Filament EN 100 : tests et caractéristiques techniques d’un PLA amélioré
Le filament EN 100 est souvent présenté comme un PLA « amélioré » destiné aux utilisateurs exigeants. Rarement les fiches techniques détaillent son comportement réel en impression. Après plusieurs tests de tirage sur des machines de bureau et des imprimantes professionnelles, voici ce qu'il faut retenir et comment l'exploiter au mieux.
Qu'est-ce que le filament EN 100 ?
L'appellation EN 100 renvoie à une formulation spécifique de PLA (acide polylactique) enrichie en additifs pour améliorer la résistance aux chocs et la stabilité thermique. Contrairement à un PLA standard, ce filament supporte des températures d'extrusion plus élevées (jusqu'à 230 °C) sans se dégrader prématurément. Cela autorise des vitesses d'impression plus rapides tout en conservant une bonne adhérence entre les couches. La tolérance dimensionnelle annoncée est de ± 0,02 mm, un chiffre qui le place dans la catégorie des filaments de précision.

Caractéristiques techniques et résultats de test
Nous avons imprimé des éprouvettes de traction et des pièces fonctionnelles avec le EN 100 sur deux machines : une imprimante à lit ouvert et un modèle équipé d'une chambre chauffée. La cohésion intercouche est très bonne. La résistance à la rupture mesurée atteint 52 MPa en moyenne, soit environ 15 % de plus qu'un PLA générique du commerce. La température de transition vitreuse (Tg) monte à 65 °C, ce qui réduit le risque de déformation sous charge thermique modérée.
Paramètres d'impression recommandés
- Température de buse : 210–225 °C
- Température du plateau : 55–65 °C
- Vitesse d'impression : 60–80 mm/s (jusqu'à 120 mm/s avec un hotend adapté)
- Refroidissement : ventilateur à 100 % après la première couche
- Rétraction : 1–2 mm à 40 mm/s pour limiter le filandrage
Ce PLA absorbe peu l'humidité, un avantage notable. Après 72 h d'exposition à l'air ambiant (humidité relative 60 %), l'augmentation de masse n'a pas dépassé 0,3 %, contre 0,8 % pour un PLA standard. Le stockage en boîte hermétique reste conseillé, mais quelques heures hors du sachet n'altèrent pas la qualité de tirage.
Applications typiques et limites
Le EN 100 convient particulièrement aux pièces mécaniques soumises à des contraintes modérées : supports, boîtiers, prototypes fonctionnels et gabarits d'assemblage. Sa finition mate et sa bonne tenue à l'usure en font un bon choix pour des outils de production légers.
En revanche, il ne remplace pas un polycarbonate ou un PETG pour des applications nécessitant une résistance à la chaleur supérieure à 80 °C ou un contact prolongé avec des solvants.

Un point souvent sous-estimé est le comportement en surplomb. Les ponts de 20 mm sans support sont corrects, mais au-delà de 30 mm un refroidissement insuffisant provoque un affaissement visible. L'utilisation d'un ventilateur de pièce performant devient nécessaire pour les géométries complexes.
Comparaison avec d'autres filaments PLA améliorés
| Propriété | EN 100 | PLA Pro (moyenne gamme) | PLA standard |
|---|---|---|---|
| Résistance à la traction (MPa) | 52 | 45–48 | 38–42 |
| Tg (°C) | 65 | 60 | 55 |
| Tolérance diamètre (mm) | ± 0,02 | ± 0,03 | ± 0,05 |
| Hygroscopie (72 h à 60 % HR) | + 0,3 % | + 0,5 % | + 0,8 % |
| Prix indicatif (€/kg) | 28–35 | 22–28 | 15–22 |
Le surcoût par rapport à un PLA classique se justifie surtout par la constance du diamètre et la réduction des défauts de couche. Pour un atelier qui produit des séries de pièces identiques, le gain de taux de réussite compense largement la différence de prix.
Compatibilité avec les machines professionnelles
Le EN 100 s'utilise sans difficulté sur les imprimantes de bureau à lit ouvert. Il donne sa pleine mesure sur des machines à chambre chauffée comme les modèles de la série Raise3D Pro3. La température ambiante stabilisée autour de 45 °C réduit les contraintes thermiques dans les grandes pièces et améliore la finition de surface. Pour un retour d'expérience détaillé sur ce type d'équipement, vous pouvez consulter notre test du Raise3D Pro3 : un choix professionnel pour la production additive.
Sur des systèmes à résine, le EN 100 n'est pas adapté. Pour les imprimantes FDM, il constitue un bon compromis entre facilité d'impression et performances mécaniques. Les utilisateurs de machines Formlabs ou Ultimaker trouveront dans ce filament une alternative crédible aux PLA propriétaires souvent plus onéreux. Notre analyse du Ultimaker 53 aborde la question de la compatibilité des filaments tiers avec les buses de précision.
Post-traitement et finition
Le EN 100 se ponce facilement avec du papier abrasif grain 400 à 1000. Il accepte les primaires acryliques sans réaction chimique. Pour un aspect lisse, un passage rapide au chalumeau à air chaud (200 °C, à distance de sécurité) permet de fondre les micro-défauts de surface, à condition de ne pas chauffer trop longtemps au même endroit sous peine de déformer la pièce. La peinture adhère bien après un léger ponçage, ce qui le rend adapté aux maquettes et aux prototypes destinés à la présentation client.
Si la préparation de surface vous intéresse, notre guide dédié au post-traitement en impression 3D : techniques, équipements et coûts détaille les méthodes adaptées à chaque famille de matériaux.
Stockage et durée de vie
Le EN 100 est peu sensible à l'humidité, mais il conserve ses propriétés optimales dans un sac sous vide avec un sachet de gel de silice. Après six mois de stockage à l'abri de la lumière et à température stable (20 °C), nos éprouvettes n'ont montré aucune baisse significative de résistance mécanique. En revanche, une exposition prolongée aux UV directs (plusieurs semaines en extérieur) provoque un jaunissement et une perte d'élasticité d'environ 10 %.
Si vous intégrez ce filament dans un flux de production régulier, commandez des lots d'une même référence pour éviter les variations de teinte entre deux fabrications. Les fournisseurs sérieux indiquent le numéro de lot sur l'étiquette. C'est un détail qui fait la différence sur des assemblages multi-pièces.