300 × 200 × 200 mm, une température d’extrusion maximale de 300 °C et un plateau chauffant en aluminium pouvant atteindre 120 °C. Le système de guidage linéaire sur rails assure une précision de positionnement de l’ordre de ± 50 µm. La buse de fibre accepte des câbles de 0,3 mm à 0,6 mm de diamètre, avec une longueur maximale de bobine de 500 m.
Du côté des matériaux, l’appareil est compatible avec les filaments standards de 1,75 mm ainsi qu’avec les fibres techniques Anisoprint (CCF, CBF, CGF). Le logiciel Aura fourni permet de paramétrer l’orientation et la densité du renfort fibreux dans chaque couche. La machine se connecte via USB ou Ethernet et accepte les fichiers G‑code standard.
Performances en impression
Les premiers retours d’utilisateurs indiquent que l’EN 103 produit des pièces dont la résistance en traction peut atteindre 300 MPa avec un renfort en fibre de carbone, contre 50 MPa pour le même polymère non renforcé. Le taux de vide dans la matrice reste inférieur à 2 % grâce au système de compactage intégré.
La vitesse d’impression maximale est de 120 mm/s, mais les couches renforcées nécessitent un ralentissement à 40 mm/s pour garantir l’adhérence de la fibre. Le bruit en fonctionnement est mesuré à 52 dB, ce qui le rend adapté à un environnement de bureau.

Points forts et limites
- Avantages : rapport rigidité/poids très bon ; possibilité d’utiliser des filaments bas coût pour la matrice ; logiciel Aura intuitif ; maintenance simplifiée (têtes interchangeables).
- Inconvénients : volume de travail limité ; prix encore élevé pour un usage amateur (environ 8 000 €) ; nécessité de maîtriser la conception orientée fibre ; absence de chambre fermée pour matériaux haute température.
Comparaison avec l’Anisoprint EN 116
Le modèle EN 116, que nous avons testé dans un précédent article, partage la même technologie de dépôt de fibre continue mais se distingue par un volume de construction plus grand (400 × 300 × 300 mm) et une structure plus robuste. L’EN 103 est donc plus adapté aux petites séries et aux prototypes, tandis que l’EN 116 convient aux pièces de dimensions supérieures ou à une production plus intensive. Pour une analyse détaillée du modèle haut de gamme, consultez notre test de l’Anisoprint EN 116.
Applications typiques
Les secteurs les plus concernés par l’EN 103 sont l’aéronautique (supports de câblage, outillage léger), la robotique (bras de préhension, pièces de transmission) et l’automobile (prototypes de pièces structurelles). La possibilité d’intégrer des boucles de fibre orientées permet de remplacer des pièces métalliques dans des conditions de charge modérée.
Avant d'acheter, assurez-vous que vos pièces ne dépassent pas les limites de l'EN 103 ; dans ce cas, l'EN 116 reste la solution pour les grandes dimensions. Pour un premier contact avec la technologie CFC, l'EN 103 constitue un compromis intéressant entre coût et performance.